Les actes de préparation du mort.

Dans ce chapitre, il y a une préface et six thèmes.

Préface.

Nous entendons expliquer, dans la préface, des choses préparant au thème des préparations du mort, l’explication sera comme suit:

1- L’obligation de faire un testament.

Q.251: Lorsque l’homme se sent aux portes de la mort de façon qu’il croit que sa fin est proche, il lui est obligatoire de se repentir immédiatement et d’honorer ses devoirs financiers envers Dieu et les gens, tels que le Khoms, la Zakat, les dépôts et autres devoirs de ce genre; s’il ne peut pas les honorer, il fait un testament à quelqu’un digne de confiance afin de les honorer après sa mort et il lui est obligatoire de faire en dette les devoirs d’adoration qu’il n’aurait pas faits comme le pèlerinage, la prière et le jeûne, s’il ne peut pas les faire alors, il lui est obligatoire de faire également un testament pour cela, sauf s’il est sûr que son plus grand fils les fera après sa mort. Il lui est obligatoire de nommer un tuteur pour ses enfants mineurs lorsqu’il n’y a pas de responsable capable de le faire qui est le grand-père paternel, si les protéger et protéger leurs biens dépendaient de cela. Lorsque le testament n’est pas obligatoire de la manière citée précédemment, alors il est conseillé, notamment s’il voulait dépenser le tiers ou une partie de ses biens pour des actes de bienfaisance.

2- Ce qu’il faut faire au moment de l’agonie.

Q.252: Il est obligatoire à l’agonisant musulman -s’il y fait attention et s’il en est capable- de s’orienter vers la Qibla [direction de la Mecque] au moment de son agonie, par précaution obligatoire; sinon [s’il en est incapable], il est obligatoire à autrui de l’orienter, par précaution obligatoire; cela, sans différence entre le jeune et le vieux, le sage et le malade mental. Cette orientation se réalise en le couchant sur le dos de sorte que le dessous de ses pieds soit orienté vers la Qibla et de sorte que s’il se met assis, son visage et ses membres seraient également orientés. S’il décède, il est obligatoire, par précaution, de conserver cette orientation dans cet état jusqu’au moment de faire la prière sur lui; si ce n’est pas possible, cette obligation n’est plus demandée.

3- Ce en quoi la mort se réalise.

Q.253: Il ne nous a pas été prouvé une détermination législative précise au concept de la mort dans la législation islamique bien que ce qui est connu de ce concept est: que la mort est l’arrêt du coeur et du pouls ou la coupure de la respiration, mais il est probable que la mort soit réalisée par l’arrêt du cerveau puisque il est responsable de la vie générale de l’homme; mais dans tous les cas, c’est lorsque le cerveau meurt et que l’activité du corps s’arrête complètement et on peut savoir cela certainement; il n’est pas obligatoire d’installer quelque chose comme un appareil moderne conservant le pouls du corps en action et si on a installé un appareil de ce genre, il est licite de l’enlever; cela, parce que le patient n’est pas considéré comme vivant naturellement tant que le mouvement existant ne continue que grâce à un appareil donnant une vie artificielle au corps.

4- Celui qui prépare le mort.

Q.254: Il est obligatoire à tous les Musulmans responsables de se charger de la préparation du mort comme le fait de l’orienter vers la Qibla, de lui faire le Ghossl, de le mettre en linceul, de lui faire le Tahnit, de faire la prière pour lui et de l’enterrer. Cette préparation est un devoir obligatoire Kifa’i; donc, si quelqu’un le fait, alors les autres sont quittes et si personne ne le fait alors ils commettent tous un péché. D’un autre côté, il est indispensable à celui qui fait ces devoirs -dans l’ensemble- d’en demander l’autorisation au responsable du mort; le responsable du mort est celui qui est le plus proche de ce mort et qui est prioritaire sur les autres au niveau de l’héritage; on exclut le mari de cette qualification car elle est prioritaire pour son épouse avant tous ses proches. Et il ne convient pas de ne pas respecter la précaution de donner la priorité au pubère sur les autres dans chacune des classes de l’héritage. Si toutes ces personnes n’existent pas, c’est au gouverneur législatif qu’il faut se référer pour les affaires du mort et ensuite aux croyants justes.

Q.255: On n’a pas les conditions de la puberté, de la raison et de l’Islam pour celui qui veut faire les préparatifs qui ne sont pas conditionnés par l’intention de se rapprocher de Dieu; par contre, pour ce qui est comme la prière et le Ghossl du mort, alors apparemment, il suffit qu’il soit fait par l’enfant capable de distinguer, à condition qu’il le fasse selon la méthode juste et considérée légale.

Q.256: Pour le tuteur chargé, par le mort, des préparatifs, il n’est pas obligatoire de prendre l’autorisation du responsable [du mort] bien qu’il vaille mieux pour lui l’obtenir.

Q.257: Si le martyr -qui est tué en faisant le Jihad légal pour protéger l’Islam et les Musulmans- rend l’âme au combat, avant la fin [du combat] de sorte que les Musulmans arrivent après le combat alors qu’il a déjà perdu la vie, on ne lui fait pas de Ghossl et on ne lui met pas de linceul, on fait la prière pour lui et on l’enterre avec les habits dans lesquels il a été tué, sauf s’ils ont été déchirés au combat ou si l’ennemi les lui a enlevés car, dans ce cas, on lui met un linceul même avec son sang.

D’un autre côté, pour celui qui est tué par une loi ou une punition, il lui est ordonné par le gouverneur législatif de faire le Ghossl du mort [avant qu’il ne soit tué] puis on lui met le Mizzar et le Qamis [deux parties du linceul], on lui fait le Hounout; puis on achève son linceul après sa mort par le Izar [dernière pièce du linceul] enfin on fait la prière pour lui et on l’enterre, et il n’est pas obligatoire de laver le sang qui aurait souillé son linceul.

Q.258: Il n’y a pas de mal à prendre un salaire pour préparer le mort si ce n’est pas en contradiction avec l’intention de se rapprocher de Dieu; de là, il apparaît que la qualification de donner (un pourboire) à ceux qui prennent comme métier de préparer les morts, ne pose pas de problème même si leur but est de gagner de l’argent tant que cela n’annule pas leur intention de vouloir se rapprocher de Dieu.

Q.259: Tous les préparatifs obligatoires qui ont précédé, sont affirmés si le corps du mort manquait de quelque chose comme le mort à qui on a coupé des membres ou le squelette sans chair. Si on trouve une partie du corps comprenant la poitrine ou si on trouve spécifiquement la poitrine, on la lave et on la met en linceul -par précaution conseillée- selon la manière lui convenant; on lui fait le Hounout s’il reste encore un endroit pour le faire, on lui fait la prière et on l’enterre; par contre, si on ne trouve pas la poitrine mais un de ses os avec de la chair, on l’enveloppe d’un tissu, on l’enterre et il n’est obligatoire ni de lui faire la prière ni le Ghossl; il en est de même pour la chair sans os.

Q.260: Si le Musulman responsable fait un testament concernant ses préparatifs, la prière pour lui et son enterrement; on déduit ces dépenses du tiers de son héritage en fonction son testament, sinon, il est obligatoire de les payer de l’origine de son héritage en priorité avant tout autre devoir tel que les dettes, le Khoms, le pèlerinage, avant [de diviser] l’héritage et le testament; on les déduit ainsi à condition que les préparatifs soient en accord avec le minimum exigé légalement et en accord avec le rang du mort sauf si les héritiers voudraient y ajouter [quelque chose] mais cet ajout est alors à déduire des parts des adultes et non pas de celles des mineurs.

Q.261: La préparation de l’épouse est obligatoirement aux frais du mari, s’il est capable de faire ces dépenses sans difficulté ni gêne et s’il ne lui est pas interdit de dépenser de ses biens; sauf, si sa propre mort survient en même temps que celle de son épouse ou si elle a, dans son testament, demandé que ses dépenses soient payées de ses propres biens, car alors, il est obligatoire de les payer de son argent, dans ces deux cas. Il n’y a pas de différence entre l’épouse jeune ou vieille, sage ou folle, "pénétrée" [celle avec qui il a eu une relation sexuelle] ou autre et entre l’épouse par mariage continuel ou temporaire, par précaution obligatoire, ceci est même valable pour la femme Nachez, par précaution obligatoire. La femme divorcée par un divorce Raja’i a la même qualification que l’épouse et non pas la femme divorcée Ba’en. De même qu’il n’y pas de différence pour le mari, qu’il soit jeune ou vieux, sage ou fou, donc les dépenses de leur préparation sont à la charge du responsable des biens du mineur et-ou du fou.

Premier thème: Le Ghossl du mort.

L’explication de ces qualifications se trouve en plusieurs questions.

Q.262: Il est obligatoire de faire le Ghossl de chaque mort musulman, homme ou femme, jeune ou vieux, sage ou fou, que son corps soit entier, un squelette démuni de chair, manquant d’une partie comme la tête ou la main ou autre chose de ce genre; si les restes étaient moins de cela comme s’ils étaient une partie du corps comprenant la poitrine alors il n’est pas obligatoire de les laver bien que cela vaille mieux. Quant au foetus venant d’une fausse couche, alors, s’il a plus de quatre mois, on le lave et on le met en linceul sinon, on l’enveloppe d’un tissu et on l’enterre sans lavage.

Q.263: On a la condition que le laveur ressemble au mort en deux points.

1- Qu’il lui ressemble au niveau de sa masculinité ou de sa féminité, même si cela [le Ghossl] n’implique pas de le regarder ou de le toucher sauf si le laveur est l’un des proches Maharem du mort car, dans ce cas, il est licite à l’homme de laver la femme et vis-versa, mais il est indispensable de cacher la Aora à ce moment; on exclut également de cette condition celui qui n’est pas pubère -autre que le proche Maharem- donc il est licite aux hommes de laver les enfants filles, et il est licite aux femmes de laver les enfants garçons qui ne sont pas encore capables de distinguer bien qu’il vaille mieux se limiter aux enfants garçons ou filles qui ont trois ans au plus. De même que l’on exclut le fait que l’un des époux lave l’autre et dans ce cas, il n’est pas obligatoire de cacher la Aora.

2- Qu’ils se ressemblent dans l’Islam [qu’ils soient tous deux musulmans] mais il n’est pas obligatoire qu’ils soient de même confession [école législative].

Q.264: Si on ne connaît pas le sexe du mort, alors l’avis de s’en référer au tirage au sort n’est pas loin [d’être une qualification] et il vaut mieux qu’il soit lavé par un homme et une femme, caché par des habits.

Q.265: S’il n’y a pas de personne lui ressemblant dans l’Islam, il est alors licite à celui qui est des gens du livre [juif ou chrétien] de laver le Musulman et il [le laveur] ne lui est pas nécessaire de réaliser l’intention de se rapprocher de Dieu en faisant cela.

Q.266: Toutes les conditions déjà citées pour le Woudou et le Ghossl sont exigées pour la validité du Ghossl du mort telles que: la pureté de l’eau, son “absoluté”, sa licité, la pureté des membres du corps du mort de l’impureté de Khabath par accident, l’absence d’obstacle, l’ordre, la possibilité d’utiliser l’eau, d’autres conditions de ce genre et l’intention de se rapprocher de Dieu.

Q.267: Il est obligatoire de faire le Ghossl du mort en lui faisant trois lavages ordonnés qui sont:

Premièrement: Le laver avec de l’eau mélangée à de la poudre de feuilles de Sedr.

Deuxièmement: Le laver avec de l’eau mélangée au camphre.

Troisièmement: Le laver avec de l’eau qui n’est mélangée à rien.

Q.268: Il est indispensable de respecter l’ordre pour chacun des trois lavages, cela en lavant la tête et le cou d’abord, puis la totalité du côté droit, puis la totalité du côté gauche, par précaution obligatoire laver la Aora avec chaque côté; il n’est pas valable de laver le mort en faisant l’immersion totale de son corps contrairement au Ghossl de la Jinaba.

Q.269: Lorsqu’on mélange l’eau au Sedr ou au camphre, il est indispensable d’être attentif à ce que la quantité ajoutée ne fasse pas perdre à l’eau son état d’absolue.

Q.270: Si le [mort est un] pèlerin ou celui qui fait la Oomra qui est en état d’Ihram, on ne met pas de camphre dans l’eau du deuxième lavage et on le remplace par de l’eau pure sauf s’il avait fini le Tawaf du pèlerinage ou de la Oomra.

Q.271: Si on ne trouve pas de Sedr ou de camphre ou des deux, on le lave avec de l’eau pure en prenant l’intention de remplacer par cette eau pure ce qu’on n’a pas trouvé et il vaut mieux ajouter un Tayamoum pour chaque lavage remplacé.

Q.272: Si il-elle meurt en ayant une Jinaba ou ses règles, il n’est pas obligatoire de spécifier durant le Ghossl l’un de ces deux états, le Ghossl du mort les remplace.

Q.273: On n’a pas la condition que le corps soit froid pour commencer le lavage et il est licite de commencer le lavage avant cela.

Q.274: S’il sort du mort de l’urine ou du sperme pendant ou après le lavage, il n’est pas obligatoire de refaire le Ghossl, on se satisfait de purifier l’endroit de l’impureté et il en est de même s’il lui arrive une impureté extérieure.

Q.275: S’il n’est pas possible de laver le mort par manque d’eau ou pour une autre raison de ce genre, il est obligatoire de lui faire le Tayamoum une fois pour les trois lavages, bien qu’il vaille certainement mieux lui faire trois Tayamoum pour les trois lavages, il est obligatoire de prendre l’intention de faire cela à la place du Ghossl, il suffit de les faire avec la main du laveur bien qu’il vaille mieux les faire avec celle du mort.

Q.276: Si [on découvre] qu’on peut lui faire le Ghossl après avoir fait le Tayamoum et avant l’enterrement, le Tayamoum n’est plus valable et il est obligatoire de lui faire le Ghossl sauf si cette possibilité survient après l’enterrement; mais si le corps est découvert dans la tombe pour une raison quelconque, alors par précaution obligatoire, on lui fait le Ghossl et si on a lavé le corps après l’avoir sorti [de la tombe] alors il devient obligatoire de refaire le Tahnit, la mise en linceul et la prière avant de l’enterrer. La même qualification est à appliquer dans le cas où le Sedr, le camphre ou les deux ensembles ont manqué et qu’on l’aurait lavé sans ces deux [matières].

Q.277: Il est indispensable de retarder le lavage du mort blessé ou abîmé jusqu’à l’arrêt de l’hémorragie de ses blessures; si ce n’est pas possible, on fait couler de l’eau afin de couvrir l’endroit, ne serait-ce que pour un moment, pour éloigner le sang du lieu de l’hémorragie et réaliser le lavage tel qu’il le faut: si le sang sort ensuite, cela ne nuit pas à la validité du Ghossl même si on est tenu de purifier l’endroit ou d’y mettre un pansement pour empêcher que le sang ne coule une deuxième fois.

Q.278: S’il y a un pansement sur le corps du mort alors, s’il est possible de l’enlever, il est obligatoire de l’enlever et si ce n’est pas possible, il est obligatoire de le laver et de passer la main humide sur ce pansement et par précaution obligatoire, on ajoute un Tayamoum au Ghossl sauf si le pansement est sur l’un des membres du Tayamoum car dans ce cas on se satisfait du Ghossl.

Q.279: Si on a enterré le mort sans Ghossl et - ou si on découvert après l’enterrement que son Ghossl n’est pas valable, alors il est obligatoire de le déterrer et de le laver même après une longue période et qu’il n’est plus que squelette, sauf si cela implique la violation de son respect car, alors, le déterrer n’est pas licite. Si on le déterre pour le laver, il est alors indispensable de le mettre en linceul, de lui faire le Hounout et la prière avant de l’enterrer à nouveau.

Q.280: Lors d’accidents entraînant la déformation du corps de sorte qu’il n’est plus possible de distinguer les mains et le visage, alors si le Ghossl n’est pas possible, l’obligation du Tayamoum est annulée puisqu’elle n’a plus de sujet.

Deuxième thème: Le Tahnit.

Ce thème comprend plusieurs questions.

Q.281: Il est obligatoire de faire le Tahnit du mort qu’il soit homme ou femme, vieux ou jeune et même du foetus tombé lors d’une fausse couche et qui a plus de quatre mois. Le Tahnit: c’est faire toucher avec du camphre, les sept lieux de la prosternation qui sont: le front, la paume des deux mains, les deux genoux et les deux pouces des pieds. Il vaut mieux que cela soit fait par le responsable qui met du camphre sur la paume de ses mains [sur ces lieux] et il vaut mieux que la quantité de camphre soit de trente-deux grammes et demi; si on ne trouve pas de camphre alors le Tahnit n’est plus exigé; il n’est pas obligatoire de respecter d’ordre entre ces sept lieux et il n’est pas obligatoire de prendre l’intention de se rapprocher de Dieu en faisant cela.

Q.282: Le Tahnit se fait après le Ghossl et il est possible de le faire avant la mise en linceul, pendant cette mise en linceul ou après.

Q.283: Pour le camphre, on a les conditions qu’il soit licite, en poudre, odorant et pur.

Q.284: Il est conseillé de passer [le camphre] sur les articulations, le nombril, la poitrine, le dessous des pieds, le dessous des mains et les aisselles; il est déconseillé d’en mettre sur le visage, de le faire entrer dans les yeux, dans le nez et dans les oreilles du mort.

Q.285: On ne fait pas de Tahnit au Mouhram du pèlerinage ou de la Oomra, c’est même illicite sauf s’il est mort après avoir fini le Tawaf du pèlerinage ou de la Oomra.

Troisième thème: La mise en linceul du mort.

Ce thème comprend plusieurs questions.

Q.286: Il est obligatoire, de façon Kifa’i, de mettre le mort musulman en linceul, même le foetus tombé lors d’une fausse couche qui a quatre mois; s’il a moins de quatre mois, on l’enveloppe d’un tissu et on l’enterre sans avoir à respecter la condition de prendre l’intention de se rapprocher de Dieu en faisant cela.

Q.287: Il est obligatoire de mettre le mort dans un linceul composé de trois pièces rangées de la manière suivante:

1- Le Mi’zar: Il enveloppe ce qui se trouve entre le nombril et les genoux.

2- Le Qamis: Il enveloppe ce qui est entre les deux épaules et la moitié des jambes.

3- L’Izar: Il couvre la totalité du corps, de la tête aux pieds.

Il n’y a pas de mal si chaque pièce est un peu plus grande notamment l’Izar pour pouvoir le nouer à chacun des deux côtés: pieds et tête.

Q.288: S’il n’est pas possible de trouver les trois pièces, alors il suffit de faire le linceul avec ce qui est possible, ne serait-ce qu’un seul tissu couvrant la totalité du corps. S’il n’est pas possible de couvrir la totalité du corps, alors il suffit de couvrir la plus grande partie du corps et si cela n’est pas possible, alors on fait ce qui est possible.

Q.289: Pour le linceul, on a les conditions suivantes: Qu’il soit licite, pur de toute impureté y compris des impuretés acceptées dans la prière, par précaution obligatoire ; qu’il ne soit pas en soie pure même pour l’enfant et la femme, par précaution obligatoire, mais il est licite d’utiliser un linceul dont le pourcentage de “non soie” est inférieur à celui de la soie. Qu’il ne soit pas doré même très peu, qu’il ne soit fait ni du cuir, ni des cheveux, ni des poils d’animaux “non mangeables” ni du cuir d’animaux mangeables, mais il n’y a pas de mal s’il est fait de leur laine ou de leurs poils, enfin qu’il ne soit pas fait du cuir de la Mita. Que chaque morceau ne soit pas transparent pour ce qu’il couvre, donc il ne suffit pas que la totalité du linceul cache ce qu’il y a en dessous. Que le linceul soit tissé d’une façon que les coutumes disent que c’est un habit, et donc il n’est pas valable d’enrouler le mort de fils ou de laine non-tissés.

Q.290: Il est conseillé de mettre deux branches avec le mort et il vaut mieux en mettre une du côté droit, collée au corps, de l’os de l’épaule vers le bas et l’autre de la même façon du côté gauche, les mettre sur le Qamis avant d’envelopper le mort du Izar. Il vaut mieux que ces deux branches soient [par préférence] de dattier, de Sedr ou de grenadier, sinon d’un autre arbre ou n’importe quelles branches vertes.

Quatrième thème: La prière du mort.

Ce thème comprend plusieurs questions.

Q.291: Il est obligatoire de faire la prière de façon Kifa’i pour chaque Musulman mort même si ce n’est qu’un squelette qu’il soit vieux ou jeune, dès qu’il a six ans ou dès qu’il a appris et compris ce qu’est la prière avant cet âge; il est conseillé de la faire pour ceux qui sont en deçà de cet âge, mais il n’est pas conseillé de la faire sur le foetus et le mort-né; par contre, il est obligatoire de la faire pour le corps manquant mais ayant encore la poitrine ou pour la poitrine seule et sinon [s’il est sans poitrine], non [ce n’est pas obligatoire] même s’il y avait de l’os.

Q.292: Lorsqu’on fait la prière du mort, il faut assurer les choses suivantes:

1- Mettre le mort couché sur le dos et l’orienter de sorte que sa tête soit sur le côté droit du prieur et ses pieds à son côté gauche.

2- Que le corps soit devant et à côté du prieur et il ne faut pas qu’il y ait entre le prieur et le corps du mort une distance exagérée, sauf pour les Ma’moum si les lignes des prieurs sont nombreuses.

3- Il faut que le mort soit présent, donc il n’est pas licite de faire la prière de l’absent.

4- Qu’il n’y ait pas entre le prieur et le mort d’obstacle comme un mur ou autre chose de ce genre; mais le fait que le mort soit dans un cercueil ne nuit pas, même s’il est fermé et scellé.

5- Que le mort ou le prieur ne soit pas l’un plus haut que l’autre de façon exagérée.

6- Que le mort pour lequel on fait la prière soit déterminé et personnalisé de façon à ne pas le confondre avec un autre; il n’est pas obligatoire de connaître son nom, et il n’est pas obligatoire de connaître son sexe, on peut le désigner par un pronom personnel au moment de l’invocation, dans la prière, en faisant revenir le pronom au sujet qui est le mort ou en utilisant un pronom personnel féminin en accord avec le mot “dépouille”.

7- On prend en considération pour la prière du mort ce qui est pris en considération pour la prière quotidienne tel que prendre l’intention de se rapprocher de Dieu, s’orienter vers la Qibla, être debout et stable, respecter la succession entre les Takbir et les invocations, ne pas parler durant prière, ne pas éclater de rire, ne pas se détourner de la direction de la Qibla et respecter l’ordre comme nous le verrons plus tard. Par contre, on n’a pas les conditions: que le lieu de prière et les habits soient licites, couvrir la Aora, être pur du Khabath au niveau de l’habit et du corps, être pur du petit et du grand Hadath et être de sexe masculin, il est donc valable que la femme fasse la prière sur l’homme et cela est satisfaisant sauf en cas de prière commune car, dans ce cas, elle dépend des qualifications de la prière commune.

8- Que la prière soit faite après le Ghossl, la mise en linceul et le Tahnit.

Q.293: Il est licite que la prière du mort soit faite par une personne ou plusieurs personnes individuellement ou ensemble; il est licite de faire la prière du mort en faisant plusieurs prières communes en même temps. Il est conseillé de la faire commune et dans ce cas, il est indispensable que les conditions de l’Imamat [faire l’Imam de prière] telles que la justice et autres soient respectées ainsi que les conditions de la prière commune telle que l’absence d’obstacle et autres; si on suppose que les conditions de la prière commune ne sont pas complètes et que cette prière n’est pas valable, alors le devoir de la prière du mort est réalisé bien que la récompense de la prière commune ne soit pas acquise.

Dans cette prière commune, l’Imam ne supporte pas la responsabilité de l’invocation à la place du Ma’moum, il est donc indispensable que le Ma’moum récite l’invocation spécifique de la prière du mort.

Q.294: S’il y a plusieurs morts, il est licite de faire la prière en même temps sur un, deux ou plusieurs morts en une seule fois, dans ce cas, le prieur utilise les pronoms personnels les indiquant lorsqu’il fait l’invocation pour eux.

Q.295: Il est possible au Ma’moum d’entrer dans la prière du mort à n’importe quelle Takbira de cette prière, mais il a à réciter la parole spécifique le concernant et non pas celle concernant l’Imam [il doit faire la récitation du début et non suivre la récitation qu’a déjà commencée l’Imam] et une fois la prière commune finie, il continue individuellement ce qui lui reste [à réciter] tant que le corps du mort est devant lui, si on n’attend pas qu’il finisse sa prière, il se limite à dire le Takbir sans réciter le Dheqr.

Q.296: Si on découvre la non validité de la prière du mort, il est obligatoire de la refaire même après l’enterrement; donc on la refait au dessus de la tombe, il en est de même s’il a été enterré sans prière quelque soit la période de temps écoulée sauf si on sait que le corps s’est transformé et est annulé car, dans ce cas, il n’est plus obligatoire de la faire.

Q.297: On n’a pas la condition d’adopter un rangement spécial des morts pour lesquels on veut faire une seule prière tant que les conditions à prendre en considération existent. De même que le fait que certains corps soient éloignés du prieur ne nuit pas tant qu’ils sont liés les uns aux autres, il vaut mieux mettre la tête du deuxième mort au niveau de la taille du premier et ainsi de suite “en forme d’escalier”.

Q.298: Il n’y a pas de mal à répéter la prière du mort de façon conseillée même après l’enterrement, si le mort fait partie des gens honorables de la religion, sans la faire un jour et une nuit après son enterrement car ensuite elle devient déconseillée.

Q.299: Il est possible au Musulman responsable de se limiter à ce qui est obligatoire de la prière du mort; mais il peut la prolonger, ce qui est meilleur et qui est:

Il prend l’intention dans son coeur de faire la prière du mort pour se rapprocher de Dieu [qu’Il soit loué] puis il la commence en disant:

Allah ou Akbar (Dieu est le plus grand)

Achhadou alla ilaha illa Llah (je témoigne qu’il n’y a de divinité que Dieu) Ouhdahou la cherika lah (Seul et qui n’a pas d’associé) Ilahan ouhidan ahadan (Dieu, Un, Unique) Samadan (Eternel) Fardan (Unique) Hayan (Vivant) Qayouman da’iman abadan (qui veille pour toujours éternellement), oua achhadou anna Mohammadan aabdouhou oua rassouloh (et je témoigne que Mohamad est son esclave et son messager) arssalahou bil houda oua din al haq (Il l’a envoyé par l’évidence et la religion du droit) lidhouhour aala ddini koulleh (pour qu’il soit sur toute la religion) oua lahou kariha lmouchrikoun (même si les associateurs le détestent).

Allah oua akbar (Dieu est le plus grand)

Allahoumma sali aala Mohammad oua ali Mohammad (que la prière de Dieu soit sur Mohammad et la famille de Mohammad) oua barak aala Mohammad oua ali Mohammad (que Ta bénédiction soit sur Mohammad et la famille de Mohammad) oua rham Mohammaden oua al Mohammad (que Ta clémence soit pour Mohammad et la famille de Mohammad), Afdala ma ssaleyta oua barakta oua tarhamta aala Ibrahim oua ali Ibrahim (d’une meilleur façon que lorsque Tu as prié, bénit, donné Ta clémence pour Ibrahim et pour la famille d’Ibrahim) innaka hamidon majid (Tu es loué et glorifié). Oua ssali aala jamii al anbiya oua lmoursalin (et que Ta prière soit sur tous les prophètes et les messagers).

Allah ou akbar (Dieu est le plus grand)

Alla houma ghfir lil mou’minin oua lmou’minat (Que Dieu pardonne aux croyants et aux croyantes) oua lmuslimin oua lmouslimat (et aux Musulmans et aux Musulmanes) Al ahya min houm oual ‘amwat (les vivants et les morts parmi eux), Tabbaii llahouma beynana oua beinahoum bil khayrat (ô! Dieu continue les biens entre nous et eux) inna anta aala koullichi Qadir (Tu es le tout puissant).

Allah ou akbar (Dieu est le plus grand)

Allahouma inna hedha lmoussaja Qoddamana (ô! Dieu, celui qui est couché devant nous) aabdouka oua ibn aabdouk oua ibn aamatek (est ton esclave et le fils de ton esclave et le fils de ton esclave sa mère) Nazala bika oua anta kheiroun manzoulen bih (est descendu chez Toi et Tu es le meilleur chez qui on descend) allahouma innaka Qabdtahou rouhahou ileyk (Dieu, Tu as pris son âme vers Toi), oua Qad ahtaja ila rahmatek (et il a besoin de Ta clémence), oua anta ghaniyoun aan aadhabehi (et Tu es riche [tu n’as pas besoin] de le punir) Allahouma inna la naalem minh illa kheyra (ô! Dieu, nous ne savons de lui que du bien) wa anta aalamou bihi minna (Tu es plus connaissant de son cas que nous) allahouma inna kan mouhsanan fazad fi ahsaneh (ô! mon Dieu, s’il était un bienfaiteur, alors augmente ses bienfaisances), wa inkan massyan fatajawaz aan sey’ateh (et s’il était un malfaiteur alors passe sur sa malfaisance),wa ghfer lana wa lahou (pardonne-nous et pardonne-lui), allahouma Hchourhou maa man yatawallahou wa youhoboh (ô! notre Dieu envoyez-le le dernier jour avec celui à qu’il a donné l’allégeance et qu’il aimait), wa ‘abeedhou mimman yatabarra’ou minhou wa youbghidouhou (et éloignez-le de ceux à qui il s’opposait et qu’il détestait), allahouma alhoqhou bi nabiyka wa aarref beynahou wa beynah (ô! notre Dieu, attachez-le à votre prophète et faites-le le connaître), wa ‘rrahamna idha tawafeytana ya ilaha laa’alamin (et donne-nous Ta clémence lorsque Tu prendras notre âme ô! Dieu des mondes), allahouma ‘oktoubhou eendaka fi aala eeliyn (ô! notre Dieu inscris-le chez Toi à la plus haute des hauteurs), wa ‘akhlaf aala aaqbihi fil ghabirin (et guide sa descendance parmi ceux qui viendront), wa jaalhou min roufaka’i mohammad wa ‘alihi tahirin (et mets-le parmi les amis de Mohammad et de sa pure famille) wa rrahmhou wa ‘iyana bi rahmatika ya arrham rrahimin (et aie pour lui et nous Ta clémence, ô! Toi le plus clément des cléments).

Allahou akbar (Dieu est le plus grand). Ainsi la prière se termine.

La prière résumée qui est obligatoire est:

Allahou akbar (Dieu est le plus grand), Achhadou alla ‘ilaha illa llah (je témoigne qu’il n’y a de divinité que Dieu) wa achhadou anna mohammadan rassoulo llah (et je témoigne que Mohammad est le messager de Dieu).

Allahou akbar (Dieu est le plus grand), allahouma ssalli aala mohammad wa ali mohammad (ô! notre Dieu fais la prière sur Mohammad et sur la famille de Mohammad).

Allahou akbar (Dieu est le plus grand), allahouma ghfir lil mou’minina wal mou’minat (ô! notre Dieu donne ton pardon aux croyants et aux croyantes).

Allahou akbar (Dieu est le plus grand), allahouma ghfir li hadha lmeyit (ô! notre Dieu, pardonne à ce mort).

Allahou akbar (Dieu est le plus grand). [Ainsi se termine la prière obligatoire]

Il vaut mieux dire après la fin de la prière: “Rabbana atina fi dounia hassana wa fil ‘akhirati hassana wa qina aadhaba nnar” (ô! notre Dieu donne-nous dans ce monde ici-bas un bien et dans l’au-delà un bien et protège-nous de la punition du feu).

Si le mort est une femme alors le prieur dit après la quatrième Takbira: Allahouma inna hadhihi moussajat qoudamana (ô! notre Dieu, celle qui est posée devant nous) amatouka (Ton esclave) wa ibnatou aabdek (et la fille de Ton esclave) wa ibnatou amatek (et la fille de Ton esclave [sa mère])...etc, et il met les autres pronoms personnels au féminin.

Q.300: Pour la prière du mort, il n’y a ni Adhan, ni Iqama; mais on appelle à faire cette prière de façon conseillée [en disant]: Assalat, assalat (à la prière, à la prière).

Q.301: Il est obligatoire de réciter ce qui est obligatoire de la prière en langue arabe et la récitation en arabe des paroles conseillées est meilleure.

Q302: Si on doute du nombre de Takbirat récitées, on considère avoir fait le moins; si, par exemple, on est en train de faire l’invocation de la troisième Takbirat et on doute d’avoir fait la première, on ne s’y intéresse pas [puisqu’il concerne] ce qu’on a terminé.

Q.303: Il est conseillé au prieur d’être pur du grand et du petit Hadath, ne serait-ce que par l’intermédiaire d’un Tayamoum; à l’Imam de dire les Takbirat et les invocations à voix haute et au Ma’moum de les dire à voix basse, de faire beaucoup d’invocations pour le mort dans la quatrième Takbirat et, pour les croyants, dans la troisième Takbirat.

Cinquième thème: L’enterrement.

Ce thème comprend plusieurs questions:

Q.304: Il est obligatoire d’enterrer le mort musulman de façon satisfaisante, c’est à dire de le cacher dans la terre pour le protéger des animaux féroces et pour que son odeur ne gêne pas les autres; donc, il ne suffit pas de le poser sur le sol dans un cercueil ou dans une construction, même si cela réalise ce que nous venons de citer, sauf si on est incapable de l’enterrer dans la terre. On n’a pas la condition de le poser dans la terre et il est licite de le poser dans un cercueil ou autre chose de ce genre mais sous terre.

Q.305: Il est obligatoire de le mettre dans la tombe, sur son côté droit en orientant son visage et tout son corps vers la Qibla et il n’y a pas de différence entre le corps entier et le corps manquant comme dans le cas d’un corps sans tête, d’une poitrine et même dans le cas de toute partie que l’on peut orienter. Si on ne l’a pas orienté vers la Qibla, il est obligatoire de le faire même s’il était déjà enterré et dans ce cas on le déterre et on l’oriente vers la Qibla, si ce fait entraîne un manque de respect du mort, cette obligation est annulée.

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