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Pour une attitude unifiée face à la dernière déclaration du président Bush

Fadlallah fustige la tutelle américaine qui fait miroiter son soutien à une partie alors qu’elle ne fait que servir ses propres dossiers dans la région

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a publié un communiqué dans lequel il a abordé la politique de l’administration américaine dans la région ainsi que les dernières attitudes du président Bush à l’égard du Liban. Voici le texte de ce communiqué :

Notre poursuite des attitudes de l’administration américaine, dont le premier responsable est le président Bush, à travers les émissaires américains qui parcourent les pays arabes et islamiques, dont le Liban, sort avec la constatation que cette administration est entrée dans une phase critique à l’intérieur même des Etats-Unis, phase qui s’ajoute à son échec dans la gestion des dossiers de la région, ce qui la porte vers l’escalade rhétorique de plus en plus virulente et l’usage d’un vocabulaire menaçant dans l’espoir de fructifier ce langage en obtenant quelques concessions de la part des forces de réticence arabes et islamiques, surtout pendant les mois qui précèdent l’entrée des deux partis républicain et démocrate dans la mêlée des élections présidentielles.

Nous estimons que l’administration du président Bush est loin d’être dans une position qui lui permettrait d’imposer ses conditions dans la région. Si elle peut continuer de semer davantage de confusion et provoquer davantage de situations chaotiques, cela ne peut nullement l’aider à récupérer son hégémonie ou à faire tourner en arrières les aiguilles de la montre, car elle commence à perdre les pédales dans des zones principales dans la région, au point qu’elle est d’ores et déjà impuissante à utiliser les cartes qu’elle a l’habitude d’utiliser tantôt pour l’intimidation tantôt pour la sollicitation.

Nous attirons l’attention de tous sur le fait que le projet de l’administration américaine en Palestine est un projet destructeur pour la réalité palestinienne toute entière. Il a pour but de permettre à Israël de posséder toutes les possibilités politiques et les capacités militaires nécessaires pour l’invasion du district de Gaza et pour procéder à un massacre collectif de ses habitants après avoir poussé à son plus haut niveau le siège visant à les affamer et à les épuiser économiquement dans le cadre des tentatives visant à imposer le fait accompli aux Palestiniens en mettant Hamas et les autres mouvements de l’Intifada sur la sellette, d’une part, et en acculant l’Autorité, d’autre part, à la soumission complète sous le poids des pressions politiques auxquelles participeront ultérieurement des parties arabes.

Pour ce qui est du dossier nucléaire iranien, l’administration du président Bush tente de compliquer les relations arabo-iraniennes, d’une part, en activant contre l’Iran ce qu’on appelle l’axe de la modération arabe et, d’autre part, en brandissant la possibilité de l’entente conditionnée par des concessions iraniennes au niveau de ses droits nationaux, surtout dans le domaine de l’enrichissement d’Uranium dont le caractère pacifique et légitime et son accord avec les règles de l’Agence Mondiale de l’Energie atomiques ont été prouvés par le rapport des services de renseignement américains.

Face à cette situation de recul qui frappe le projet américain dans la région, d’une part, et à la témérité de l’administration du président Bush qui ne cesse de brandir ses menaces d’ouvrir tous les dossiers du passé dans la région, d’autre part, nous demandons aux Libanais de bien comprendre la nature des visées de l’administration américaine au Liban. Les Libanais doivent savoir que les émissaires américains qui visitent le Liban ne le font pas dans l’intension de trouver une solution politique objective aux problèmes qui entourent la crise dans toute sa complexité, mais plutôt dans l’intension de les rendre encore plus compliqués au point qu’ils laissent croire qu’ils soutiennent une partie contre une autre. Le faisant, ils le font au profit de leurs dossiers en suspens dans la région, dossiers qui pourraient les porter à se délier de tous leurs engagements une fois leurs objectifs sont atteints dans la région. Face à ces objectifs, les Américains font des pas en avant et en arrières dont les péripéties sont connues de tous. Les Libanais, et notamment les responsables politiques parmi ceux qui attendent, en particulier, un geste salvateur américain qui n’aura pas lieu, doivent le comprendre très bien.

La déclaration du président américain au sujet du quorum aux élections présidentielles représente le comble des ingérences américaines visant à imposer la tutelle sous la menace à travers la pression sur une partie par ci pour l’obliger à s’assujettir aux directives de cette tutelle, et le fait de barrer la route une partie par là, pour ainsi suspendre la concertation libanaise au profit des dossiers américains dans la région. Cela doit être pris en considération par tous pour aboutir à un refus des propos du président américain par les deux principaux protagonistes au Liban, ce qui peut conduire à un début d’un processus visant à instaurer une concertation intérieure qui s’oppose à la tutelle américaine et occidentale ainsi qu’à toutes les autres tutelles même si elles affichent des slogans arabes ou islamiques.

Nous crions fort que les peuples arabes et musulmans ont perdu patience à l’égard de l’administration américaine des néoconservateurs et du lobby juif pour ses plans destinés à justifier et à encourager l’agression israélienne contre les pays arabes, surtout contre la Palestine, le Liban et la Syrie, méfaits auxquels s’ajoute son travestissement du Conseil de sécurité en une instance internationale pour défendre Israël et faciliter ses entreprises d’agressions continues contre les Arabes et les Musulmans.

Le Bureau d’Information de son Eminence,

l’Autorité religieuse,

l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah.

Beyrouth,

Le 13-12-1428 H / 23-12-2007 Ap. J. C.