Actualités >Communiqués-Archive de 2007 >  Le 08-11-1428 H / 18-11-2007 Ap. J. C.

Les chiites et les sunnites ne sont en rien responsables des contentieux politiques qu’on provoque au Liban

Fadlallah : Les accusations échangées par les parties politiques ont permis aux axes internationaux de s’emparer du dossier de la présidentielle !

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a affirmé que Les Chiites et les Sunnites ne sont en rien responsables des contentieux politiques qu’on provoque au Liban. Il a condamné la discorde entre Chiites et Sunnites brandie par certaines parties politiques antagonistes.

Il a estimé que les arrière-fonds politiques qui incitent les parties à échanger des accusations de soumission à la tutelle extérieure ont permis aux axes internationaux de s’emparer du dossier de la présidentielle et les Libanais sont ainsi réduits à être le faible écho du mot de passe extérieur, ajoutant que les Chiites et les Sunnites ne sont en rien responsables de tout cela.

Tout en insistant sur l’importance de la poursuite des offices saoudiens et iraniens visant à contourner les tentatives de provoquer la discorde au Liban et dans la région, son Eminence a affirmé qu’il existe au Liban des sages qui ne permettront pas à la question confessionnelle de s’immiscer dans le conflit politique.

Son Eminence a pris ces positions dans la déclaration suivante :

Nous entendons de temps à autre des parties libanaises faire des déclarations selon lesquelles les prises de position politiques de telle ou telle partie contribuent à poser la question sur le plan d’une discorde sectaire, ou que telle ou telle attitude conduira à compliquer les relations entre les Sunnites et les Chiites au Liban. C’est comme si ces relations étaient devenues si fragiles que toute partie réticente ou que toute déclaration reflétant des désaccords entre une partie et une autre pourraient provoquer une discorde ou un déséquilibre dans la réalité libanaise ou, en particulier, dans le contexte islamique de cette réalité. Cela est totalement inacceptable et il n’est pas admis de le brandir à tort ou à raison ou même de laisser passer des insinuations sur l’éventualité d’une telle évolution à partir des différences de vues entre les parties politiques ici et là.

Nous appelons tous ceux qui sont responsables d’assurer la sécurité du pays, son équilibre et sa stabilité et de définir les fondements de la cohabitation des confessions, à ne pas laisser la question sectaire s’immiscer dans les complications politiques libanaises. Ceci car le loyalisme et l’opposition ne sont pas l’apanage d’une confession donnée, dans la mesure où l’un et l’autre sont présents au niveau de toutes les confessions libanaises. Les arrière-fonds politiques qui risquent -dans les conditions des accusations au sujet de la tutelle extérieure- de pousser une partie à accuser une autre de soumission à tel ou tel axe international ou régional, ont permis aux axes internationaux de s’emparer du dossier de la présidentielle. Cela a réduit les Libanais à être un faible écho des autres et à attendre le mot de passe donné par tel ou tel axe international, chose que les Chiites et les Sunnites n’en sont en rien responsables. Si certains hommes politiques sunnites s’opposent, quant à leurs options politiques, à certains chiites et vice versa, cela n’affecte pas et n’est pas supposé affecter la forte relation, sur le plan populaire, entre les Sunnites et les Chiites qui vivent dans une profonde situation d’intégration islamique et qui sont engagés à servir les causes politiques historiques sur le plan de la Nation, comme la cause palestinienne, la cause iraquienne et les relations sociales et matrimoniales entres les deux groupes.

Nous appelons toutes les parties, et les personnalités influentes en particulier, à arrêter d’appeler la question sectaire au niveau religieux. Nous les appelons à craindre Dieu pour le pays et pour les gens et à faire abstraction des désaccords réciproques sous leur aspect politique, ainsi que des désaccords politiques entre Chrétiens et Musulmans, car une fois débridée, la discorde brûlera tout et fera s’écrouler le temple au dessus de tous.

Nous appelons les hommes politiques en dehors de la sphère islamique à ne pas encourager ces tendances à la discorde car, à l’exemple du feu dans les herbes politiques sèches, et le feu qui tout récemment à réduit en cendre les arbres du Liban et ses forêts, la discorde n’épargnera personne.

Tout en sachant qu’il existe au Liban, dans le milieux islamique et ailleurs, beaucoup d’hommes sages parmi ceux qui sont convaincus que l’Islam n’a, en son profondeur, rien à voir avec les différents politiques intérieurs, nous savons que ceux-là ne permettront pas de confondre la question islamique et les provocations sectaires à la question politique qui est en passe d’être provoquée. Nous espérons voir les offices lancés par la République Islamique d’Iran et par le Royaume Arabe Saoudite se poursuivre sur tous les plans au Liban et dans la région pour contenir et bloquer toutes les tentatives qui pourraient s’infiltrer du domaine politique dans le domaine sectaire. Nous espérons les voir contourner tous ceux qui cherchent à brandir la discorde dans cette réalité politique instable en raison des ingérences internationales et des facteurs politiques intérieurs ou extérieurs loin de tout ce qui a trait aux Sunnites, aux Chiites ou aux autres.

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth, le 08 /11/ 1428 H / 18 novembre 2007 Ap. J. C.