Le Sermon du vendredi > L'Imâm Zayn al-'Abidîn (p): Science, piété et jihâd!
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Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le sermon du Vendredi

Les deux sermons du Vendredi prononcés par Son Eminence, l'Autorité religieuse, sayyed Muhammad Hussein Fadlallah de la mosquée de al-Imâmayn al-Hassanayn à Haret Hreik, le 22 muharram 1431 / 08 janvier 2010 en présence d'une foule dense de personnalités religieuses, politiques, sociales ainsi que de croyants.

 

Le premier sermon

L'Imâm Zayn al-'Abidîn (p): Science, Piété et Jihâd!
 

L'Imâm (p) et les diverses dimensions de sa personnalité

Nous célébrons, au vingt-cinquième jour du mois de muharram, l'anniversaire de la mort de l'Imâm 'Alî Ibn al-Hussein, Zayn al-'Abidîn (p). Il est le quatrième parmi les Imâms appartenant aux Gens de la Maison (p). Il est l'Imâm qui n'est connu, pour beaucoup de monde, à travers toutes les dimensions de sa personnalité, qui n'est connu qu'à travers les récits qui le présentent en tant que celui qui a tant pleuré son père l'Imâm al-Hussein (p), celui qui n'a jamais été servi à manger sans qu'il ne mélange sa nourriture à ses propres larmes… Récits qui ne reflètent pas toutes les valeurs que prônaient les Gens de la Maison (p), qu'ils s'employaient à en doter l'homme de foi, qui ne reflètent pas non plus toute leur action sur la ligne de la responsabilité vis-à-vis de l'Islam et de l'appel à l'Islam.

L'Imâm fut le professeur de son époque sur le plan scientifique. Ses œuvres sur le plan culturel et intellectuel et dans les autres domaines de la connaissance sont, peut-être, beaucoup plus nombreuses que ses œuvres sur le plan des invocations. Dans son livre intitulé "al-Irshâd", as-Sheikh al-Mufîd écrit à son compte : "Les jurisconsultes ont rapporté de lui d'innombrables sciences. Il a émis des sermons, des invocations, des paroles au sujet des vertus du Coran, du licite, de l'illicite, des récits de guerre et d'histoire qui sont très connus par les savants". De plus, lorsque nous dénombrons ses disciples, nous trouvons qu'ils étaient présents au niveau des diverses spécialités et domaines de la connaissance, comme l'histoire, la philosophie, la jurisprudence et autres.

Les invocations de l'Imâm (p) sous leur aspect culturel 

L'Imâm (p) fut le premier à promulguer l'invocation dans sa dimension culturelle. Il a mis l'accent dans le contenu de l'invocation sur la doctrine islamique, la conduite, les valeurs, la moralité, la spiritualité et la responsabilité, ce qui aide l'homme à connaître davantage Dieu, et à être plus conscient de soi-même et de sa vie dans tous les domaines.

C'est pour cela que nous appelons à l'étude des invocations de l'Imâm (p) et à les lire en profondeur, surtout son recueil d'invocation intitulé "as-Sahîfa as-sajjâdiyya" en tant que production spirituelle qui enrichit l'apport culturel de l'islam. Certains y voient une nouvelle méthode parmi les méthodes d'appel à l'Islam et à l'assainissement social, et cela grâce aux allusions philosophiques, aux vues sociologiques, aux méthodes morales, aux inspirations spirituelles et aux avis politiques contenus dans ces invocations. C'est en cela que l'Imâm (p) y a réuni les éléments spirituels, sociaux, moraux et politiques afin de nous apprendre que rencontrer Dieu et L'invoquer ne signifient pas que nous devons nous isoler et rompre avec la vie.

La confrontation  avec les tyrans   

Tout en cumulant dans sa personnalité toute la spiritualité et tout l'ascétisme, l'imâm (p) fut aussi puissant -par la puissance de Dieu- face à tous les tyrans de son époque. Cela se traduit par son attitude face à 'Abdulamalik Ibn Marwân qui lui a écrit lui demandant de lui offrir l'épée du Messager de Dieu (P). Refusant de la lui offrir, l'Imâm a reçu de la part de 'Abdulamalik une lettre dans laquelle il l'a menacé de ne plus lui payer les soldes que lui devait le trésor public. Alors l'Imâm (p) lui a répondu : "Dieu a assuré aux pieux une issue de ce qu'ils craignent et des subsistances qui leur proviennent là où ils ne s'y attendent pas". Et d'ajouter : Dieu a dit : ((A celui qui craint Dieu, Dieu trouvera un secours)) (Coran LXV, 2), et ((Dieu n'aime pas quiconque qui est traitre et mécréant)) (Coran XXII, 38). Regarde donc qui, auquel parmi nous deux ces deux Versets s'appliquent le plus !".

L'Epître des droits : Un système humain intégral

Pour ce qui est de son ouvrage, "l'Epître des droits", l'Imâm (p) avait pour but de la mettre à la disposition de la Nation pour ainsi l'instruire au sujet des droits légaux des uns envers les autres, droits qui sont nécessaires pour l'équilibre des relations humaines. Nous avons besoin de bien lire cette épître pour vivre dans notre vie le sens de la responsabilité.

On sait que l'Imâm (p) achetait des esclaves des deux sexes et les affranchissait après les instruire pour promouvoir leur situation et les mettre à l'abri de la pauvreté. Cela leur permettait de s'intégrer dans la société en tant qu'organes utiles qui savent appeler à l'Islam. C'est pour cela qu'on peut donner à l'Imâm Zayn al-'Abidîn (p) le nom du "Libérateur des esclaves".

Il existe dans les faits et gestes de l'Imâm Zayn al-'Abidîn (p) beaucoup plus qu'un monde ouvert à Dieu, à l'homme et à la vie,  beaucoup plus qu'un horizon porteur de pensée, d'esprit, d'amour divin et de gnose spirituelle, beaucoup plus qu'un lieu rempli de moralité, d'ambiances humaines et de méthodes pratiques.

Que Dieu ait dans Sa miséricorde notre Imâm Zayn al-'Abidîn (p), le jour où il est né, le jour où il est mort et le Jour où, vivant, il sera ressuscité.   

Le second sermon

La cause palestinienne, prisonnière des conditions israéliennes

La cause palestinienne entame actuellement une étape qui fait partie des étapes les plus dangereuses pour le peuple palestinien. Des mesures pratiques sont déjà prises pour conclure une solution humiliante selon laquelle les Arabes des régimes accepteront les conditions israéliennes qui seront modifiées en apparence pour conserver leur même contenu en ce qui concerne, tout particulièrement, les questions d'al-Qods, de la judaïté de l'entité et des réfugiés, avant d'aboutir à la question de la colonisation qui se poursuit actuellement d'une manière massive. La dernière évolution dans ce domaine fut l'annonce du lancement de la construction de 24 unités de peuplement dans la région du Mont d'Olivier à al-Qods occupée.

Au moment où la colonisation dont la dynamique se poursuit d'une manière qui fait de la création de l'Etat palestinienne un rêve impossible à réaliser, surtout après l'isolement de al-Qods par rapport à son voisinage ambiant, et après la division de la Cisjordanie en innombrables parcelles séparées les unes des autres, le siège israélien et international imposé à Gaza et soutenu par les Arabes se poursuit de plus belle. Cela se fait par la construction de barrières et de murs supplémentaires, par la fermeture des artères de la vie et des points de passage, par la mise sur place de maintes entraves destinées à bloquer les convois humanitaires et par les contraintes imposées à la circulation vers les civils assiégés à Gaza des produits alimentaires et médicaux essentiels. Tout cela se passe dans le cadre d'un processus continu qui contredit les plus simples des règles de la loi internationale, mais aussi des valeurs humaines et morales.

Partenariat des Arabes et de l'occupant      

De plus, nous distinguons dernièrement des efforts arabes actifs visant à pousser les Palestiniens à négocier avec les sionistes. Nous mettons en garde contre ce nouveau partenariat arabe avec Washington et Tel Aviv visant à contourner les Palestiniens et à les conduire à nouveau vers le tunnel obscur que l'ennemi mettra à son profit pour gagner du temps, pour mettre en application la totalité de ses plans de colonisation, pour avorter complètement le projet de l'Etat palestinien et pour esquiver les critiques internationales même si ces dernières sont timides et dénuées de tout véritable contenu politique.

Occupation masquée

Parallèlement à tout cela, nous assistons à l'amplification par les Américains de certains événements en vue de justifier de nouvelles ingérences dans les efforts du monde arabe et islamique. En disant que la situation au Yémen constitue une menace pour le monde, la secrétaire d'Etat américaine trahit l'envergure de la tendance américaine à intervenir dans les affaires du Yémen pour l'utiliser comme tête de pont pour envahir d'autres positions dans la région arabe et islamique. Avec la nouvelle administration américaine, nous pensons que nous sommes entrés dans une nouvelle phase qui est celle de l'invasion masquée dirigée par les services de renseignement américains, après avoir assisté, avec Bush, à l'occupation France et directe.    

Tout en insistant sur l'illicéité de s'attaquer aux civils et aux moyens de transport dans le monde, et tout particulièrement au transport aérien, par des attentats ou des menaces, nous appelons à examiner rigoureusement les versions américaines à ce propos. Nous n'écartons pas la possibilité d'une nouvelle amplification américaine d'incidents de ce genre pour justifier des attaques supplémentaires contre la sécurité arabe et islamique. Nous appelons donc les responsables arabes et musulmans ainsi que les peuples musulmans et arabes à être vigilants face à cette grave évolution qui a commencé ces derniers jours à avoir lieu.

Liban : Le partage règne sur les nouvelles nominations

Pour ce qui est du Liban où le partage régnait en maître sur la distribution des portefeuilles ministériels, et même sur certains aspects de la question électorale, ce même partage sera également l'idylle des nominations administratives. Il en est ainsi même si les suggestions et les propositions viennent d'ici de là pour répandre l'impression que nous ayons dépassé l'époque du partage direct pour une nouvelle étape dans laquelle le club politique libanais introduirait de nouveaux titres et des discours différents mais pour aboutir aux mêmes résultats.

Des noms ont changé, et une diversité de parties s'est installée, mais nous continuons à tourner au cœur de la même spirale. Nous constituons au Liban une place que l'extérieur ne lui permet pas de se transformer en Etat, que l'intérieur ne fait pas beaucoup d'efforts pour protéger la patrie et pour entamer la marche vers la véritable Etat. Entre ceci et cela on se partage le fromage et on distribue les parts aux plus influents, alors que les grandes causes se perdent dans les petits coins des grands labyrinthes.         

Le 08/01/2010 Ap. J. C / 22/01/1431 H

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