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Recommandation donnée par ‘Alî (p) dans son testament :Deux piliers à dresser et deux chandelles à allumer (Le livre de Dieu et le Sunna de Son Prophète (P))

 Dans le premier sermon du vendredi 19 Ramadan 1429 H., Son Eminence Sayyed  Mohammad Hussein Fadlallah (ra) s’est penché sur  la relation de l’Imâm ‘Ali avec le prophète Mohammad (S), le martyre de l’Imâm Ali ainsi que sur les valeurs qu’il a portées.

Le martyr du mihrâb (de  la niche)

Au dix-neuvième jour de Ramadan, à l’aube, le Commandeur des croyants (p) fut tombé en martyr après avoir été frappé, à son insu, à la mosquée de Kûfa, par un scélérat kharijite, à savoir Abdurrahmân Ibn Muljim. Avec ce grand drame catastrophique, le monde musulman a perdu un homme qui n’avait pas de pareil, après le Messager de Dieu (P), quant à ses qualités humaines et spirituelles. Nous savons que, depuis sa petite enfance, Alî (p) a vécu toute la spiritualité du Messager de Dieu (P) qui l’éduquait par ses paroles, qui lui donnait de la raison à partir de sa raison, qui lui octroyait de la spiritualité à partir de sa spiritualité, de la sagesse à partir de sa sagesse et de la fidélité vis-à-vis de Dieu à partir de sa fidélité. Au point qu’il avait l’âme du Messager de Dieu (P) dans sa raison, dans son cœur, dans son esprit et dans toute son action.

Avec l’avènement de l’islam, ‘Alî (p) était âgé d’une dizaine d’années. Il s’y engageât immédiatement, car il vivait son sens dans le sens du Messager de Dieu (P) avant même qu’il ne fut chargé par Dieu de sa mission prophétique. Dieu avait éduqué Son Messager (P) par l’esprit de l’Islam avant de l’envoyer. ‘Alî (p) signale ce fait en disant : « Depuis qu’il était nourrisson, Dieu a chargé le plus grand de Ses anges de l’accompagner jour et nuit et de le conduire sur la voie des vertus et des bons caractères. Je le suivais comme le petit chameau qui suit sa mère ». Dieu avait préparé Son Messager (P) pour qu’il vive le sens du Message dans sa conscience avant de l’envoyer comme Messager et avant de lui révéler le Coran.

‘Alî (p), le cavalier de l’Islam

‘Alî (p) a passé ses premières années de jeunesse à la Mecque. Il accompagnait le Messager de Dieu (P) et le défendait. Lorsque Quraysh eut commencé à lancer ses défis militaires contre l’Islam et les Musulmans, ‘Alî (p) fut le premier cavalier de l’Islam. C’est à son compte qu’on a dit : « Il n’y a pas de brave homme si ce n’est ‘Alî ; il n’y a pas de sabre si ce n’est Dhû al-Fiqâr». La moitié de la victoire des Musulmans dans la bataille de Badr était due à ‘Alî (p) car il avait tué la moitié des mécréants tombés au combat alors que tous les autres Musulmans avaient tué l’autre moitié.

De la bataille de Badr à celle d’Uhud, et des Factions à Hunayn, ‘Alî (p) était présent dans tous les combats de l’Islam. Son épée était celle de l’Islam et les responsabilités qui lui incombaient étaient celle de la défense de l’Islam contre tous ceux qui cherchaient à lui porter atteinte. Lorsque le Prophète (P) fut parti pour Tabûk où aucun affrontement n’avait eu lieu, il avait laissé ‘Alî (p) à Médine. Se rendant compte de son étonnement, le Messager de Dieu (P) lui a dit : « O ‘Alî, ne t’est-il pas suffisant que tu sois par rapport à moi ce qu’Aaron a été par rapport à Moïse, sauf qu’il n’y a pas de prophète après moi ? ». C’est pour cette raison qu’ ‘Alî (p) avait le rang d’un prophète, mais il n’en fut pas un. Il entendait même la voix de la Révélation. Le Prophète (P) lui a dit : « Tu entends ce que j’entend et tu vois ce que je vois, mais tu n’es pas un prophète». ‘Alî (p) fut enseigné par le Prophète (P) : « Le Messager de Dieu (P) m’a ouvert mille portes de science. Chacune de ces portes s’ouvrait sur mille autres portes ».

Le Messager de Dieu (P) savait que ‘Alî (p) fut un homme de vérité. C’est pour cette raison qu’il a énoncé à propos de lui ses paroles demeurées éternelles : « ‘Alî est avec la vérité et la vérité est avec ‘Alî ; elle se dirige avec lui là où il se dirige ». Et c’est pour cela que la vérité était le problème de ‘Alî (p) dans sa guerre, dans sa paix et lors de son califat. N’a-t-il pas dit : « La vérité ne m’a laissé aucun ami» ?

Lorsque le Messager de Dieu a voulu faire apprendre aux gens que celui qui croyait en lui doit également croire en ‘Alî (p), il a dit : "Celui qui me considère comme son maître doit considérer 'Ali comme son maître. Seigneur! Sois l'ami de ses amis, sois l'ennemi de ses ennemis, assiste ceux qui l'assistent, abandonne ceux qui l'abandonnent et fais que la vérité soit avec lui là où il se dirige".

L’Islam passe avant le califat  

 ‘Alî (p) n’avait que l’islam comme unique souci, même lorsqu’il a été privé de son droit au califat. Le califat, en tant qu’autorité officielle ne l’intéressait pas même s’il lui revenait de droit. Sont largement connues, à ce propos, ses paroles où il dit : «J’ai été frappé en voyant les gens accourir vers un tel (Abû Bakr) pour lui prêter serment d’allégeance. Je me suis donc abstenu de le faire jusqu’au moment où j’ai vu les apostats renoncer à l’Islam et chercher à étouffer la religion de Muhammad (P). Je craignais au cas où si je n’assistais pas l’Islam et les Musulmans d’y voir une faille ou une fissure qui constitueraient pour moi une catastrophe plus grande que celle qui s’abattrait sur moi en n’obtenant pas votre califat qui n’est autre que plaisir pour un nombre réduit de jours, qui ne durent que pour peu de temps et qui finissent par se dissiper comme le mirage ou les nuages. Alors je me suis mis en action jusqu’à l’établissement de la vérité et la chute de l’erreur… ». Il a dit aussi : « Je me soumettrai tant que les affaires des Musulmans sontrespectées et tant que je serai le seul à être traité injustement».

C’est dans cet esprit que l’Imâm ‘Alî (p) se conduisait, même lorsqu’il a été investi comme calife au milieu d’opposants qui se mirent à entraver son mouvement afin de l’empêcher de mettre son plan d’assainissement en application, lui qui savait comment agir pour assurer la réussite de l’Etat islamique. Il a dit à ce propos : « Dès que je me suis mis à exercer ma mission, une partie a trahi, une autre a dévié alors que d’autres ont renoncé, comme s’ils n’avaient pas entendu la parole de Dieu qui dit :((La [bonne] demeure ultime, nous l’avons réservée à ceux qui ne veulentpas être hautains sur la terre ni [y] semer la corruption. La fin heureuse appartient à ceux qui sont pieux.)) (Coran XXVIII, 83).

L’Imâm ‘Alî (p) disait : « Si le présent n’était pas présent, si la preuve n’était pas faite par la présence de partisans et si Dieu n’avait pas engagé les savants à ne pas taire l’iniquité des injustes et la souffrance des opprimés, j’aurai laissé aller les choseset vous aurai montré que votre monde-ci est moins intéressant pour moi qu’une crotte de chèvre».

‘Alî (p) était un homme qui a vécu avec Dieu toutes ses affaires. Il s’est vendu soi-même à Dieu. On a dit que c’est à propos de ‘Alî (p) que fut révélé le Verset coranique qui dit : ((Et parmi les hommes il y a celui qui se sacrifie en cherchant l’agrément de Dieu. Dieu est clémentenvers Ses adorateurs.)) (Coran II, 207).

Ceux qui n’étaient pas à la hauteur de la responsabilité islamique, en particulier les Kharijites qui ont fermé leurs entendements pour ne pas reconnaître le vrai, pour ne pas reconnaître l’Islam et connaître ce qu’était ‘Alî (p), ont comploté contre ‘Alî (p) et ont décidé de l’assassiner. Blessé mortellement, ’Imâm ‘Alî (p) a parlé de la nouvelle donne en disant : « O gens ! Chaque homme rencontrera ce qu’il fuit en fuyant. C’est vers la mort que chaque âme avance, et fuir la mort aboutit à la retrouver. Combien ai-je interrogé les jours sur le secret de cette question, mais Dieu ne voulait que le cacher. Inutile ! Car il s’agit d’une science occultée ».

La mort prédicatrice

Sur son lit de mort, l’Imâm ‘Alî (p) a fait le testament suivant : « Ma recommandation est Dieu : Ne rien Lui associer. Mohammad (P) : Ne délaissez pas sa voie. L’Islam : Il est le fait de reconnaître l’Unicité. L’action à partir de la Sunna du Messager de Dieu: ((Ce que le Messager vous apporte, prenez-le ; et ce dont il vous empêche, abstenez-vous)) (Coran LIX, 7). Dressez ces deux piliers et allumez ces deux lanternes qui sont le Livre de Dieu et la Sunna du Messager de Dieu. Vous serez exempts de toute reproche tant que vous ne dévierez pas. Dieu a exigé à chacun d’agir selon ses efforts, et Il a allégé la tâche aux ignorants. Un Seigneur clément, une religion droite et un Imâm savant. Hier, j’étais votre compagnon ; aujourd’hui, je suis une leçon pour vous ; demain, je vous quitterai. Que Dieu nous pardonne, à moi et à vous… J’étais pour vous un voisin par mon corps qui est resté parmi vous pour quelques jours. Vous retrouverez demain un cadavre sans vie, immobile après avoir été muant, muet après avoir été parlant. Que mon silence et mes membres figés soient une leçon pour vous : Ils sont des meilleurs prédicateurs, pour ceux qui entendent les prédications, que les paroles éloquentes. Je vous fais les adieux de celui qui est certain de vous rencontrer. Demain, vous verrez ce qu’ont été mes jours et mes intentions vous seront mises à découvert. Vous me connaîtrez une fois que ma place sera vide, une fois que d’autres la prendront », des autres comme Mu’âwiya et Yazîd.

Selon son fils, l’Imâm al-Hassan (p), l’Imâm ‘Alî (p) a dit, la veille de son assassinat et avant d’entrer dans la mosquée : « J’étais assis et, m’assoupissant, j’ai vu en rêve le Messager de Dieu (p) et je lui ai dit : ‘O Messager de Dieu ! Vois-tu toute la déviance et l’animosité avec lesquelles ta Nation se conduit-elle à mon égard ?’. Il m’a répondu : ‘Prie Dieu contre eux’. J’ai alors prié Dieu en disant : ‘Seigneur ! Donne-moi, à leur place, des sujets qui soient meilleurs qu’eux ; et donne-leur, à ma place, des gouverneurs qui soient pires que moi’».

L’Imâm ‘Alî (p) a dit aussi après l’attentat qui l’a visé: « Hier, j’étais parmi vous. Aujourd’hui, je suis une leçon pour vous. Demain, je vous quitterai. Si je continue de vivre, je déciderai quant au prix de mon sang. Si je meurs, je suis de toute façon en rendez-vous avec la mort. Si je pardonne, le pardon me rapprochera de Dieu et sera pour vous une bonne œuvre. Pardonnez donc : N’aimeriez vous que Dieu vous pardonne ?». Il a dit aussi : « Par Dieu la venue de la mort ne m’a pas surpris… Ce qui est auprès de Dieu vaut mieux pour les bons serviteurs ».

Les limites de la loi et son application 

 La grandeur de ‘Alî (p) qui doit nous servir d’exemple consiste dans le fait qu’il voulait appliquer la loi sur lui-même avant de l’appliquer aux autres. Il a rassemblé ses proches à qui revient de décider du prix du sang et leur a dit : «O Fils de Abdulmuttalib ! Evitez de tuer des Musulmans sans discernement et de dire que vous le faites parce que le Commandeur des croyants a été tué. Ne tuez que celui qui m’a tué. Regardez ! Si je meurs à cause du coup qu’il m’a asséné, assénez-lui un coup identique et n’infligez pas à cet homme un châtiment exemplaire, car j’ai entendu le Messager de Dieu (P) dire : « Gardez-vous d’infliger un châtiment exemplaire même au chien enragé ».

Chers frères ! Nous célébrons maintenant la mémoire de ‘Alî (p) qui n’est plus parmi nous mais qui est toujours vivant dans nos raisons, dans nos cœurs et dans nos sentiments. Nous ne pouvons que nous incliner respectueusement devant la grandeur de l’Imâm ‘Alî (p). Nous ne pouvons que l’aimer de tous nos cœurs et de toutes nos raisons, car  réfléchir à lui et l’étudier nous poussent à lui vouer tout notre amour. Si nous nous considérons comme des partisans de ‘Alî (p), cela nous exige d’emprunter sa voie et de nous ouvrir sur sa pensée, car ‘Alî (p) a donné à l’humanité une pensée dont personne ne sent l’appartenance au passé.

Un occidental a dit : « Si ‘Alî existait maintenant, tu verrais la mosquée de Kûfa toute remplie d’occidentaux. Tu n’y verrais aucun Arabe ».

C’est pour cette raison que nous devons vivre ‘Alî à partir de sa pensée, de sa science et de sa sagesse, car il fut la lumière qui éclaire notre chemin.

Enfin, nous lisons ce qui a été dit à son propos par un poète chrétien :

 « Ciel ! Baisse-toi humblement ! Terre ! Calme-toi et soumets-toi, car j’ai évoqué ‘Alî ! »

Le 19 Ramadan 1429 H., 19 septembre 2008 Ap. J.C.

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