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Fadlallah conseille Siniora et Hariri : Soyez Rafic Hariri

Deux émissaires du premier ministre et du président de « al-Mustaqbal » rendent visite à l’Autorité religieuse chiite

Les occupations de son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, s’élargissent pour couvrir la totalité de la scène islamique et ses crises. Il a minutieusement poursuivi, ces derniers jours, l’évolution de la situation en Somalie et ses répercussions sur le continent africain et sur la situation générale dans le monde arabe et musulman. Il a poursuivi également la situation en Iraq et les retombées de l’exécution de l’ex-président Saddam Hussein, eu égard au moment choisi et à la manière avec lesquels cette exécution a eu lieu dans les conditions, selon l’entourage de son Eminence, de « la crainte de l’aggravation des menaces du jeu confessionnel que les Américains cherchent à répandre dans toute la région ».

Pourtant, cela n’a pas empêché son Eminence de porter un intérêt particulier à la situation au Liban, notamment à la situation dans les milieux musulmans et à la montée de la tension confessionnelle, ce qui a exigé, de la part de son Eminence et de son équipe de travail, une mobilisation visant à « contenir tout ce qui pourrait fissurer la relation entre les Sunnites et les Chiites au Liban ». Son Eminence est en l’occurrence une personnalité de dialogue ouverte à toutes les confessions et au-delà des confessions, mais il se considère comme responsable tout particulièrement de la scène musulmane. Il se sent très ému lorsqu’il entend tout ce qui pourrait jeter de l’huile confessionnelle sur le feu politique, et cela l’incite à agir pour l’empêcher ».

Après les trois appels qu’il a adressés pendant ces deux dernières semaines, primo, à la Nation, à travers « le message du Pèlerinage », secundo, aux savants religieux sunnites et chiites et, tertio, aux Libanais à l’occasion des fêtes, il parait que son Eminence ait entendu des paroles « douces » émanant de la partie opposée, et ait reçu des hommages de la part du premier ministre Fouad Siniora.

Ces hommages ne se réduisent pas aux deux contacts effectués par Siniora avec as-Sayyid Fadlallah, une fois pour se rassurer sur sa santé, et l’autre fois pour le féliciter à l’occasion des fêtes. De plus, le premier ministre a envoyé à Fadlallah un émissaire qui a tenu à transmettre l’avis de Siniora au sujet des événements en cours tout en sollicitant « l’intervention de son Eminence pour une solution définitive au moyen d’une médiation, des conseils ou autres ». Cela a été représenté aussi par une visite d’un émissaire envoyé par le président du bloc parlementaire « al-Mustaqbal », Sa’d Hariri.

Des sources proches de l’Autorité religieuse chiite ont assuré que Siniora a tenu, par l’intermédiaire de son émissaire, à affirmer qu’il est « d’accord avec chaque mot prononcé par son Eminence dans ses appels pour l’unité, qu’il est prêt à faire ce qu’il pense être opportun, surtout en ce qui concerne la question de l’unité islamique, et qu’il est à la disposition de son Eminence sur ce plan ». L’émissaire a entendu de la part de son Eminence des conseils parmi lesquels « les savants religieux ne devraient pas s’engager dans les climats politiques afin de les orienter confessionnellement, y compris l’usage du Sérail gouvernemental à cette fin, car il est ridicule de présenter la question comme s’il s’agissait d’un problème entre Sunnites et Chiites, et ce dans la mesure où le gouvernement est un gouvernement libanais qui appartient à tout le Liban ».

Les mêmes sources ont laissé entendre que l’émissaire du premier ministre a transmis la crainte de Siniora au sujet d’un rôle « bloqueur » du onzième ministre, « mais il a entendu, de la part de Fadlallah, des parole rassurantes selon lesquelles il a reçu, de la part de Hezbollah des affirmations garantissant qu’il ne s’agira nullement de blocage, mais d’une vraie participation susceptible de rétablir la confiance de toutes les parties ». Son Eminence a chargé l’émissaire de transmettre à Siniora un message affirmant, en substance, « que la phase actuelle a besoin d’un héros, et vous pouvez être ce héros », tout en lui demandant avec insistance « d’emprunter la voie de Rafic Hariri qui était génial dans ses solutions simples aux problèmes les plus compliqués et dans ses manières de triompher des difficultés et de trouver des dénouements heureux, alors qu’on cherche à nous voir maintenant au Liban rendre plus compliqué ce qui est déjà simple ».

Quant à l’émissaire de Hariri, il a été chargé de transmettre au jeune député une invitation « à parler à la base populaire sur un ton qui refuse la logique confessionnelle, et non pas seulement en l’appelant à protéger l’unité islamique ». Son Eminence a insisté en outre sur la nécessité « de stopper le bombardement médiatique qui provoque la question confessionnelle » estimant que « la nécessité s’impose d’aller sur le terrain pour empêcher ce bombardement ». Selon son entourage, cette demande a été adressée par as-Sayyid Fadlallah à toutes les autres parties concernées.

Fadlallah a ajouté en adressant cet appel à Hariri un conseil lui disant : « Sois Rafic Hariri ».

Tout cela s’ajoute à d’autres messages et conseils envoyés par Fadlallah dans toutes les directions et à toutes les parties concernées. Mais les milieux proches de Fadlallah n’ont pas avoué s’il est ou non en train de mener une médiation générale et globale dans les conditions de la diversité des médiations et de la perpétuité de l’impasse.

 

Le Bureau d’information de l’Autorité religieuse
As-Sayyid Muhammad Hussein Fadlallah

Beyrouth, le 14 dhû al-hijja 1427 H / 4 janvier 2007 ap. J. C.