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Le vide présidentiel est préjudiciable à tous les Libanais et non pas à une seule confession !

Fadlallah aux Libanais : Gardez-vous de tout glissement vers un labyrinthe politique car il risque de vous conduire à un labyrinthe sécuritaire !

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a affirmé que le vide qui a atteint la présidence de la république n’est pas préjudiciable à une seule confession mais qu’il l’est pour tous les Libanais et qu’il laisse ses percussions négatives affecter la totalité de la vie politique aux Liban.

Il a signalé que la situation dans laquelle nous nous trouvons est le fait de volontés extérieures et qu’elle est le résultat de maintes données et erreurs, avertissant qu’il n’est pas sage de rouvrir d’anciennes plaies ou d’appeler à la discorde.

Son Eminence a appelé les responsables politiques et les chefs de courants et de partis à instruire leurs bases en usant de paroles d’amour et en appelant leurs partisans à ne rien faire qui pourrait avoir une réaction négative. Il a également appelé les personnalités religieuses à assumer leurs grandes responsabilités pour ne pas permettre à la culture partisane de trouver des supports ici et là, affirmant que la paix civile est le dépôt de Dieu entre les mains de tous, et avertissant que tout glissement vers un labyrinthe politique risque de conduire à un labyrinthe sécuritaire.

Voici le texte de l’appel lancé par son Eminence aux Libanais au sujet des dernières évolutions de la situation au Liban :

Les dernières évolutions de la situation au Liban, surtout en ce qui concerne l’entrée dans le vide au niveau présidentiel, pèsent lourdement sur tous les Libanais qui ont attendu une lueur d’espoir qui annoncerait la sortie de cette crise qui les broient depuis des années et qui est devenue encore plus grave après la guerre d’agression israélienne contre le Liban.

Le vide actuel n’atteint pas une confession en tant que telle ; ses retombées n’affectent pas une partie en tant que telle. Il atteint plutôt tous les Libanais et ses retombées négatives affectent toute la vie politique libanaise qui est entrée, comme c’est connu de tous, dans un labyrinthe difficile à parcourir, depuis le moment où la crispation politique et l’esprit belliqueux ont pris le dessus sur l’esprit de dialogue et sur le climat de la franchise intérieure. Depuis le moment où divers axes extérieurs se sont mis à encourager la division intérieure et à exercer des pressions permanentes afin d’empêcher la coopération d’être la voie à emprunter pour ramener le pays sur la bonne voie.

Par conséquent, la situation dans laquelle nous nous trouvons maintenant est le fait de volontés extérieures et le résultat de maintes données et erreurs. Il convient d’avertir qu’il n’est pas sage de rouvrir d’anciennes plaies ou d’appeler à la discorde. Ce qui est demandé est le retour vers soi de la part de tous, et surtout des responsables politiques de toutes les parties, pour réfléchir, de sang froid, loin de tout pari sur des promesses provenant de telle ou telle partie internationale ou régionale. Les Libanais ont eu connaissance de ces promesses qui n’ont d’autre finalité que de susciter la discorde entre eux pour boire leur sang, pour manger leur chair, pour extorquer leur sécurité politique et économique et pour les abandonner sous l’emprise du chaos et de la destruction.

Etant donné ces conditions difficiles, nous nous adressons aux responsables politiques et aux chefs de courants et de partis pour leur dire qu’il ne suffit pas de prodiguer aux Libanais des paroles leur promettant le calme, la stabilité et la tranquillité. Nous leurs disons qu’ils ne devraient pas créer des climats tendus par leurs paroles qui se font entendre de temps à autre, qu’ils devraient instruire leurs bases en usant de paroles d’amour, de paix et de respect de l’autre, et appeler leurs partisans à ne rien faire qui pourrait avoir une réaction négative et conduire le pays vers la discorde et la guerre, à un moment où ils promettent Sécurité et salut au peuple.

Nous nous adressons également aux personnalités religieuses, officielles et non officielles, pour leur demander de craindre Dieu et de contrer toute attitude politique irréfléchie avec l’esprit de tolérance, la mentalité d’ouverture et l’instruction visant à barrer la route à tous ceux qui tentent de tripoter la sécurité des gens sur le plan social, politique et autre, que ceux-là fassent partie ou non de leurs confessions. Il en est ainsi car ceux qui appartiennent aux instances religieuses doivent donner l’exemple en appelant à l’amour et à la clémence, et ne pas laisser leurs complexes personnels et à leurs penchants catégoriels ajouter plus de tensions et de complication à la situation actuelle.

Nous appelons les personnalités spirituelles à assumer leurs grandes responsabilités dans ces conditions difficiles et de ne pas permettre aux sensibilités confessionnelles ou à la culture partisane de trouver des supports dans telle ou telle confession ou à l’intérieur de telle ou telle communauté religieuse. Les feux des sensibilités et des passions qui émanent des instances religieuses dirigeantes sont plus destructeurs que tous les autres feux car ils conduisent à la discorde, à la destruction et aux grands dégâts. Nous espérons donc voir ces personnalités assumer leurs responsabilités pour barrer la route à ceux qui sèment la discorde et qui l’évoquent à toute occasion.

Nous appelons aussi tous les Libanais sous toutes leurs confessions, leurs communautés et leurs couleurs politiques, à ne pas écouter tous ceux qui cherchent à provoquer la discorde dans leur propre pays, et tous ceux qui les incitent à s’entretuer, car le temple finira ainsi par s’effondrer au-dessus de tous.

Nous entendons des discours et des thèses qui lient l’issu de la crise libanaise aux résultats du sommet d’Annapolis et aux péripéties de la crise dans la région. Nous disons aux Libanais et aux responsables en particulier : Si certains dans le monde cherchent à prendre votre pays en otage dans le contexte de la crise régionale, pourquoi ne vous vous attelez pas, de votre côté, à la tâche de protéger votre pays et de créer votre entente intérieure au détriment de ceux qui, parmi les pourvoyeurs des axes internationaux et régionaux, utilisent comme commerce les causes des peuples ? Pourquoi n’agissez pas en sorte que cette partie libanaise vous soit plus proche que telle ou telle partie régionale ou internationale ?

Nous disons à tous : La paix civile est le dépôt de Dieu entre vos mains. Gardez-vous donc de tout glissement vers un labyrinthe politique qui risque de conduire à un labyrinthe sécuritaire. Gardez-vous de tout saut dans le vide ou dans l’inconnu !

Adressez-vous les uns aux autres avec un esprit sérieux de dialogue qui ne vise à exclure personne et vous trouverez que la voie est d’accès facile, que les espaces du dialogue vous conduiront vers des ententes qui redonneront aux Liban sa présence et son existence. Sinon le Liban, ses habitants et son avenir seront engouffrés par l’abîme des ténèbres où reposent la perdition et la destruction.

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth,

Le 15-11-1428 H / 25-11-2007 Ap. J. C.