Actualités >Communiqués-Archive de 2007 > Deux dangers guettent la Résistance / Le 29 jumâdâ II 1428 H / 14 juillet 2007 AP . J. C.

Deux dangers guettent la Résistance

Fadlallah a mis en garde contre les tentatives de pousser la Résistance vers une confrontation avec Israël et celles visant à la désarmer

Fadlallah : La confessionnalisation de la victoire et la plus grande de toutes les tentatives visant à déformer l’image de la Résistance !

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a affirmé que les tentatives les plus dangereuses visant à déformer la victoire réalisée par la Résistance, en juillet 2006, sont celles qui ont pour but la confessionnalisation de la victoire, victoire qui a été une source d’inspiration pour toute la Nation et qui a été bien accueillie par les Sunnites plus qu’elle ne l’a été par les Chiites eux-mêmes.

Son Eminence a mis en garde contre deux dangers imminents : Le premier vient de ceux qui mettent en doute la crédibilité de la Résistance et l’authenticité de son action contre l’ennemi du fait qu’elle ne mène pas des actions contre la Finul. L’autre vient de ceux qui présentent ses armes comme un danger qui attire, à nouveau, l’agression de la part de l’ennemi. Son Eminence a signalé que la Résistance ne présente pas seulement l’image la plus brillante dans le monde arabe et musulman au niveau du courage de ses combattants, mais aussi au niveau de la conscience, de la planification et du diagnostic qu’ils font de l’ennemi et de ses plans.

Il a appelé ceux qui font la promotion de la prochaine guerre à ne pas confondre la préparation à faire face aux plans de l’ennemi et le déclenchement d’une défaite psychologique dans certaines positions. Il a mis en garde, à ce propos, contre toute action stupide de la part d’Israël, considérant qu’une telle action le conduira vers le grand labyrinthe stratégique.

Son Eminence a donné une déclaration à l’occasion du premier anniversaire de l’agression de juillet 2006. Voici le texte de cette déclaration :

La carte des objectifs politiques et sécuritaires américains et israéliens de l’agression de juillet avait une longue portée dans le sens où les dirigeants arabes peuvent être très satisfaits du fait que leurs pays et leurs trônes n’aient subi de grands dégâts suite à la défaite d’Israël livré à la déception après la confrontation avec les groupes de la Résistance qui ont montré qu’ils sont les plus forts, les plus fermes et les plus fidèles au niveau de la Nation toute entière.

D’aucuns sont d’ores et déjà conscients du fait que l’agression de juillet ne visait pas seulement l’infrastructure libanaise ou la structure de la Résistance au Liban. Elle représentait plutôt une attaque sauvage contre la structure culturelle, intellectuelle et politique de la Nation ainsi que contre sa structure géographique. Les analyses ayant évoqué un démantèlement consécutif à cette agression au niveau de la région, au cas où Israël l’aurait emporté, n’étaient pas des analyses chimériques. Pour cette raison, la Résistance n’avait pas seulement stoppé l’avance d’une armée sur les frontières libanaises, mais elle avait stoppé une invasion de grande envergure qui visait toute la Nation. Elle a mis en échec les objectifs d’une guerre mondiale où les efforts des Etats-Unis, de l’Europe et de beaucoup d’Arabes ont rejoint ceux d’Israël dans le but de briser la volonté de réticence et de forcer le bras à la dignité de la patrie et de la Nation.

Nous constatons, parmi les conséquences inattendues de la victoire contre Israël dans la guerre de juillet, que cette victoire a fait peur à beaucoup de parties arabes en raison de la lâcheté de ceux qui ont éprouvé l’infamie dans toute leur histoire, de ceux qui n’ont jamais senti l’odeur de la victoire, ou en raison de la complaisance déclarée avec les Etats-Unis et secrète avec Israël. Là, le premier ministre de l’entité ennemie peut afficher sa fierté car cette guerre-crime a jeté les assises d’une alliance arabe avec Israël et d’un axe réunissant les grands responsables des services de renseignement arabe et les chef du Mossad pour que les premiers écoutent les seconds leur parler de leurs plans susceptibles de faire échouer la réticence et la résistance en Palestine, au Liban et partout dans le reste du monde arabe et musulman.

Pour cette raison, nous pensons que la secrétaire d’Etat américaine qui envisageait faire de la guerre contre le Liban le point de départ du processus d’un nouveau Moyen-Orient, a tout fait, tout au long de la période qui a suivi l’arrêt des opérations militaires, pour liquider la victoire ou pour l’assiéger afin de l’empêcher de se propager au niveau arabe. D’où nous comprenons ses convocations récurrentes des ministres des affaires étrangères arabes, et nous comprenons les tentatives américaines visant à empêcher les Libanais de s’intégrer dans une ambiance d’unité, de liberté et d’indépendance à même de défendre la victoire et de la présenter comme un modèle vivant de toute la Nation.

Parmi les choses à remarquer en ce qui concerne la guerre d’agression de juillet, il est à noter que la victoire de la Résistance a jailli dans les veines des peuples arabes et musulmans au niveau de l’affection vis-à-vis de l’événement mais sans que cette affection pure et saine ne se transforme en acte politique intégral ou en grande interaction à même de fondre la Nation et y créer cet état d’intégration arabe et islamique dont elle a tant besoin dans les conditions de la grande offensive qui avait, et qui a toujours, comme objectif, le démantèlement de la Nation et sa division en entités confessionnelles, ethniques et politiques. Tout au contraire, on a remarqué l’apparition d’un effort ignoble qui cherche à mettre la victoire dans le registre confessionnel et, partant, à susciter la peur chez une autre partie de la Nation. Nous avons remarqué comment des personnalités nationales et islamiques notoires sont tombées dans ce piège à bon ou à mauvais escient… Pour cette raison, nous considérons que les plus grandes tentatives de déformer cette victoire historique sont celles qui ont eu pour but sa confessionnalisation après avoir été une source d’inspiration pour la Nation toute entière, après avoir attiré la sympathie des Sunnites plus que celle des Chiites, et après avoir été, pour tous les hommes libres du monde, un vrai point de départ vers la défaite du mal et de la sauvagerie dans le monde.

Nous mettons en garde, ces jours-ci en particulier, contre deux dangers imminents. Le premier se représente par des allusions qui commencent à se faire sentir ici et là pour mettre en doute la crédibilité de la Résistance et l’authenticité de son attitude vis-à-vis de l’ennemi, afin de lui enlever la marque de l’Islam et du nationalisme au cas où elle ne s’attaquerait pas à la Finul. L’autre danger vient des tentatives visant à présenter les armes de la Résistance comme un danger qui attire, à nouveau, l’agression israélienne, et qui devrait être anéanti pour nous assurer la sécurité face au mal israélien. Nous disons aux uns et aux autres que la Résistance au Liban ne représente que l’image la plus brillante au Liban, dans le monde arabe et dans le monde islamique, en raison non seulement du courage de ses combattants, mais aussi en raison de ce qu’elle offre en tant que force vivante, dynamique et armée d’un grand niveau de conscience, d’expérience et de capacité de planification. Elle est aussi la plus capable de bien diagnostiquer la situation de l’ennemi israélien et de ses plans. Pour cette raison, nous demandons à tous de soutenir la Résistance politiquement, moralement et matériellement ou, du moins, de ne pas prendre position contre elle à bon ou à mauvais escient. Nous demandons à ceux qui cherchent à intimider les gens par la guerre à venir de ne pas confondre la préparation visant à faire échouer les plans de l’ennemi et l’anarchie des discours et des attitudes qui pourraient conduire certaines personnes à la défaite psychologique. Nous savons que l’ennemi est en train de ravaler son armée, qu’il tente d’assainir sa situation et il planifie pour récupérer sa réputation. Mais nous savons aussi qu’il peut tomber dans le grand labyrinthe stratégique s’il commet de nouvelles actions stupides. Ce qui est donc demandé ce sont donc la prudence et la conscience et non pas l’esprit défaitiste face aux scènes de propagande qu’on déploie ici et là.

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth, le 29 Jumâdâ ’II 1428 H /

14 -7- 2007 AP. J. C.