Actualités > Divers - Archive > Le 10/09/2008 Ap. J. C / 10 Ramadan 1429 H


La femme a le devoir de participer à la prise de décision politique !

Fadlallah à l’occasion de la célébration de la rupture du jeûne du personnel féminin des « Mabarrât » :

La femme a le devoir de se promouvoir, de se spécialiser et de participer à la prise de décision politique !

 

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a prononcé, lors de la célébration de la rupture du jeûne du personnel féminin de l’Association Caritatives « al-Mabarrât », un discours dont voici des extraits :

Dieu, le Très-Haut, nous a donné notre humanité, et nous a demandé de nous ouvrir, à travers cette humanité, vis-à-vis de l’univers tout entier afin de le faire évoluer, développer et rationaliser. C’est parce que la valeur de l’univers consiste dans l’homme. L’univers constitue un ordre équilibré quant à sa terre et son ciel, mais il ne peut pas évoluer tout seul. C’est pour cela que l’homme a créé l’homme afin de le faire évoluer. Afin de poser dans ses prolongements ce qui pourrait lui permettre d’y être créatif.

Dieu a créé l’homme à partir d’une seule âme. Et à partir de cette âme, Il a créé la femme afin d’assurer la complémentarité dans la diversité. Afin que l’homme, avec ses éléments masculins, et la femme, avec ses éléments féminins, puissent inventer un nouvel homme. Afin qu’ils puissent ouvrit le temps vis-à-vis d’une nouvelle raison.

Je voudrais, dans cette rencontre avec les sœurs, parler de la femme :

Parler de la femme en tant que créature faible traverse toute l’histoire jusqu’à notre ère. Certains pourraient penser que cette caractéristique qu’est la faiblesse est collée à la femme par la religion. Mais le Noble Coran signale la faiblesse de tout l’humain en disant : ((L’homme est créé faible)) (Coran IV, 28). L’homme peut constater les éléments de la faiblesse dans son corps. Mais Dieu, le Très-Haut, l’appelle à ne pas se soumettre à sa faiblesse. Il doit tirer de sa faiblesse une puissance même au niveau de son développement physique. L’homme, qu’il soit du sexe mâle ou femelle,  a donc la possibilité de faire évoluer sa puissance physique à partir de moyens capables de mettre ses membres en mouvement.

L’expérience pratique nous apprend que beaucoup d’hommes recherchent la force lorsqu’ils se trouvent dans des situations conflictuelles. Avec leur héroïsme, ils font face à l’héroïsme des autres. Avec leur force, ils font face à la force des autres. Ils développent leurs forces lorsqu’ils s’aperçoivent que l’humain relatif en eux au mouvement corporel a besoin du corps et du rôle qu’il joue sur le terrain de la lutte en situation de guerre et en situation de paix, lorsqu’il s’agit de se défendre tout comme lorsqu’il s’agit d’entrer en confrontation. Nous savons que les arts sportifs procurent au corps sa force, son dynamisme et sa vivacité. Si l’homme est capable de faire développer son mouvement et d’acquérir de la force physique, la femme est également en droit de le faire. Il est vrai que la femme est en quelque sorte faible physiquement. La raison est qu’elle néglige son corps en n’agissant pas dans le sens de le faire développer, évoluer et fortifier. C’est pour cela que le corps de la femme est resté faible. D’où la femme doit chercher à se prémunir de la force. Il n’y a pas de problème pour la femme, du point de vue religieux, de pratiquer les différents arts sportifs, car il est toujours possible que, la trouvant faible, les autres se mettent à l’agresser.

Il est donc du devoir de la femme de se prémunir de la force pour équilibrer sa puissance par rapport à celle des hommes. Il y a beaucoup de femmes qui subissent l’agression des gens. Elles sont frappées, tuées, blessées ou violées. Cela exige de la femme d’être puissante physiquement, tout en gardant la moralité de la puissance et l’humanisme de la position. La puissance n’est pas synonyme de l’agression mais de la responsabilité. Et si nous parlons de la nécessité de faire développer le corps en le dotant de la force physique, il faut le doter aussi d’une autre force, à savoir la force de la raison, car certains arriérés ont de tout temps accusé la femme de ne pas posséder un cerveau entier. Certains d’entre eux ont même dit qu’elle ne possèdent qu’un quart ou un demi cerveau. C’est pour cela qu’elle doit vivre son plein d’humanité en allant profondément dans sa raison afin de la faire évoluer et développer par la lecture, par la réflexion, par le dialogue et par l’expérience. Elle ne doit pas se laisser traiter en tant qu’être faible. Il lui est indispensable de se révolter contre sa faiblesse pour être une raison qui donne de la raison aux autres. Nous ne trouvons rien dans tout ce qui se présente dans la réalité civilisée qui empêcherait le femme d’agir à partir de l’action de sa raison. C’est pour cela que nous insistons sur le fait, pour nos femmes et nos filles, de se prémunir de la science et de la connaissance. La science et la connaissance sont en fait la grande valeur humaine. La Tradition nous apprend que « La valeur de chacun consiste dans ce qu’il sait faire à la perfection », du fait que la science est ce qui procure à l’homme son sens, car la valeur de l’homme consiste dans son ouverture vis-à-vis de la vie toute entière et de l’humanité toute entière.

C’est pour cette raison que la femme doit participer avec l’homme à la production de la science, du mouvement de la connaissance, de la construction de la civilisation, de l’ouverture vis-à-vis de toutes les causes du monde, de la participation à la réalité politique. Nous savons que les femmes ont pu accéder à des rangs très élevés dans le domaine de la science et des grandes responsabilités ainsi que dans la participation à la prise de grandes décisions et à la production de la force. Mais le problème est que les autres cherchent à condamner la femme et l’homme dans notre Orient à rester dans un état d’ignorance et d’arriération. Ils veulent que la femme reste sans science afin de l’exploiter par la légende qu’ils prennent pour religion, alors qu’elle n’est qu’illusion imposée, par les ignorants, à l’être humain, qu’il soit du sexe mâle ou du sexe féminin.

C’est pour cette raison que les ignorants refusent de reconnaître les causes objectives qui sont à la base de l’ouverture vis-à-vis de la vérité. Beaucoup de femmes entendent parler de ceux qui se présentent comme connaisseur de l’Invisible, du sort, de la chance et des djinns, et qui expliquent certains aspects de la faiblesse humaine par celle de la raison. Cela n’a aucun fondement rationnel ou religieux car ce qui arrive à l’homme est l’effet de causes naturelles et réalistes. C’est pour cela que l’homme doit, en cas de problème ou de maladie, avoir recours aux médecins et aux spécialistes et non pas aux sheikh et aux spiritualistes.

C’est par la science que nous abattons la légende, l’arriération et l’ignorance. La responsabilité et la conduite de ce combat y incombent aussi à la femme. Il lui faut se prémunir de la force en se spécialisant, tout comme l’homme, dans tous les domaines de la science. Nous savons que Dieu ne demande pas à l’homme de se contenter d’un seul niveau de la science, mais d’y aller de manière croissante. Cela est bien exprimé par le Noble Verset qui dit : ((Dis : Seigneur ! Grandis-moi en connaissance)) (Coran XX, 114).

Dieu nous demande d’être une Nation qui se mette face au monde pour participer avec lui dans ses activités, ses sciences et sa civilisation. Il demande à la Nation d’avoir un rôle dans la prise de décision car, en tant qu’Arabes et Musulmans, nous représentons, du point de vue nombre, le cinquième de la population mondiale. Mais nous ne participons malheureusement pas à la prise de décision. Ce sont les Etats-Unis, l’Union européenne et les Etats de la mondialisation qui nous imposent leurs décisions, car nous ne possédons pas le pouvoir de décider. Nous ne possédons rien.

La responsabilité exige de la part des hommes et des femmes d’œuvrer pour que notre Nation soit puissante et capable de décider sur les plans politique, économique et sécuritaire. Nous voyons que le monde tout entier a recours, tantôt à la violence tantôt à la manière douce, dans le cadre d’un conflit d’intérêts. Après l’effondrement de l’Union soviétique, les Etats-Unis ne veulent pas permettre aux autres Etats, y compris la Russie, d’attenter ou de nuire à leurs intérêts. D’où, nous pensons que le conflit des forces est la marque de notre époque. Et c’est pour cette raison que nous devons être puissants sur tous les plans.

Nous faisons face actuellement à une occupation américaine de certains de nos pays musulmans sous les signes de la vengeance aux attaques du 11 septembre 2001, attaques dont le secret n’est pas encore percé. Le résultat en était l’invasion de certains pays musulmans et arabes comme l’Iraq et l’Afghanistan. Nous savons que les Etats-Unis soutiennent Israël d’une manière absolue. Ils lui ont assuré toutes les opportunités et tout le droit d’occuper la terre palestinienne et le peuple palestinien. Ils ont même tout fait pour changer les concepts et la terminologie. C’est ainsi que le monde s’est plié aux pressions américaines. Si nous subissons au Liban des secousses politiques et sécuritaires ainsi que l’effondrement économique, c’est parce que le Liban n’est pas un Etat. Beaucoup parmi ceux qui détiennent le pouvoir ne possèdent pas la mentalité étatique. Nous pratiquons maintenant au Liban le culte des chefs des confessions et la chaos dominent notre vie. Nous devons nous révolter contre tout cela, pour faire du Liban un pays civilisé  et rayonnant, afin que nous sachions comment porter les causes de notre pays face aux défis lancés contre toutes les causes de notre région, afin de faire de notre pays un pays riche de son homme, afin de l’humaniser et de l’authentifier.

Il est du droit de la femme consciente, cultivée, instruite et experte de participer à l’action politique et occuper des fonctions de députés et de ministres, ainsi que toute autre fonction, car la femme possède une raison, une capacité d’agir et de penser tout comme l’homme. La femme n’a que s’intégrer afin de sauver le pays, de s’ouvrir à toutes les causes et de construire l’avenir. La maternité ne se réduit pas à l’allaitement et aux soins des enfants. Il est aussi de son devoir de faire promouvoir ses enfants pour vivre dans une patrie libre, instruit et cultivé ? C’est en cela que consiste la responsabilité légale de la femme.

Vous devez avoir confiance en vous-mêmes. La femme doit être confiante de la femme. Cette confiance en soi, qui est différente de la vanité, provient de la science, de la connaissance et de l’expérience. Elle doit aller en avant dans la société afin que les autres aient confiance en elle.