Actualités >Communiqués-Archive de 2007 > Fadlallah conseille Siniora et Hariri : Soyez Rafic Hariri

Déclaration donnée par Fadlallah au sujet de la crise politique actuelle au Liban

Le problème du Liban est dans le soutien américain et français à Israël et dans l’hypocrisie internationale

Fadlallah : L’extérieur peut fournir du soutien financier et verbal, mais il ne construira pas la paix intérieur au Liban !

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a donné une déclaration sur les perspectives de la crise actuelle sur la scène libanaise au début de l’année. On lit dans cette déclaration :

Cette année est, peut-être, l’une des plus difficiles pour le Liban et la région, du fait que la région est entrée dans une phase charnière. Tout le monde s’accorde sur le fait que le Liban affecte et subit les conséquences de cette phase. Il ne semble pas que la question ferait partie de manière essentielle du dialogue des axes régionaux et internationaux, ce qui risque d’allonger la durée du blocage des perspectives politiques sur les plans intérieur et régional, avec la prise en compte de l’entrée des grands axes internationaux sur la lignes des crises intérieures. Cela est clair dans l’entrée en force de l’axe américain et français sur la ligne de la crise libanaise.

Pour cette raison, et tout en ne pouvant pas nier l’existence d’un accrochage politique au niveau des axes dans la région, accrochage dont les effets sont sentis au Liban, nous pensons que le problème n’est pas, comme le voit le président français, viendrait des pays voisins du Liban, mais des pressions internationales, notamment américaines et françaises, exercées sur ce petit pays pour le compte de l’entité israélienne voisine du Liban, entité qui a eu une couverture sans précédent de la part des Etats-Unis et de l’Europe lors de son agression contre le Liban. Les retombées de cette guerre continuent de se succéder en raison de l’action internationale qui se comporte avec hypocrisie en prétendant qu’elle soutient l’expérience démocratique au Liban, car elle ne perçoit la situation au Liban que sous l’angle acceptable pour Israël.

Nous ne trouvons pas dans l’insistance française à prendre le train américain au Liban quelque chose qui pourrait servir la France ou changer la donne dans son intérêt ou dans celui des Libanais. C’est plutôt le contraire qui se passe car si la France est intéressée par la récupération de sa place au Liban à travers la coordination totale avec l’administration américaine, elle doit savoir que les Etats-Unis ne lui permettront pas de jouer un rôle indépendant. Ils la laisseront à la marge de leur politique au Liban, comme elle est maintenant à la marge de la politique de l’administration américaine dans la région.

Cette entrée, de temps à autre, sur la ligne de la crise libanaise ressemble à l’administration à un malade de quantités supplémentaires de tranquillisants ou de vitamines au lieu de lui faire une opération chirurgicale. C’est pour cette raison que le Liban continuera d’évoluer sur la voie de la crise actuelle au sujet de laquelle une nouvelle résolution internationale sera votée puis concrétisée à Paris 3, sans que cela ne permette d’évoluer, de pas fermes et clairs, sur la ligne de la solution politique.

D’où, les sermons internationaux et arabes qu’on adresse aux Libanais continueront pendant les semaines à venir et seront accompagnés d’appels selon lesquels les Libanais devraient se hâter de résoudre leurs problèmes eux-mêmes, même si certaines parties exercent des pressions sur les Libanais pour faire reculer la solution ou pour empêcher tout effort dans le cadre d’un mécanisme nouveau de solution. Cela ne signifie pas que les Libanais ne sont pas en mesure d’inventer des solutions, bien qu’un tel choix exigerait, de la part des responsables libanais concernés, une décision courageuse, et de la part des Arabes, d’assimiler les leçons de la blessure saignante dans la région, blessure provoquée par les Américains et qui est sur le point de s’étendre vers les lignes arrières des Etats-Unis.

Le Liban ne pourra pas être construit par des alliances avec des puissances extérieures hostiles à la Nation, mais par l’alliance des toutes ses forces intérieures sur la base d’un minimum de dénominateurs communs. Car l’extérieur complice et comploteur peut fournir un soutien financier et verbal, mais il ne construira pas une paix intérieure. Il ne veut pas la paix au Liban. Il veut que le Liban soit un pays dépendant facile à manipuler pour le compte de ses intérêts dans la région, ou un pays qui emprunte une voie qui ne dérange pas Israël, ou encore un pays instable et utilisable au service des pressions sur des parties arabes et islamiques.

Les Libanais n’ont pas d’autre alternative que la participation effective de la part de toutes les parties libanaises à la construction du nouveau Liban, surtout dans le contexte des secousses politiques et sécuritaires qui frappent la région. Sinon le Liban sera un pays chaotique ou un pays producteur de discordes ambulantes qui n’aboutiront à la perte d’une partie bien déterminée, mais à la chute du temple politique, sécuritaire et économique libanais sur les têtes de tous.

Le Bureau d’information de l’Autorité religieuse
As-Sayyid Muhammad Hussein Fadlallah

Beyrouth, le 18 dhû al-hijja 1427 H / 8 janvier 2007 ap. J. C.