Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah
Muhammad Hussein Fadlallah, a reçu Michael William’s, l’envoyé spécial
du premier ministre britannique, Gordon Brown, accompagné de
l’ambassadrice d’Angleterre au Liban, Francis Gay, avec lesquels son
Eminence a passé en revue l’ensemble de la situation au Liban et dans la
région.
William’s a affirmé que l’Angleterre est sérieuse
dans son action visant à trouver des solutions aux crises de la région,
signalant la nécessité, pour ce qui est du processus de dialogue entre
les Libanais, d’aboutir au havre de paix, et d’arriver au consensus sur
la voie de l’élection d’un président de la république.
De son côté, son Eminence, as-Sayyid Fadlallah, a
affirmé la nécessité, pour l’Angleterre, d’avancer une nouvelle vision
en vue de sortir de la sphère des crises qui frappent la région suite à
l’exacerbation de la situation provoquée par les ingérences américaine
et le soutien, par l’ex-premier ministre britannique, Tony Blair, à la
politique que l’administration du président Bush a adoptée en Iraq et en
Palestine, ainsi que pendant la guerre israélienne contre le Liban.
Son Eminence a insisté sur l’importance de
l’apparition d’un rôle britannique indépendant et a exprimé le désir de
retrouver une Angleterre européenne et non pas une Angleterre américaine
confinée à rester sur la marge de la politique des Etats-Unis dans la
région. Il a signalé également la responsabilité morale de l’Angleterre
après les rôles qu’elle a joué, par le passé, à l’égard de la Palestine,
de l’Iraq et de toute la région.
En réponse aux interrogation posées par l’envoyé
britannique sur la situation au Liban, son Eminence a affirmé qu’une
grande partie de Libanais pensent que le blocage de la crise et le fait
d’empêcher les différentes parties d’aboutir à une solution sont le
résultat de pressions américaines. A cette occasion, il a attiré
l’attention sur les déclarations franches dans lesquelles la secrétaire
d’Etat américaine a reconnu l’existence d’une alliance de la part des
Etats-Unis avec une partie libanaise contre une autre partie. Cela
constitue, a-t-il affirmé, une ingérence dans les détails de la vie
politique au Liban et une tentative visant à empêcher les Libanais de
forger leur entente intérieure à partir de leurs propres choix et
convictions.
Son Eminence a assuré que les Etats-Unis sont à
l’origine du problème libanais, et ce à partir de leurs tentatives
d’utiliser la crise libanaise comme une carte pour mettre la pression
sur la Syrie et l’Iran, signalant que nous nous opposons à toutes les
ingérences d’où qu’elles viennent, car nous ne voulons pas être dirigés
ni par les Etats-Unis ni par la Syrie, l’Iran ou autre. Il a signalé la
nécessité d’une action en vue d’assurer la stabilité au Liban, car cela
pourrait constituer un message positif pour toute la région dans le sens
d’un engagement sur la voie des solutions et d’une mise à l’écart du
spectre des guerres.
L’échange des vues a impliqué aussi la crise du
dossier nucléaire iranien. A ce propos, son Eminence s’est interrogé sur
la raison, pour tous et surtout pour les Etats de l’Union européenne, de
ne pas évoquer la bombe atomique israélienne, affirmant que les armes
israéliennes ont toujours été à l’origine des problèmes de la région car
ces armes sont des armes d’agression contre les Arabes et les Musulmans,
et surtout contre le Liban. Quant aux armes iraniennes, elles sont des
armes qui n’ont jamais été utilisées pour agresser quiconque sauf dans
un cadre défensif pour contrer les agressions des autres.
Les discussions ont porté également sur la
possibilité d’un changement spécifique au niveau de l’action
diplomatique britannique dans la région.