Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein
Fadlallah, a affirmé que Les Chiites et les Sunnites ne sont en rien
responsables des contentieux politiques qu’on provoque au Liban. Il a
condamné la discorde entre Chiites et Sunnites brandie par certaines
parties politiques antagonistes.
Il a estimé que les arrière-fonds politiques qui incitent les parties
à échanger des accusations de soumission à la tutelle extérieure ont
permis aux axes internationaux de s’emparer du dossier de la
présidentielle et les Libanais sont ainsi réduits à être le faible écho
du mot de passe extérieur, ajoutant que les Chiites et les Sunnites ne
sont en rien responsables de tout cela.
Tout en insistant sur l’importance de la poursuite des offices
saoudiens et iraniens visant à contourner les tentatives de provoquer la
discorde au Liban et dans la région, son Eminence a affirmé qu’il existe
au Liban des sages qui ne permettront pas à la question confessionnelle
de s’immiscer dans le conflit politique.
Son Eminence a pris ces positions dans la déclaration suivante :
Nous entendons de temps à autre des parties libanaises faire des
déclarations selon lesquelles les prises de position politiques de telle
ou telle partie contribuent à poser la question sur le plan d’une
discorde sectaire, ou que telle ou telle attitude conduira à compliquer
les relations entre les Sunnites et les Chiites au Liban. C’est comme si
ces relations étaient devenues si fragiles que toute partie réticente ou
que toute déclaration reflétant des désaccords entre une partie et une
autre pourraient provoquer une discorde ou un déséquilibre dans la
réalité libanaise ou, en particulier, dans le contexte islamique de
cette réalité. Cela est totalement inacceptable et il n’est pas admis de
le brandir à tort ou à raison ou même de laisser passer des insinuations
sur l’éventualité d’une telle évolution à partir des différences de vues
entre les parties politiques ici et là.
Nous appelons tous ceux qui sont responsables
d’assurer la sécurité du pays, son équilibre et sa stabilité et de
définir les fondements de la cohabitation des confessions, à ne pas
laisser la question sectaire s’immiscer dans les complications
politiques libanaises. Ceci car le loyalisme et l’opposition ne sont pas
l’apanage d’une confession donnée, dans la mesure où l’un et l’autre
sont présents au niveau de toutes les confessions libanaises. Les
arrière-fonds politiques qui risquent -dans les conditions des
accusations au sujet de la tutelle extérieure- de pousser une partie à
accuser une autre de soumission à tel ou tel axe international ou
régional, ont permis aux axes internationaux de s’emparer du dossier de
la présidentielle. Cela a réduit les Libanais à être un faible écho des
autres et à attendre le mot de passe donné par tel ou tel axe
international, chose que les Chiites et les Sunnites n’en sont en rien
responsables. Si certains hommes politiques sunnites s’opposent, quant à
leurs options politiques, à certains chiites et vice versa, cela
n’affecte pas et n’est pas supposé affecter la forte relation, sur le
plan populaire, entre les Sunnites et les Chiites qui vivent dans une
profonde situation d’intégration islamique et qui sont engagés à servir
les causes politiques historiques sur le plan de la Nation, comme la
cause palestinienne, la cause iraquienne et les relations sociales et
matrimoniales entres les deux groupes.
Nous appelons toutes les parties, et les
personnalités influentes en particulier, à arrêter d’appeler la question
sectaire au niveau religieux. Nous les appelons à craindre Dieu pour le
pays et pour les gens et à faire abstraction des désaccords réciproques
sous leur aspect politique, ainsi que des désaccords politiques entre
Chrétiens et Musulmans, car une fois débridée, la discorde brûlera tout
et fera s’écrouler le temple au dessus de tous.
Nous appelons les hommes politiques en dehors de la
sphère islamique à ne pas encourager ces tendances à la discorde car, à
l’exemple du feu dans les herbes politiques sèches, et le feu qui tout
récemment à réduit en cendre les arbres du Liban et ses forêts, la
discorde n’épargnera personne.
Tout en sachant qu’il existe au Liban, dans le
milieux islamique et ailleurs, beaucoup d’hommes sages parmi ceux qui
sont convaincus que l’Islam n’a, en son profondeur, rien à voir avec les
différents politiques intérieurs, nous savons que ceux-là ne permettront
pas de confondre la question islamique et les provocations sectaires à
la question politique qui est en passe d’être provoquée. Nous espérons
voir les offices lancés par la République Islamique d’Iran et par le
Royaume Arabe Saoudite se poursuivre sur tous les plans au Liban et dans
la région pour contenir et bloquer toutes les tentatives qui pourraient
s’infiltrer du domaine politique dans le domaine sectaire. Nous espérons
les voir contourner tous ceux qui cherchent à brandir la discorde dans
cette réalité politique instable en raison des ingérences
internationales et des facteurs politiques intérieurs ou extérieurs loin
de tout ce qui a trait aux Sunnites, aux Chiites ou aux autres.