Je vous souhaite la bienvenue en tant que groupe de
jeunes étudiants universitaires américains qui cherchent la vérité et la
connaissance sur le plan scientifique, d’une part, et sur le plan de la
réalité politique, d’autre part. Nous accueillons à bras ouverts tous
ceux qui cherchent la vérité avec impartialité et objectivité. Nous le
faisont avec davantage d’enthousiasme puisque vous représentez les
Etats-Unis d’Amérique, ce pays de diversité sur le plan de ses peuples
et ses cultures, et qui vit la diversité sur un autre plan, à savoir
celui de ses ingérences dans les affaires des autres pays du monde… En
vous accueillant, nous vous appelons à insister en posant vos questions
et vos interrogations, car notre ère est celle des grandes questions qui
exigent des réponses scientifiques et objectives. Nous vous appelons
aussi à prendre en considération les mass médias politisés qui, le plus
souvent, donnent une image déformée ou une fausse impression au sujet de
beaucoup de questions.
Son Eminence a ajouté : Nous croyons au dialogue dans
lequel chaque personne ou chaque partie donne son idée, sa pensée, à
l’autre, loin des arrière-fonds personnels, dans la fidélité à l’esprit
scientifique, car si j’ai le droit de m’opposer à l’autre, et l’autre a
le droit de s’opposer à moi. Nous devons, tous les deux, faire du
dialogue un point de départ pour la recherche de la vérité perdue, afin
de faire du dialogue politique, religieux ou culturel, un vrai mouvement
pour l’établissement de la paix mondiale au niveau de tous les peuples.
Dans le cadre de ses réponses aux questions posées
par les Etudiants, son Eminence a répondu à une question sur le rôle de
la religion dans une société plurielle comme la société libanaise. Il a
affirmé à ce propos que la religion ne représente pas un problème, car
elle représente les valeurs du Ciel qui s’ouvrent à tous les hommes pour
insuffler en eux l’esprit de l’amour et de la tolérance. Le problème se
représente, plutôt et le plus souvent, par des religieux fanatiques qui
cherchent à expulser l’autre, qui se détournent des points communs entre
les écoles et les confessions et se tournent vers les points de
désaccords. Il se représente également par beaucoup de responsables
politiques qui occupent le sommet du club politique libanais et qui
déploient toute leur force pour défendre le régime confessionnaliste.
Le Liban représente une diversité de religions et de
confessions. Ce pays aurait pu être un cas singulier sur le plan de
l’importance au niveau mondial. Mais le problème vient des institutions
religieuses enfermées, d’une part, et du régime confessionnaliste,
d’autre part, ce régime qui a transformé les confessions en cercles
fermés semblables à des Etats ou plutôt à des Etats-désunis. Le pays ne
retrouvera la paix qu’à partir de la citoyenneté qui permet à chacun
d’atteindre son but par l’intermédiaire de ses performances, et non pas
à partir de ce qui est imposé par le particularisme de chaque
confession.
Son Eminence a affirmé que l’administration
américaine parle de la démocratie qu’elle pratique en tant que forme et
poignarde en tant que contenu, et ce en soutenant les régimes
despotiques de la région. Il a également insisté sur le respect que nous
portons au peuple américain ainsi que sur le respect mutuel des intérêts
réciproques entre les Arabes et les Musulmans, d’une part, et les pays
d’Occident, d’autre part, signalant que les peuples de la région ne
haïssent pas le peuple américain, mais qu’ils haïssent la politique de
ses administrations et son administration actuelle tout particulièrement.
En se dressant pour résister à l’occupation, ces peuples ne font que
défendre leurs intérêts et leur existence.
Son Eminence a signalé le rôle qui doit être joué par
les Nations Unies. Il a dit à ce propos : Nous souhaiterions voir
l’Organisation des Nations Unies, puisqu’elle est le gouvernement du
monde, gérer le dialogue entre les peuples et agir en vue de préserver
la paix et la sécurités mondiales. Mais les Etats-Unis ont bloqué le
rôle des Nations Unies et les ont transformées en partie prenante. Ils
les ont soumis à leurs pressions pour les contraindre à suivre la ligne
américaine qui a permis à Israël de ne jamais appliquer les décisions
internationales. C’est pour ces raisons que les Nations Unies ont échoué
en Iraq, où elles n’ont pas pu jouer un rôle décisif en raison des
pressions américaines. On veut maintenant faire des Nations Unies une
partie prenante qui exerce des pressions sur les peuples. Nous pensons
que les Nations Unies souffrent d’un problème structurel en raison du
pouvoir octroyé à ses membres qui jouissent du droit de veto et qui ne
voient que leurs propres intérêts à faire usage de ce droit. A cela
s’ajoute l’interdiction faite à l’Assemblée Générale de jouer son rôle
même si ses décisions ne sont pas contraignantes.
Tout cela est susceptible de confisquer injustement
les droits des peuples. On peut y ajouter le problème issu de la
dépendance et la soumission de l’Organisation Mondiale aux Etats-Unis,
d’une manière ou d’une autre. Et si l’administration américaine a échoué
dans la gestion des principaux dossiers du monde, comment donc
s’arroge-t-elle le droit de dicter sa volonté aux Nations Unies et aux
peuples du monde, surtout au niveau de ce qui se passe de nos jours ?