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L’Imâm ‘Alî (p) et son attitude à l’égard du califat

Ibn ‘Abbâs dit : « Je suis entré chez le Commandeur des croyants alors qu’il se trouvait à Dhû Qâr et j’ai vu qu’il était occupé à rapiécer ses chaussures. Il m’a dit : ‘Quelle est la valeur de ces chaussures ?’. J’ai répondu : ‘Elles n’ont pas de valeur’. Alors il m’a dit : ‘Par Dieu ; elle me sont plus chères que votre commandement, si ce n’était pas d’établir une vérité ou de repousser une fausseté’ ».

Même le commandement, Alî (p) l’a mis au service de l’attitude et de la droiture des moyens, car ce qu’il voulait c’était le commandement du Message et non pas le commandement de la personne.

C’est pour cette raison qu’il était ouvert à la réalité à travers le Message ; Dieu était pour lui tout ce qui comptait. Il ne pensait qu’au salut de l’Islam et des Musulmans. D’où il disait : «  Je craignais au cas où si je n’assistais pas l’Islam et les Musulmans d’y voir une faille ou une fissure qui constitueraient pour moi une catastrophe plus grande que celle qui s’abattrait sur moi en n’obtenant pas votre califat qui n’est autre que plaisir pour un nombre réduit de jours, qui ne durent que pour peu de temps et qui finissent par se dissiper comme le mirage ou les nuages. Alors je me suis mis en action jusqu’à l’établissement de la vérité et la chute de l’erreur… ». Il disait aussi dans le même sens : « Je me soumettrai tant tant que les affaires des Musulmans seront épargnées ».

D’où, l’opposition qu’il a menée après avoir été frustré de son droit au califat, n’était pas le fait d’un complexe personnel. Elle était une opposition dictée par une attitude attachée au vrai et au droit. Et c’est pour cela qu’il avait une attitude positive à l’égard de ceux qui l’avaient devancé en le frustrant de ses droits : Il leur fournissait des conseils et coopérait avec eux car l’Islam l’exigeait. L’un de ceux-là a dit à ce propos : « S’il n’y avait pas ‘Alî, ‘Umar aurait péri ! ».

‘Alî (p) au pouvoir

Au pouvoir après avoir été élu par les Musulmans, l’Imâm ‘Alî (p) a exercé le pouvoir tel qu’il est voulu par le Messager de Dieu (P). Il s’arrêtait là où le Messager de Dieu (P) s’arrêtait et agissait conformément à la loi divine. C’est pour cette raison qu’il a été fort, ferme et décisif.

Il croyait pourtant à la logique du dialogue. Il ouvrait son cœur à ceux qui s’étaient révoltés contre lui, afin de les aider à retrouver le vrai. Dans l’une de ses discussions avec Talha et az-Zubayr, Il leur a dit :

« Vous vous êtes révoltés pour peu de choses et vous avez omis beaucoup d’autres. Demandez le pardon de Dieu, Il vous pardonnera. Dites-moi, vous ai-je frustrés d’un droit vous appartenant ? Etais-je injuste envers vous ? ». « Par Dieu, Jamais ! Nous nous en gardons », ont-ils répondu.

Il leur a dit : « Me suis-je emparé d’une partie de l’argent public ? ». « Par Dieu, Jamais ! ». Ont-ils répondu.

Il leur a dit : « Ai-je ignoré et me suis-je montré faible en défendant le droit d’un Musulman ? ». « Par Dieu, Jamais ! ». Ont-ils répondu.

Il leur a dit : « Que m’avez-vous reproché au point de vous révolter contre moi ? ».

Ils ont répondu : « Tu as agi contrairement à ‘Umar Ibn al-Khattâb dans le partage des soldes. Tu nous as donné une part équivalente à la part des autres. Tu nous as traités à pied d’égalité avec ceux qui ne sont pas nos pareils en distribuant ce que Dieu nous a donné grâce à nos épées et nos lances, grâce à notre cavalerie et nos fantassins qui ont fait triompher notre cause et qui nous ont permis de nous emparer par la force des biens de ceux qui n’acceptent l’Islam que par la force ».

Il leur a dit : « Vous me reprochez le fait de ne pas vous consulter. Par Dieu, je ne désirais point le commandement mais vous m’y avez invité et vous m’avez choisi. Je ne me suis pas opposé par crainte de voir la discorde frapper la Nation. Une fois élu, j’ai consulté le Livre de Dieu et la Sunna du Prophète au sujet de ce qui nous est prescrit et j’ai suivi la ligne qui nous est tracée. Je n’ai pas eu besoin pour le faire ni de vos avis ni des avis d’autres personnes. Si je m’étais trouvé face à une situation qui n’est pas qualifiée par le Livre de Dieu ou la Sunna de son Messager et au sujet de laquelle la consultation s’imposait, je vous aurais consultés. Pour ce qui est de la partition et de l’égalité, ce n’est pas une affaire qui relèverait de ma propre décision. Moi et vous, nous avons vu comment le Messager de Dieu (P) agissait à ce sujet qui est en plus éclairé par le Livre de Dieu que l’erreur ne s’y glisse de nulle part. Quant à vos reproches selon lesquelles j’ai distribué, à parts égales, à vous et aux autres, les biens que Dieu vous a restitués grâce à vos épées et vos lances, eh bien, il y avait avant vous des gens qui ont assisté l’Islam de leurs épées et de leurs lances sans pour autant être privilégiés par le Messager de Dieu (P) quant à la distribution des parts ni favorisés en raison de leur ancienneté. Dieu, à Lui la Grandeur, rétribuera au Jour de la Résurrection les anciens et les combattants en échange de leurs actions. Par Dieu, vous n’aurez de ma part et personne n’aura autre chose en dehors de cela. Que Dieu dirige nos cœurs et les vôtres vers le vrai et qu’Il nous arme, vous et nous de la patience ! ».

Après cela il a conclu en disant :

« Que Dieu soit miséricordieux envers un homme qui, voyant quelque chose de vrai et de droit, l’assiste ; envers un homme qui, voyant quelque chose d’injuste, le repousse, et envers un homme qui, par la vérité, assiste celui qui agit pour la vérité ».

Voilà ce qu’est la logique de ‘Alî (p), cette logique calme avec laquelle il leur a parlé. Il a pris une attitude décisive face à ces deux hommes qui étaient deux Compagnons du Messagers de Dieu (P) et qui lui ont demandé de les favoriser.

Et lorsque ces deux hommes lui ont déclaré la guerre après avoir attiré à leur cause la Mère de Croyants ‘A’isha, il a utilisé tous les moyens pour éviter la guerre. Mais il a été contraint de s’y engager pour établir l’ordre de la Nation.

Il en a été de même avec Mu’âwiya. Il ne lui a déclaré la guerre qu’après avoir fait scission en Syrie s’opposant ainsi à l’autorité légale représentée par l’Imâm ‘Alî (p) du fait de sa position par rapport à Dieu et du serment d’allégeance que les Musulmans lui avaient prêté.

Et lorsque les Kharijites ont protesté contre son adhésion à l’Arbitrage, il ne les a pas persécutés parce qu’ils l’attaquaient de leurs critiques et il ne les a combattus parce qu’ils s’opposaient à lui et l’insultaient. Il les a combattu lorsqu’ils ont tué un homme croyant, à savoir Habbâb Ibn al-Arathth, avec sa femme qui a eu le ventre déchiré à coups de sabres. C’est là que ‘Alî (p) est intervenu pour rétablir l’ordre du moment où les Kharijites étaient devenus des brigands.

‘Alî (p) n’a jamais combattu un adversaire parce qu’il s’opposait à lui. Il a donnée à ceux qui s’opposaient à lui toute la liberté d’interroger et de s’opposer. Il intervenait seulement du moment qu’ils commençaient à troubler l’ordre public. On dit que l’assistance a voulu tuer l’un des Kharijites parce qu’il a interrompu ‘Alî (p) pendant qu’il parlait en disant à son compte : « Que Dieu soit son ennemi ; qu’il est versé dans la jurisprudence ! ». Mais l’Imâm ‘Alî (p) a dit : « Doucement ! Il n’a fait que m’insulter et il revient à moi de l’insulter ou de le pardonner ».

L’Imâm ‘Alî (p) respectait l’enseignement divin même quand il était injustement traité dans ses affaires personnelles Toute sa vie était un engagement au service de la vérité dans tous les sens de la vérité. Toute sa vie était un engagement au service de l’Islam qu’il a assisté et soutenu de toutes ses forces. Toute sa vie était un engagement sans relâche et responsable au service de Dieu et des affaires des Musulmans. C’est lui qui a dit : « Celui qui est fort et respecté est, à mes yeux, faible et rabaissé jusqu’à ce que je lui ôte ce qu’il doit. Celui qui est faible et rabaissé est, à mes yeux, fort et puissant jusqu’à ce que je lui donne ce dont il a droit ».

‘Alî (p) ne reconnaissait pas le droit des privilégiés au pouvoir. Les nobles et les faibles étaient pour lui égaux face au droit et au vrai. Il l’a appris du Messager de Dieu (P) qui a dit : « Ceux qui vivaient avant vous ont péri car ils pardonnaient les nobles lorsqu’ils volaient et châtiaient les faibles lorsqu’ils volaient ».

S’agissant de la vérité et de la droiture, il n’y a pas de différence en Islam entre classes supérieures et classes inférieures. Les questions de vérité et de fausseté ne dépendent pas du statut social de la personne, mais de la vérité et de la droiture de cette personne.

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