Le Sermon du vendredi > La patience comme fondement de la foi
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Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le sermon du Vendredi

 

Les deux sermons du Vendredi prononcés par Son Eminence, l'Autorité religieuse, sayyed Muhammad Hussein Fadlallah, de la mosquée de al-Imâmayn al-Hassanayn à Haret Hreik, le 14 safar 1431 / 29 janvier 2010 en présence d'une foule dense de personnalités religieuses, politiques, sociales ainsi que de croyants.

Le premier sermon

La patience comme fondement de la foi

La patience et la frayeur

L'Islam a donné une grande importance à la question morale. Le Noble Coran évoque beaucoup d'instances en relation avec cette question. Il a signalé parmi elles deux instances qui prennent le devant de la scène lorsque l'homme se trouve aux prises avec les difficultés et les défis. La première est la patience et la seconde est la frayeur. Pour ce qui est de la patience, elle traduit l'équilibre et la conséquence lorsque l'homme se trouve en confrontation avec les questions de la vie avec tous ces problèmes, douleurs et peines. Quant à la frayeur, elle représente le recul de l'homme devant le problème, lorsqu'il se trouve dans l'incapacité de faire face aux problèmes fondamentaux de sa vie.

On trouve dans notre patrimoine un Hadîth de l'Imâm 'Alî (p) qui dit : "La patience est, par rapport à la foi, comme la tête par rapport au corps. Comme un corps ne sert à rien sans tête, la foi ne sert à rien sans la patience". Un autre hadîth de l'Imâm 'Alî (p) dit : "Celui que la patience ne sauve pas, sera anéanti par la frayeur". La frayeur est donc une chose négative avec laquelle l'homme recule devant les situations difficiles qu'il rencontre dans sa vie.

Les types d'épreuves

Pour cette raison, Dieu, à Lui la Grandeur, nous demande de vivre la patience de toute notre force, avec ouverture et conscience. Il nous faut être patients sur tous les plans : Etre patients en obéissant avec persévérance; être patients en nous interdisant de commettre des péchés; être patients face aux épreuves. Dieu a fait de la patience le fondement de Sa satisfaction et l'un des moyens de se rapprocher de Lui. Dieu, le Très-Haut, dit dans Son Livre : ((Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution dans vos biens, votre personne et vos fruits ! Portez-en la bonne nouvelle aux patients. A ceux qui, lorsqu’un malheur les touche, disent : Nous appartenons à Dieu, nous retournerons à Lui)) (Coran II, 155-156).

Beaucoup de défis, de problèmes et de drames se dressent devant l'homme dans cette vie. Il se trouve ainsi en confrontation tantôt avec la peur, tantôt avec la faim, tantôt avec la mort. Dieu demande à l'homme de prendre, dans ces situations, une position qui est celle de la foi et de la conscience. Il doit être persuadé que Dieu a institué la vie sur la base des lois qu'Il y a déposées. La vie n'est pas toute faite de difficultés, ni toute faite de facilités. Elle est plutôt une difficulté sur la voie qui conduit à la facilité, elle est la facilité à laquelle donne le chemin des difficultés, elle est l'aboutissement des difficultés. Si l'homme trouve quelques difficultés lors de son parcours vers Dieu -Nous sommes tous sur la voie qui mène à Dieu-, s'il se trouve accablé par les charges et les responsabilités, il lui est alors indispensable d'avoir recours à la patience, pour ainsi étayer sa volonté et l'affermir pour pouvoir prendre une position ferme et équilibrée, pour se constituer une personnalité conséquente.

((Nous vous éprouverons – nous vous testerons pour vérifier la force de votre volonté/par un peu de peur – qui brave le sentiment en vous de paix intérieure, qui vous empêche d'avoir le calme spirituel et la sécurité extérieure dans votre vie, et vous oblige à vivre le secouement physique et le danger politique, économique et militaire – de faim – nous vous éprouvons par la faim qui est la situation dans laquelle vous serez privés de votre nourriture nécessaire – et de diminution dans vos biens – les différentes sortes de pertes subies par l'homme suite aux catastrophes, aux guerres et autres – votre personne – vos hommes, femmes et enfants victimes des guerres, des maladies, des séismes, des volcans et des catastrophes des moyens de transport aériens, maritimes ou terrestres, à l'instar de la catastrophe actuelle que représente pour nous le désastre de l'avion éthiopien – et vos fruits! – qui représentent la prospérité dans la vie de l'homme. Portez-en la bonne nouvelle aux patients – Les patients qui ont des attitudes fermes, qui possèdent la force de résister aux épreuves, de se révolter contre les privations et qui restent inébranlables devant les calamités, et qui continuent de servir leur message dans la vie sans recule et sans déviation.

Il s'agit d'une épreuve décidée par la volonté et la prédestination de Dieu, à travers les lois naturelles déposées par Dieu dans l'univers. L'homme ne peut que souffrir s'il vit dans des conditions dans lesquelles pullulent des souffrances; il ne peut qu'avoir faim là où s'installe la famine, et il ne peut qu'avoir peur la où sévit la peur.

Bonnes nouvelles aux patients

Dans toutes ces conditions, une bonne nouvelle est destinée aux patients. A ceux qui, lorsqu’un malheur les touche – à travers les causes naturelles qui interviennent par la volonté de Dieu – disent : Nous appartenons à Dieu – nous sommes Ses sujets et nous nous baissons devant Sa volonté – et nous retournerons à Lui, car nous sommes tous en chemin vers Dieu)). ((Tout homme goûtera la mort)) (Coran XXI, 35).

((Sur ceux-là (veillent) les prières de leur Seigneur et Sa miséricorde ; Dieu prie sur les croyants, comme Il prie sur Son Messager (P), et la prière de Dieu est la miséricorde qu'Il offre à Ses serviteurs, les soins qu'Il leur procure, les maux dont Il protège et les besoins qu'Il leur satisfait –ce sont eux qui bien se guident – ils sont ceux qui gardent leur équilibre sur le chemin du vrai, qui y supportent toutes les difficultés et les douleurs, qui avancent vers Dieu et se rapprochent de Lui pour occuper les places de Sa satisfaction)) (Coran II, 155-157).

Le second sermon

 

La Palestine, entre l'occupation sioniste et le siège arabe 

Sur la scène palestinienne, on voit une photo riche d'expression du Premier ministre de l'entité israélienne ennemie qui plante l'arbre du nouveau projet de colonisation sioniste, affirmant ainsi la perpétuité, "éternelle" de la présence de l'occupation et des colonies sur les corps des Palestiniens. Au même moment, un responsable arabe monte sur la tribune pour défendre le mur en acier qu'il a nommé "constructions qui protègent la souveraineté et la sécurité nationale". L'ennemi poursuit ainsi son projet alors que les régimes arabes continuent la construction des murs qui protègent l'entité ennemie et qui étouffent le peuple palestinien le privant de son pain quotidien et de ses moyens légaux de défendre sa vie !!

Judaïsation du Naqab (Néguev) et d'Hébron

Parallèlement à ce qui se passe en Cisjordanie, l'ennemi lance un nouveau plan visant à judaïser le Naqab et Hébron. Le Premier ministre de l'entité ennemie a entériné l'octroi aux soldat sionistes des autorisations gratuites de construction sur les terres de ces deux régions, en vue d'affirmer la judaïté de l'entité, de chasser les Arabes et d'imposer un nouvel ordre accompli qui couvrirait les allégations sur la poursuite des négociations qui donneront lieu à davantage de négociations qui restent sur le papier, alors que l'ennemi renforce son emprise sur le reste des territoires.

C'est toujours le jeu israélo-américain où les deux parties se partagent les rôles, jeu qui commence à voir le jour avec les propositions de l'émissaire du président américain au sujet des négociations, lors de sa dernière visite effectuée dans le but de ce qu'il a appelé "l'amélioration des conditions de vie des Palestiniens en Cisjordanie". Cette entreprise est un calque du plan de Netanyahu qui a proposé aux Palestiniens des facilités économiques en échange de leur aval donné à davantage de projets de colonisation qui conduisent à la liquidation totale de la cause palestinienne.

Nous mettons en gardes toutes les parties, y compris celle qui s'oppose à la volonté de son peuple en prétendant tenir à la souveraineté, et nous affirmons que la chute de la cause palestinienne pour le compte de l'ennemi conduira à l'effondrement de tous les murs devant son avancée, ce qui les encouragera à anéantir le reste de la souveraineté arabe et de la sécurité nationale au profit de sa sécurité qui va au-delà de l'Océan et du Golfe.

L'Iraq se noie  dans le sang

Non loin de la Palestine, se présente le drame des Iraquiens que l'occupation, d'une part, et les groupes du meurtre, du crime et de la sauvagerie, d'autre part, cherchent à utiliser comme des bûches à brûler pour cuisiner des plans de déchirement destinés à prolonger la durée de l'occupation, et à conduire les élections à venir convenablement aux exigences des axes et des forces hostiles à la Nation, forces qui tiennent à vouloir la faire noyer dans une mer de sang par le biais d'attentats haineux que les acteurs oublient l'occupation et dirigent leurs coups meurtriers vers les civils et les innocents parmi leur peuple et les siens.

Nous avertissons que l'Iraq constitue la deuxième parmi les étapes de pressions après la Palestine occupée. On cherche à l'utiliser comme un laboratoire pour tester des projets internationaux et régionaux non encore achevés et dont les feux ne sont pas encore éteints. Les Iraquiens, toutes appartenances et tendances comprise, devraient s'unir pour mettre en échec ces plans et ses projets qui mettent le peuple devant deux choix dont l'un est plus amer que l'autre : Se soumettre aux conditions de l'occupation avant son retrait, ou atteler le processus politique et électoral à la locomotive de l'occupation et ses passager tout au long et large de la région. Le choix du peuple iraquien a toujours été l'unité sur la voie de la dignité et de la souveraineté, et nous ne pensons pas qu'il cédera cette option pour le compte de l'occupation et ses laquais.

Liban : pour rendre plus solides les liens de l'amour

Pour ce qui est du Liban, il s'expose actuellement à un genre nouveau de test que représente la catastrophe de l'avion qui a uni les Libanais sous les signes du drame et des douleurs, à travers l'interaction avec les familles endeuillées, interaction qui a constitué une image vivante de ce peuple poursuivi par les force d'agression et d'occupation, par les guerres, les crises économiques et les désastres majeurs. Ce peuple qui, en dépit de toutes ces épreuves, reste ferme et conséquent, même aux moments où il se trouve endeuillé par la perte de ses meilleurs citoyens, ses cadres les plus éminents et ses plus grandes potentialités.

Nous disons aux responsables : Ce désastre qui vous a réunis, qui a mobilisé toutes les capacités de l'Etat, représente un message qui vous est adressé afin que vous vous mettiez en action pour le compte de ce peuple en prenant des mesures pratiques qui fonde la construction d'un Etat puissant et juste qui couve tous ses citoyens et potentialités. Un Etat qui ne jette pas ses citoyens dans la mer, qui ne les laisse pas en proie à leur destinée sur le chemin des souffrances pour trouver le pain quotidien. Un Etat qui construit l'avenir pétrit à la sueur de la dignité qui coule sur des fronts marqués par l'effort et le jihâd, des fronts dont la lueur est meurtrie par la mort.    

Date: 29/01/2010 A.D 14/02/1431 H

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