Actualités >Communiqués-Archive de 2007 > 19 shawwâl 1428 H / 30 octobre 2007 Ap. J. C.

Pour une diplomatie sage

Fadlallah conseille les Américains d’adopter une « diplomatie sage » et de négocier avec l’Iran

Fadlallah : La présence américaine en Iraq est une occupation ; il est possible de lui faire face par tous les moyens légitimes.
 

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a publié un communiqué dans lequel il a mis en évidence l’échec de la politique de l’administration américaine dans la région. Voici le texte de ce communiqué :

L’administration américaine a adopté, pour elle-même et pour ceux qui gravitent dans son orbite, une ligne politique fondée sur le recours au mensonge comme règle dans l’action politique, règle qu’elle applique aussi dans l’action sécuritaire et militaire. Elle a entraîné le Conseil de sécurité à voter des résolutions destinées à l’aider à réaliser ses désirs et ses ambitions, quitte à détruire des pays entiers et à menacer la totalité de la paix mondiale.

Nous avons vu comment cette administration avait inventé des mensonges en accusant l’Iraq de posséder des armes de destruction massive avant de l’envahir pour mettre la main sur ses ressources économiques pour servir ainsi ses propres intérêts stratégiques. Elle a détruit ses infrastructures et l’a utilisé comme un laboratoire de terrorisme, de violence et de meurtre avant de proposer sa partition. Elle utilise les mêmes méthodes mensongères en gonflant le dossier nucléaire pacifique iranien, prétendant qu’il constitue une menace pour le monde entier, et en brandissant - à cause de ce dossier- le spectre d’une troisième guerre mondial.

Nous appelons toutes les catégories, tous les peuples, toutes les races et toutes les confessions de la région à traiter avec cette administration en tant qu’administration menteuse et perfide. Nous les appelons à agir pour prévenir les dangers qu’elle représente et à lui faire face par tous les moyens légitimes. Nous considérons la présence américaine en Iraq comme une force d’occupation et d’hégémonie qui confisque la décision nationale iraquienne, ce qui rend légitime le recours à la résistance militaire, sécuritaire, politique et populaire pour faire face à l’occupation. Nous demandons à tous ceux qui s’engagent dans la résistance de ne pas outrepasser les limites légitimes et morales en affrontant l’occupation, de ne pas suivre la voie de la violence illégale, de ne pas viser directement ou indirectement les innocents et les civils.

Tout le monde doit savoir que les allégations américaines qui parlent sans cesse d’actions iraniennes et syriennes contre les soldats de l’occupation en Iraq ne sont qu’une fuite en avant afin de brandir des options guerrières. Ces allégations entrent aussi dans le cadre des tentatives visant à présenter l’armée américaine comme une force représentative de la légalité politique intouchable et incontournable.

Le fait est que cette administration est devenue sans crédibilité même aux yeux de ceux qui la défendent sur le plan international. Tout le monde sait d’ores et déjà qu’elle ne se conduit pas à partir de vraies données réalistes en justifiant les sanctions qu’elle impose aux autres pays et les pressions qu’elle exerce sur la situation politique et sécuritaire dans tel ou tel pays. En témoignent les dernières déclarations du président de l’Agence Mondiale de l’Energie atomique, et l’attitude négative du président russe, Vladimir Poutine, en ce qui concerne les sanctions américaines contre l’Iran. Poutine a décrit le président américain Bush en le comparant à un fou qui porte une lame et qu’il l’agite dans toutes les directions. Tout cela constitue des indices sur l’envergure de la déviation politique, sécuritaire et économique de cette administration qui bafoue la loi internationale dans toutes ses options politiques et notamment dans sa politique extérieure.

Nous disons à cette administration qui s’agite comme un taureau déchaîné pour broyer tous ceux qu’elle trouve sur son chemin, que sa marge de manoeuvre se rétrécit et qu’elle ne pourra jamais diriger le monde tantôt par la politique d’intimidation, tantôt par l’agression armée. Le seul moyen qui lui reste est celle de s’engager sur la voie des négociations qu’elle avait entamées avec l’Iran à partir de l’Iraq. Car le retour à ces négociations avec un esprit sérieux et en dehors des polémiques inutiles a des chances d’apporter du nouveau aux processus de solutions qui pourraient toucher des questions en suspense ici et là, surtout en Iraq et en Syrie, ainsi qu’au niveau du dossier nucléaire iranien pacifique.

Nous mettons cette administration en garde d’emprunter les voies politiques et sécuritaires escarpées, car cela engagera la région ainsi que d’autres régions dans le monde dans la sphère de la violence sanguinaire. Si cette administration tient à provoquer des complications en ce qui concerne la crise libanaise pour mettre la pression sur les Libanais afin de servir ses intérêts stratégiques, elle ne récoltera que davantage d’échec, et n’obtiendra jamais la confiance du peuple libanais qui connais plus que jamais ses fins infernales consistant à provoquer le chaos, à nuire à la stabilité et à cultiver tout ce qui est négatif pour empêcher les solutions réalistes. L’administration américaine doit s’attendre, elle et ses alliés, à toutes ces conséquences, et comprendre que la force militaire aveugle se trouvera toujours dans l’impasse quelle qu’elle puisse être brutale. Par contre, la diplomatie humaine et sage est elle seule qui pourrait apporter des solutions réalistes aux problèmes des grands et des petits. C’est elle seule qui résout les conflits et rapproche les positions les plus éloignées les unes des autres.

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth, Le 19 shawwâl 1428 H / 30 octobre 2007 Ap. J. C