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13-12-1428 H / 23-12-2007 Ap. J. C.
Pour une attitude unifiée face à la dernière
déclaration du président Bush
Fadlallah fustige la tutelle américaine qui fait miroiter son soutien
à une partie alors qu’elle ne fait que servir ses propres dossiers dans
la région
Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah
Muhammad Hussein Fadlallah, a publié un communiqué dans lequel il a
abordé la politique de l’administration américaine dans la région ainsi
que les dernières attitudes du président Bush à l’égard du Liban. Voici
le texte de ce communiqué :
Notre poursuite des attitudes de l’administration
américaine, dont le premier responsable est le président Bush, à travers
les émissaires américains qui parcourent les pays arabes et islamiques,
dont le Liban, sort avec la constatation que cette administration est
entrée dans une phase critique à l’intérieur même des Etats-Unis, phase
qui s’ajoute à son échec dans la gestion des dossiers de la région, ce
qui la porte vers l’escalade rhétorique de plus en plus virulente et
l’usage d’un vocabulaire menaçant dans l’espoir de fructifier ce langage
en obtenant quelques concessions de la part des forces de réticence
arabes et islamiques, surtout pendant les mois qui précèdent l’entrée
des deux partis républicain et démocrate dans la mêlée des élections
présidentielles.
Nous estimons que l’administration du président Bush
est loin d’être dans une position qui lui permettrait d’imposer ses
conditions dans la région. Si elle peut continuer de semer davantage de
confusion et provoquer davantage de situations chaotiques, cela ne peut
nullement l’aider à récupérer son hégémonie ou à faire tourner en
arrières les aiguilles de la montre, car elle commence à perdre les
pédales dans des zones principales dans la région, au point qu’elle est
d’ores et déjà impuissante à utiliser les cartes qu’elle a l’habitude
d’utiliser tantôt pour l’intimidation tantôt pour la sollicitation.
Nous attirons l’attention de tous sur le fait que le
projet de l’administration américaine en Palestine est un projet
destructeur pour la réalité palestinienne toute entière. Il a pour but
de permettre à Israël de posséder toutes les possibilités politiques et
les capacités militaires nécessaires pour l’invasion du district de Gaza
et pour procéder à un massacre collectif de ses habitants après avoir
poussé à son plus haut niveau le siège visant à les affamer et à les
épuiser économiquement dans le cadre des tentatives visant à imposer le
fait accompli aux Palestiniens en mettant Hamas et les autres mouvements
de l’Intifada sur la sellette, d’une part, et en acculant l’Autorité,
d’autre part, à la soumission complète sous le poids des pressions
politiques auxquelles participeront ultérieurement des parties arabes.
Pour ce qui est du dossier nucléaire iranien,
l’administration du président Bush tente de compliquer les relations
arabo-iraniennes, d’une part, en activant contre l’Iran ce qu’on appelle
l’axe de la modération arabe et, d’autre part, en brandissant la
possibilité de l’entente conditionnée par des concessions iraniennes au
niveau de ses droits nationaux, surtout dans le domaine de
l’enrichissement d’Uranium dont le caractère pacifique et légitime et
son accord avec les règles de l’Agence Mondiale de l’Energie atomiques
ont été prouvés par le rapport des services de renseignement américains.
Face à cette situation de recul qui frappe le projet
américain dans la région, d’une part, et à la témérité de
l’administration du président Bush qui ne cesse de brandir ses menaces
d’ouvrir tous les dossiers du passé dans la région, d’autre part, nous
demandons aux Libanais de bien comprendre la nature des visées de
l’administration américaine au Liban. Les Libanais doivent savoir que
les émissaires américains qui visitent le Liban ne le font pas dans
l’intension de trouver une solution politique objective aux problèmes
qui entourent la crise dans toute sa complexité, mais plutôt dans
l’intension de les rendre encore plus compliqués au point qu’ils
laissent croire qu’ils soutiennent une partie contre une autre. Le
faisant, ils le font au profit de leurs dossiers en suspens dans la
région, dossiers qui pourraient les porter à se délier de tous leurs
engagements une fois leurs objectifs sont atteints dans la région. Face
à ces objectifs, les Américains font des pas en avant et en arrières
dont les péripéties sont connues de tous. Les Libanais, et notamment les
responsables politiques parmi ceux qui attendent, en particulier, un
geste salvateur américain qui n’aura pas lieu, doivent le comprendre
très bien.
La déclaration du président américain au sujet du
quorum aux élections présidentielles représente le comble des ingérences
américaines visant à imposer la tutelle sous la menace à travers la
pression sur une partie par ci pour l’obliger à s’assujettir aux
directives de cette tutelle, et le fait de barrer la route une partie
par là, pour ainsi suspendre la concertation libanaise au profit des
dossiers américains dans la région. Cela doit être pris en considération
par tous pour aboutir à un refus des propos du président américain par
les deux principaux protagonistes au Liban, ce qui peut conduire à un
début d’un processus visant à instaurer une concertation intérieure qui
s’oppose à la tutelle américaine et occidentale ainsi qu’à toutes les
autres tutelles même si elles affichent des slogans arabes ou islamiques.
Nous crions fort que les peuples arabes et musulmans
ont perdu patience à l’égard de l’administration américaine des
néoconservateurs et du lobby juif pour ses plans destinés à justifier et
à encourager l’agression israélienne contre les pays arabes, surtout
contre la Palestine, le Liban et la Syrie, méfaits auxquels s’ajoute son
travestissement du Conseil de sécurité en une instance internationale
pour défendre Israël et faciliter ses entreprises d’agressions continues
contre les Arabes et les Musulmans.
Le Bureau d’Information de son
Eminence,
l’Autorité religieuse,
l’Ayatollah Muhammad Hussein
Fadlallah.
Beyrouth,
Le 13-12-1428 H / 23-12-2007 Ap.
J. C.
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