Les prières obligatoires et les prières conseillées en général.

Ce chapitre se compose de quatre thèmes.

Premier thème: La prière du vendredi.

La prière du vendredi remplace celle du midi du vendredi selon des explications ultérieures, sa forme est de deux Rakaa* comme celle du matin mais elle s’en distingue par le fait qu’il est conseillé d’y faire deux Qounout* un avant l’inclination de la première Rakaa* et un autre après l’inclination de la deuxième Rakaa* en plus des deux discours dits avant la prière.

Les qualifications de ce thème sont détaillées en deux sujets.

Premier sujet: Les conditions de la prière du vendredi.

On a, ici, deux questions.

Q.428: Pour qu’elle soit valable, on doit respecter les conditions suivantes:

1- Qu’elle soit commune, les qualifications de la prière commune seront citées dans un chapitre spécifique à cette prière.

2- Que le nombre de prieurs ne soit pas de moins de cinq personnes dont l’Imam*.

3- Qu’elle soit précédée par deux discours de l’Imam du Vendredi; donc ce dernier se met debout en orateur, loue et vénère Dieu, rappelle aux gens d’être pieux envers Dieu et lit une Sourate du noble Coran, puis il s’assoit un peu, se remet debout en orateur, loue et vénère Dieu, fait la prière sur Mohammad et sur les Imams des Musulmans et demande le pardon à Dieu pour les croyants et les croyantes, puis il faut qu’il parle de la piété envers Dieu, qu’il appelle à la justice, à la bienfaisance et à la réconciliation, puis il traite des questions de société et de ce qui est de ce genre. Il est obligatoire à l’Imam d’élever la voix dans les deux discours afin qu’un certain nombre de prieurs l’entende, il n’est pas obligatoire que le discours autre que le Coran soit en langue arabe bien que cela vaut mieux, si les prieurs ne comprennent pas cette langue alors il a à les conseiller avec celle qu’ils comprennent.

4- Qu’il n’y ait pas d’autre prière du vendredi à une distance de moins d’un Farsakh (cinq kilomètres et demi environ), car, dans ce cas, elles sont toutes deux non valables, si elles commencent en même temps et si chacune connaît l’existence de l’autre.

Q.429: Le temps des deux discours est : avant la prière du vendredi et après le midi réel; donc il n’est pas légiféré de les faire avant si ce n’est qu’une petite partie. Il est obligatoire à l’orateur d’être debout; s’il n’en est pas capable et qu’il n’y a personne d’autre capable de faire l’Imam du vendredi, il lui est alors licite de faire ces discours assis, sans que cela annule pour autant l’obligation de la prière. Il est également obligatoire aux prieurs d’écouter et de ne pas parler.

Deuxième sujet: Les qualifications de la prière du vendredi.

Ce sujet se compose de plusieurs questions.

Q.430: L’obligation de faire la prière du vendredi a les deux situations suivantes:

a- En présence de l’Imam infaillible (que la paix soit sur lui) ou du procureur spécifique qu’il nomme, l’obligation est individuelle.

b- En son absence, les Musulmans responsables ont à la faire en ayant le choix entre celle du vendredi et celle du midi; alors si l’un d’eux a les conditions nécessaires pour la faire, il est obligatoire aux autres d’y assister et d’y participer.

Q.431: On exclut plusieurs personnes de l’obligation d’assister à cette prière.

1- Celui dont la présence lui cause une nuisance, une gêne ou une forte difficulté.

2- La femme.

3- Le malade, l’aveugle et le vieux.

4- Le voyageur qui fait un voyage l’obligeant à raccourcir la prière.

5- Celui qui est éloigné du lieu de prière d’une distance de deux Farsakh (environ onze kilomètres).

Mais si ces personnes assistent à la prière du vendredi, leur prière est valable et ils n’ont pas à faire celle du midi ensuite.

Q.432: Il n’est pas licite, à celui pour qui elle est obligatoire, de voyager le midi du vendredi sauf s’il passe à un autre vendredi [s’il va à une autre prière du vendredi] pour y assister.

Q.433: La prière du vendredi commence au midi réel, et continue jusqu’au temps de l’après-midi astronomique cité dans les calendriers courants; si on ne fait pas la prière du vendredi avant la fin de ce temps, il est obligatoire de faire celle du midi et non celle du vendredi.

Deuxième thème: La prière des Ayat [des signes].

Ce thème se compose des trois sujets suivants:

Premier sujet: Les raisons de son obligation.

Q.434: La prière des signes est obligatoire lorsque surviennent les évènements suivants:

1- L’éclipse du soleil caché par la lune qui peut être totale ou partielle.

2- L’éclipse de la lune cachée par la terre qui peut être totale ou partielle.

3- Le tremblement de terre.

4- Chaque évènement exceptionnel arrivant sur terre ou dans le ciel comme le vent noir, la foudre, l’ouragan ou autre chose de ce genre à condition que la population en soit effrayée généralement.

Q.435: Si une raison de son obligation survient, la prière des signes est obligatoire pour chaque responsable*; pour la femme ayant ses règles et la Nafsa*, elle n’est obligatoire ni en son temps, ni en dette.

Q.436: Si un signe survient dans un pays, elle est spécifiquement obligatoire pour les gens de ce pays, sans l’être pour les autres pays “qui ne voient pas” ce signe. Que le responsable musulman le ressente n’est pas une condition, elle est donc obligatoire pour celui qui est endormi, par exemple, s’il se trouve dans le lieu où arrive un signe.

Q.437: L’obligation de la prière se répète avec la répétition de la raison, donc si le soleil s’éclipse, la terre tremble et survient une foudre effrayante en même temps, il est obligatoire de faire la prière des signes trois fois; il en est de même si un séisme survient deux, trois fois ou plus sauf si c’est une suite de tremblements de terre liés directement les uns aux autres, car dans ce cas, elle n’est obligatoire qu’une seule fois.

Deuxième sujet: Méthode de la prière des signes.

Q.438: La prière des signes se compose de deux Rakaa*, chaque Rakaa* comprend cinq inclinations et deux prosternations, on peut la faire des deux manières suivantes:

Première méthode: Le prieur dit: “Allah ou akbar” (Dieu est le plus grand), lit la Fatiha* et une Sourate, s’incline, se lève, relit la Fatiha* et une Sourate, s’incline et ainsi de suite pour faire cinq inclinations; il lève la tête de la cinquième inclination, se met debout, descend vers la prosternation en fait deux, puis se met debout pour faire la deuxième Rakaa* comme la première, puis il fait le témoignage et finit la prière par les salutations.

Deuxième méthode: C’est une forme allégée; il lit la Fatiha* dans la première Rakaa* puis il divise une seule Sourate sur les cinq inclinations, ainsi il lit le premier verset d’une Sourate, s’incline, lit debout le deuxième verset de la même Sourate s’incline et ainsi de suite pour finir la Sourate dans la cinquième inclination puis se met debout, descend et fait les prosternations; il fait la même chose dans la deuxième Rakaa* et finit sa prière par le témoignage et la salutation; il est indispensable, dans la forme allégée, que le responsable prête attention aux remarques suivantes:

1- Lire un verset entier à chaque fois qu’il se met debout, “Bismi llahi rrahmani rrahim” est considéré comme un verset de la Sourate.

2- Finir la lecture de la Sourate dans chaque Rakaa*; donc s’il reste plus d’un verset à la cinquième inclination, il est tenu de lire le reste de la Sourate et de la finir.

3- La Sourate de la Fatiha* vaut une Sourate entière, il n’est donc pas obligatoire de la lire avec chaque verset lorsqu’on veut distribuer les versets de la deuxième Sourate sur les cinq inclinations, il lit seulement le verset [ou les versets de la deuxième Sourate] chaque fois qu’il lève la tête de l’inclination; donc si la Sourate finit avant la cinquième inclination, il est tenu de relire la Fatiha* et une Sourate ou une partie de Sourate selon ce qui est convenable au nombre d’inclinations restantes à condition de finir la [deuxième] Sourate avec la cinquième inclination.

Q.439: La prière des signes ne diffère pas dans ses conditions et qualifications générales des autres prières, il est obligatoire d’y respecter la pureté, l’orientation vers la Qibla*, le fait de se couvrir et les autres [conditions] que nous avons déjà citées.

Troisième sujet: Son temps et ses qualifications.

Q.440: Le temps de la prière des deux éclipses du soleil et de la lune dure dès le début du signe jusqu’à la totalité de l’écartement [réapparition entière de la lune ou du soleil]; il vaut mieux commencer la prière dès que l’éclipse commence. Par contre, les autres prières des signes n’ont pas de temps déterminé; c’est pourquoi on les fait immédiatement, si on ne les fait pas immédiatement et qu’il se passe une durée longue ou courte, on ne les fait pas en dette.

Q.441: Si l’éclipse de la lune ou du soleil arrive sans que le Musulman responsable le sache jusqu’à l’écartement du soleil ou de la lune alors, si cette éclipse est totale, il est obligatoire de faire la prière en dette et si elle est partielle, la faire en dette n’est pas obligatoire.

Q.442: Le doute dans la prière des signes est supposé, ici, dans les cas suivants:

a- Si on doute -du nombre de Rakaa*- et qu’on est dans la première ou la deuxième Rakaa*, alors la prière n’est pas valable.

b- Si on doute -du nombre d’inclinations- et qu’on est dans la quatrième ou la cinquième inclination, par exemple, cela avant d’entrer dans la prosternation, alors ici, on considère avoir fait le moins et on continue la prière selon cette considération.

c- Si on doute du nombre d’inclinations après être entré dans la prosternation, on ne prête pas attention à ce doute.

d- Si on doute d’être dans la cinquième et dernière inclination de la première Rakaa* ou dans la sixième et première inclination de la deuxième Rakaa*, la prière n’est plus valable parce que cela revient au fait de douter du nombre des Rakaa*.

Troisième thème: La prière des deux fêtes.

Ce thème a plusieurs questions:

Q.443: La prière de la fête est spécifique aux deux jours de la fête de Al Fitr [la fin du jeûne à la fin du mois de Ramadan] qui a lieu le premier jour du mois de Chawal et Al Adha [la fête du sacrifice pendant le pèlerinage] qui a lieu le dixième jour du mois de Dhoul Hijja. Cette prière a les deux situations suivantes:

a- Si cette prière est faite par un Imam infaillible en prière commune, il est obligatoire d’y assister.

b- Dans les autres cas, elle est conseillée qu’elle soit commune ou individuelle.

Q.444: La prière de la fête n’est pas obligatoire pour le voyageur, même si l’Imam juste la fait, mais elle est conseillée dans tous les cas.

Q.445: Si la prière de la fête est commune, il est conseillé à l’Imam de faire à sa suite deux discours entre lesquels il fait une petite séparation en s’asseyant comme pour celle du vendredi, mais le prieur n’est tenu, ni d’y assister, ni de l’écouter. La prière de la fête commune n’a ni la condition qu’il y ait un nombre spécifique de prieurs, ni qu’il y ait une distance obligatoire entre une prière et une autre, contrairement à celle du vendredi.

Q.446: Pour la prière de la fête, il n’y a ni Adhan*, ni Iqama*; mais il est conseillé au Mou’adhen [celui qui appelle à la prière] de dire Assalat (à la prière) trois fois.

Q.447: Le temps de cette prière commence au lever du soleil et continue jusqu’au midi réel et ensuite on n’a pas à la faire en dette.

Q.448: La prière de la fête est composée de deux Rakaa* comme celle du matin, mais on y ajoute plusieurs choses.

Sa meilleure forme est de faire après la lecture de la Fatiha* cinq Takbira* dans la première Rakaa* et de faire le Qounout* après chaque Takbira*; dans ce Qounout*, on fait l’invocation à Dieu selon ce qu’on aime pour soi-même et pour ses frères, puis on s’incline et on se prosterne après le cinquième Qounout*, on fait quatre Takbirat* dans la deuxième Rakaa* après la lecture de la Fatiha et de la deuxième Sourate, on fait le Qounout* après chaque Takbirat* et on finit la prière; le dernier Qounout* de chaque Rakaa* est fait avec l’intention que il est probablement demandé législativement.

Q.449: Il est licite de se limiter à trois Takbirat* dans chacune des deux Rakaa* après la lecture de la Fatiha* et donc de faire trois Qounout*.

Q.450: Il est conseillé de lire la Sourate de Ach Chams [91: le soleil] dans la première Rakka* et Al Ghachiya [88: celle qui enveloppe] dans la deuxième après la lecture de la Fatiha*.