Le Sermon du vendredi > La Consultation en Islam
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Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le sermon du Vendredi

 

Les deux sermons du Vendredi prononcés par Sayyed 'Alî Fadlallah à la place de Son Eminence, l'Autorité religieuse, sayyed Muhammad Hussein Fadlallah, de la mosquée de al-Imâmayn al-Hassanayn à Haret Hreik, le 15 muharram 1431 / 01 janvier 2010 en présence d'une foule dense de personnalités religieuses, politiques, sociales ainsi que de croyants.

 

Le premier sermon

La consultation en Islam

Ils délibèrent au sujet de leurs affaires

Dieu, le Très-Haut, dit dans Son Noble Livre : ((Ceux qui auront répondu à l'appel de leur Seigneur, qui auront observé la prière, qui auront délibéré en commun sur leurs affaires et qui auront fait des largesses des biens que nous leur avons accordés)) (Coran XLII, 38).  Il dit aussi : ((Tu as été doux à leur égard par une miséricorde de Dieu. Si tu avais été rude et dur de cœur, ils se seraient séparés de toi. Efface leurs fautes, implore pour eux le pardon, consulte-les sur l’affaire. Mais quand tu auras pris ta décision, remets-t-en à Dieu. Dieu aime ceux qui s’en remettent à Lui)) (Coran III, 159).

Dans ces deux Versets, Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire, affirme que la consultation représente une ligne islamique qui englobe tous les domaines de la pensée et de l'action dans la société islamique. Cela fait que les affaires des Musulmans soient réglées par la délibération qui leur ouvre de grandes possibilités de connaître ce qui est bon et ce qui mauvais, grâce aux diverses idées que chacun avance à partir de sa position intellectuelle et culturelle.

Consultation ou despotisme?

Cela permet à la société islamique de se prémunir contre le despotisme, et personne ne peut ainsi imposer sa volonté, dans la mesure où délibérer avec les autres devient une voie pratique pour atteindre la vérité nécessaire pour la bonne marche de la vie. Le gouverneur ne peut pas imposer ses décisions, mais il se réfère à des personnes avisées, expérimentées et loyales pour écouter leurs avis en ce qui concerne les affaires publiques. Cela lui procure plus de clairvoyance et réduit considérablement l'éventualité de commettre des erreurs, et lui permet, après les consultations, de prendre décision. Dieu, le Très-Haut, l'a exprimé en disant : ((... Mais quand tu auras pris ta décision, remets-t-en à Dieu)).

D'où, on peut dire que l'opposition en Islam doit prendre sa forme en tant qu'une sorte de consultation. Elle peut donner au gouverneur des conseils sur la base de la fidélité à l'élément commun qui est l'Islam. Là, exprimer son opinion cesse d'avoir pour but de démolir le pouvoir ou de l'affaiblir. Exprimer son opinion devient ainsi un moyen de conseiller, d'assainir et de coopérer en vue d'assurer le salut de la société islamique.

Hadîth islamiques au sujet de la consultation 

 

Il existe beaucoup de Hadîth émis par le Messager de Dieu (P) et les Gens de la Famille (p) qui insistent sur l'importance de la consultation. Le Messager de Dieu (P) a dit : "Il n'est pas un homme qui consulte les autres sans trouver la bonne voie". L'Imâm 'Alî (p) a dit : "Le Messager de Dieu m'a envoyé au Yémen et m'a fait la recommandation suivante : 'O 'Alî, celui qui consulte Dieu n'échoue jamais et celui qui consulte les hommes ne le regrette jamais". 'Alî (p) a dit aussi : "Celui qui se comporte en despote en imposant son avis finit par périr et celui qui consulte les autres participe ainsi à leurs raisons". Tout cela signifie que la consultation représente la voie du salut dans la vie de la société islamique au niveau des dirigeants et des dirigés.

L'Imâm 'Alî (p) a dit : "Le meilleur parmi ceux que tu consultes est la personne expérimentée". Celui qui est riche en expériences dans la vie peut te fournir ses conseils à partir de ses expériences qui enrichissent ta raison et qui guident ton expérience, ce qui met ta pensée à l'abri de l'erreur et ton action à l'abri de l'échec.

Sur la base de ces considérations, nous constatons que le Messager de Dieu (P) insiste sur l'importance de fournir des conseils aux autres. Ainsi, si quelqu'un te demande conseil, tu dois le lui fournir sans le duper ou lui mentir. Il a dit à ce propos: "Je suis l'ennemi de celui qui dupe les Musulmans en leur fournissant de mauvais conseils". L'Imâm as-Sâdiq (p) a dit: "Dieu prive de clairvoyance celui qui est consulté par son frère et qui ne lui fournit pas le meilleur conseil".

Le second sermon

 

Le siège arabe imposé à la Palestine

C'est par le portail de la Palestine occupée que la Nation s'engage dans sa nouvelle année toute ensanglantée par ses blessures et toute meurtrie par ses douleurs. L'ennemi israélien persiste à assassiner des civils sans armes à Naplouse et sur les frontières du district de Gaza sans que cela ne pose aucun problème dans les capitales du monde et chez à ceux qu'on donne la nomination des Etats décideurs.

Au moment où l'ennemi annonce le lancement de la construction de sept-cent nouvelles unités de peuplement en Cisjordanie, certaines portes arabes s'ouvrent devant le premier ministre de l'entité israélienne ennemie, et l'on se met à parler de ses positions avancées et de ses désirs nouveaux de négocier avec les Palestiniens. En même temps, les portent se ferment devant les convois d'aides humanitaires envoyés d'outre-mer vers Gaza. Des obstacles et des contraintes arabes se dressent devant ces convois. Et la construction se poursuit du mur d'acier qui est dorénavant devenu le symbole de sécurité nationale du pays arabe qui a tant et tant parrainé les causes de la Nation et son projet d'unité et de renaissance.

Il est vraiment honteux qu'au moment où l'ennemi israélien recourt à des manœuvres en vue de gagner du temps pour mieux modeler les faits sur le terrain, au moment où il continue d'oublier ses promesses en ce qui concernes les négociations illusoires et vaines, il est vraiment honteux de voir s'ouvrir devant lui les portes politiques et médiatiques arabes, à un moment où vont s'accélérant les drames humaines et sanitaires des Palestiniens, surtout à Gaza, suite au siège que des attitudes arabes et islamiques, et des actions sur le terrain, devraient voir le jour pour se révolter contre ce siège et pour le lever.

La tutelle américaine 

Parallèlement à tout cela, l'Agence Centrale des Renseignements Américains continue d'exercer sa tutelle sur maints régimes arabes et islamiques, tantôt sous le titre de l'entraînement de leurs forces armées dans le cadre de ce qu'ils appellent la lutte contre le terrorisme, tantôt en exerçant des pressions sur certains d'entre eux pour poursuivre la guerre contre telle ou telle partie. Cela ouvre les pays aux discordes, au chaos et à la violence sanguinaire, et se manifeste clairement au Pakistan où des catégories haineuses et manipulées se mettent à rendre le paysage encore plus sanguinaire en prenant pour cible les processions des Musulmans chiites qui célébraient Achoura', rendant ainsi un grand service aux ennemis de la Nation et au projet sioniste dont les teneurs agissent jour et nuit en vue de provoquer de grandes divisions dans la réalité islamique et de réveiller la question sectariste utile pour leurs plans haineux et leurs projets sanguinaires.

La crise mondiale de pauvreté

Sur un autre plan, et en ce qui concerne toujours notre Nation, nous assistons à une escalade terrible d'actes de violence et de conflits armés, et ce parallèlement à l'escalade terrible du nombre des démunis et des sans-abris. Les organisations internationales, arabes ou islamiques ne les prennent pas en considération, et leur présence massive au Yémen, en Somalie et au Soudan reste une marque de honte sur le front de la réalité arabe et islamique investie par les compagnies israéliennes et tripotée par les services de renseignement sionistes, une réalité dont les gouverneurs se montrent de plus en plus mous pour le compte des occupants et de plus en plus soumis aux conditions des arrogants injustes.

Liban, le dialogue d'abord! 

Pour ce qui est du Liban, nous espérons voir les voix qui appellent à la coopération et au dialogue s'élever au détriment de celles qui s'activent pour perturber la réalité intérieure et entraîner le pays vers l'époque des interminables polémiques que le communiqué ministériel aurait dû dépasser définitivement.

Le problème consiste dans le fait qu'une partie de Libanais oublie les menaces brandies par l'ennemi israélien, dont la dernière est celle du ministre de la guerre qui a évoqué la possibilité de lancer une nouvelle guerre contre le Liban au cours de l'année qui vient de débuter. La responsabilité incombe à tous les Libanais d'inciter cette partie à donner la priorité à l'intérêt du pays par rapport à l'intérêt de ceux qui complotent contre le Liban et les Libanais en provoquant des sensibilités sectaristes, ethniques ou autres, des sensibilités qui servent l'intérêt de l'ennemi israélien et les plans des arrogants qui cherchent à déchirer la réalité arabe et islamique.

Le 01/01/2010 Ap. J. C / 15/01/1431 H

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