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de 2007 >
La visite de Rice vise à brouiller les relations des Arabes avec l’Iran
La visite de Rice vise à
brouiller les relations des Arabes avec l’Iran
Fadlallah : Jusqu’où le rôle des fonds arabes
restera-t-il réduit à faire flotter les échecs du projet américain ?
Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah
Muhammad Hussein Fadlallah, a considéré que la situation actuelle de
l’administration américaine la rend incapable de lancer aucune
initiative pour résoudre les crises qui sévissent dans notre région
arabe et islamique. Il a affirmé que la tournée qu’effectue actuellement
dans la région la secrétaire d’Etat américaine a pour but de jouer sur
les contradictions arabes intérieures, et ce dans le cadre de l’Autorité
unique, comme c’est le cas en Palestine, et des relations extérieures,
comme dans les relations arabo-iraniennes, dans le contexte des efforts
déployés pour la promotion de la nouvelle stratégie de Bush en Iraq.
Son Eminence a signalé que « les Etats-Unis n’ont
rien de nouveau à proposer au sujet de la question palestinienne, et que
ce qui se passe ne va pas au-delà de simples consultations portant sur
les limites des disponibilités à recommencer les efforts dans le cadre
de la feuille de route selon la vision américaine qui propose un Etat
palestinien incolore, sans saveur, inodore et qui n’avance en rien quant
aux droits palestiniens. Il s’agit en outre d’une tentative de laisser
passer le temps à un moment où le retour à la feuille de route ne jouit
pas de l’accord des parties concernées ».
Son Eminence a attiré l’attention sur « les
déclarations qui ont parlé dernièrement de la nécessité de soutenir
l’Autorité palestinienne financièrement et sur le plan sécuritaire afin
de lui permettre de prendre des mesures pratiques contre le gouvernement
palestinien élu par le peuple et dirigé par Hamas. Il a affirmé que ces
manœuvres pourraient renforcer la crise intérieure palestinienne, dans
la mesure où elles provoquent un état d’hostilité au sein de la société
palestinienne qui n’est profitable qu’à Israël et ses plans d’occupation ».
D’autre part, son Eminence a considéré que la tournée
de Rice dans la région du Golfe est une nouvelle tentative américaine
qui vise à brouiller les relations des pays arabes avec leurs voisins,
iraniens en particulier, à un moment où nous savons que les relations
arobo-iranniennes ne sont pas particulièrement mauvaises surtout que
l’Iran a maintes fois affirmé aux Arabes qu’il ne prévoit pas la
fabrication d’armes nucléaires et que son projet se réduit à profiter
des connaissances nucléaires à des fins exclusivement pacifiques.
Son Eminence s’est attardé sur les allégations selon
lesquelles la tournée de la secrétaire d’Etat américaine viserait à « assurer
un financement arabe du nouveau plan de Bush pour l’Iraq, à un moment où
ce plan se heurte à l’opposition des Démocrates au Congrès américain,
opposition qui pourrait empêcher le financement de tout plan qui ne
serait pas en harmonie avec le rapport Baker-Hamilton. Son Eminence a en
outre attiré l’attention sur la déclaration du président Bush au sujet
du danger qui menacerait les Arabes au cas d’une défaite des Etats-Unis
en Iraq. Cette déclaration ressemble plutôt à une menace adressée aux
pays de la région dans la mesure où le lien n’est pas clair entre la
défaite des Etats-Unis en Iraq qui serait une défaite de l’occupation,
et la défaite des Etats arabes qui n’ont rien à voir avec l’occupation
de ce pays ».
Son Eminence s’est attardé sur « la méthode
humiliante utilisée par Rice en rassemblant les ministres des affaires
étrangères des huit pays islamiques d’une manière qui ressemble plutôt à
une convocation, au lieu de consacrer une visite à chacun de ces pays de
façon à préserver leur dignité et leur présence dans la politique de la
région en général ».
Son Eminence a conclu en se demandant : « Est-ce une
fatalité pour les fonds arabes et islamiques de n’avoir qu’une seule
fonction, à savoir celle de faire flotter les échecs subis par les
projets de l’arrogance mondiale dans la région arabe et islamique, et
même -à l’exemple de ce qui se passait autrefois- les états de faiblesse
dont souffrent les administrations américaines à l’intérieur de leur
propre société !? N’est-ce pas que tout financement à l’heure actuelle
des plans américains en Iraq renforcera la crise qui frappe le peule
iraquien et les peuples de la région qui refusent l’occupation
américaine en Iraq, comme ils refusent les projets arrogants d’hégémonie
servis par cette occupation ? ».
Enfin, son Eminence a dit : « Les Etats arabes et
musulmans sont appelés aujourd’hui à être à la hauteur de leurs peuples
quant à leurs aspirations à la dignité et à l’indépendance. Car si les
Arabes et les Musulmans ne prennent pas l’initiative de servir les
causes liées à leur sort au moment où l’administration américaine est en
proie à la faiblesse et aux contradictions intérieures, c’est à quel
moment le feraient-ils alors ? ».
Le Bureau d’information de
l’Autorité religieuse
As-Sayyid Muhammad Hussein Fadlallah
Beyrouth, Le 25 dhû al-hijja
1428 H / 15 janvier 2007 ap. J. C.
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