Page principale

LES FIANÇAILLES

 

Dans leur sens courant, les fiançailles sont un accord de principe, entre un homme et une femme, portant sur la conclusion d'un mariage sans qu'un contrat de mariage ne soit établi. Cela ne constitue pas une relation légale qui ferait que la situation des fiancés soit, après les fiançailles, différente de ce qu'elle n'était avant les fiançailles. Après les fiançailles l'homme reste ajnabi (étranger) par rapport à la femme et elle le reste de même par rapport à lui, exactement comme il en était avant cet accord et ce du fait qu'il n'y a rien de plus qu'un accord de mariage, sans que cet accord ne permette aucun contact ou rapport légalement permis.  

A la lumière de ces considérations, toutes les réserves légales concernant la réunion seul à seul des deux fiancés sont valides après les fiançailles comme elles l'étaient avant. Pour cette raison, si les deux parties veulent vivre une expérience de profonde connaissance mutuelle, à travers laquelle chacun d'eux puisse-t-il s'ouvrir aux spécificités de l'autre, sur les plans psychologiques, moraux et pratiques, il est nécessaire pour elles de procéder à la conclusion d'un contrat légal. Ce contrat légal peut être un contrat de mariage temporaire, selon les conditions en vigueur, pour ceux qui croient à la légalité d'un tel mariage, ou un contrat de mariage permanent selon les conditions légales de ce mariage. Si les deux parties veulent que l'affaire prenne une forme différente, il leur est possible aussi de conclure un contrat de mariage permanent qui constitue un passage à un autre mariage permanent. Ce sont là les seuls moyens qui permettraient aux deux fiancés de se rencontrer et de se contacter sans entraves et sans s'exposer à des problèmes légaux dans ce domaine. Dans cette situation et conformément au contrat de mariage, la fiancée a la statut de l'épouse dans tous les sens du mot. De son côté, le fiancé a le statut de l'époux, dans tous les sens du mot. Il est seulement possible de poser des conditions implicites au contrat de mariage qui ne donnent pas à l'homme, durant la période fixée, le droit de jouir physiquement de sa femme sous aucunes des formes courantes et reconnues dans ce domaine. La femme a le droit de poser cette condition implicite comme elle peut y renoncer après l'avoir posée. En y renonçant, le contrat devient celui d'un mariage légal sans réserves aucunes, en ce qui concerne les affaires de la jouissance physique. 

Il existe un point de vue jurisprudentiel qu'affirme as-Sayyid al-Khu'i et qui dit que –durant la période du contrat de mariage séparant le moment de la conclusion du contrat de celui du début de la vie commune dans la maison conjugale- l'homme n'a pas l'obligation d'entretenir financièrement celle qu'on appelle sa fiancée ou son épouse. L'entretien financier n'est pas obligatoire durant cette période, car il existe une condition implicite en vertu de laquelle la prise en charge financière ne commence qu'après le début de la vie commune dans la maison conjugale. Cela se passe, bien sûr, dans la société où cette condition est en vigueur. Quant aux sociétés qui ne connaissent pas ce genre de conditions, les réserves mentionnées plus haut peuvent ne pas exister. L'important est que le contrat de mariage fasse des deux parties deux époux au plein sens du mot et selon les conditions posées par chacun à l'encontre de l'autre, que ces conditions soient implicites et reconnues par les deux parties en vertu d'un accord, ou acceptées par elles conformément à une règle ou à un contrat, même si celui-ci ne stipule aucune sanction en cas de transgression ou d'atteinte portée par l'une ou l'autre partie au contenu de l'accord. Il est tout à fait possible que la femme abandonne les conditions qu'elle avait posées. Même si les parents de l'épouse posent une condition que cette dernière abandonne par la suite, ceux-là n'ont pas le droit de s'y opposer même si cette condition est en rapport avec la dot fixée lors de la conclusion du contrat de mariage.