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Entretien avec Sayyed Jaafar Fadlallah, fils de l’Autorité Religieuse Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah (ra):
En hommage au réformateur qui a défié les stéréotypes

Propos recueillis par Talal René Darjani

Il y a plus d’un an, jour pour jour, le Liban pleurait le décès d’un éminent réformateur l’Ayatollah Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah (ra). Sa mort a provoqué une onde de chocs parmi les Libanais, notamment au sein de la communauté chiite qui voyait en lui, une source fiable en matière de jurisprudence et d’interprétation des textes coraniques.

En 1975, alors que le Liban plongeait dans le chaos et les bains de sang, il a appelé les rivaux à faire prévaloir le dialogue national. Au milieu des années 90, le dignitaire religieux devient une source d’imitation pour des milliers de chiites à travers le monde. Il a depuis rejeté les traditions préislamiques en mettant en valeur le vrai message coranique, celui de la tolérance, de la paix et du respect des religions monothéistes faisant de l’Islam un modèle d’universalisme. Ces positions lui ont valu une opposition de la part de certains membres du clergé chiite qui voient vraisemblablement en ses positions une perte de leur hégémonie. Sayyed Fadlallah a, de par son ouverture d’esprit, brisé le mur du silence qui consistait à instrumentaliser la religion pour des buts strictement personnels.

-Depuis son arrivée au Liban en 1966, s’y établissant définitivement, l’Ayatollah Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah, source d’imitation de milliers de chiites à travers le monde s’est aussitôt défini une politique d’ouverture, de dialogue avec toutes les factions de la société libanaise. Son but étant de principalement de la promotion d’une culture d’entente nationale. Parlez-nous de son parcours, depuis la naissance dans la ville Sainte de Najaf en Irak jusqu’à son décès le 4 juillet 2010.

-Sayyed Fadlallah, une des grandes figures de l’Islam chiite est né dans la ville Sainte de Najaf en 1935. Depuis son plus jeune âge, il s’est intéressé aux études religieuses, coraniques notamment. Il n’a pas bénéficié d’une enfance aisée dans le sens où il vivait dans une famille pauvre ne possédant pas de richesses ni d’atouts financiers. A la même date, certains groupuscules sionistes, commençaient à piller la Terre Sainte. Ils se livraient à des attaques meurtrières contre les villageois de la Palestine. Quelques années plus tard, le monde arabe commence à affronter des problèmes fondamentaux : En 1948, l’entité sioniste s’implante dans la région, des bouleversements balayent le monde arabe, des affrontements opposent les baathistes aux nationalistes, le communisme se propage de plus en plus en Irak. A toutes ces crises d’ampleur vient s’ajouter la guerre froide, opposant à l’époque, l’union soviétique (L’URSS) aux Etats-Unis d’Amérique. Des conjonctures clés qui ont favorisé l’émergence des partis islamistes. Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah a donc été bercé dans une phase assez délicate et mouvementée par des circonstances majeures. Il a de facto, accordé une importance inouïe aux études religieuses, puisqu’il appartenait à une famille cléricale. Son but imminent était d’œuvrer à retrouver un Islam contemporain et civilisé afin de pouvoir le proposer au monde d’une manière scientifique. Il a enseigné plus tard la jurisprudence islamique à la Hawza. Ses élèves venaient de tous les coins du monde arabo-islamique assister à ses cours. Il fut l’un des chefs religieux les plus ouverts aux courants religieux islamiques de son époque.

Ses études islamiques ne l’ont jamais poussé à négliger les aspects culturels et poétiques. Il était fasciné par les autres cultures et les innovations scientifiques. Cette tendance l’a certes poussé à aller découvrir l’autre. Sayyed Fadlallah est doté d’une intelligence remarquable qui l’a poussé à investiguer les chantiers religieux, politiques, culturels et scientifiques. Il a souvent été à la rencontre des plus démunis en Irak pour leur inculquer les vraies valeurs de la religion. Il a prêché l’Islam de la paix, de l’amour et de la tolérance auprès des plus pauvres et démunis. Il a même enseigné la religion dans les étables. Sa vie était en perpétuel mouvement. Il s’est basé essentiellement sur les valeurs fondamentales de l’Islam, non pas sur les particularités du chiisme duodécimain. Il choisissait même des mots qui ne faisaient pas ressortir les différences entre les familles religieuses. Il a milité pour divulguer les valeurs universelles de la religion ayant un impact sur les autres confessions.

Sayyed Fadlallah a promu une nouvelle vision du monde et de la vie en se basant essentiellement sur les textes coraniques. Il n’est pas allé puiser son idéologie ailleurs. Il prônait une idéologie progressiste de l’être humain et du monde.

En 1966, il retourne au Liban où il s’installe définitivement. Il a habité dans la région de Nabaa, dans la banlieue ouest de Beyrouth. Une région connue pour sa diversité sur le plan confessionnel.

Il a prêché l’Islam de la paix, de l’amour et de la tolérance près des plus démunis

Durant la commémoration d' Achoura (le jour de la commémoration du Martyre de l’Imam Al-Hussein (p), petit-fils du Prophète (p) et fils de l’Imam Ali Ibn Abi-Taleb (p)), les chrétiens assistaient aux rencontres qui se déroulaient dans les mosquées. Des poètes chrétiens parlaient eux aussi des valeurs d’Al-Hussein (p). En fait, la grande Autorité Religieuse a instauré cette vision d’un monde uni, depuis le début de sa carrière à Najaf, pour l’achever au Liban. La promotion d’une culture de paix, de dialogue et de cœxistence passait au-delà de tout autre intérêt instantané. En 1975, alors que la guerre civile s’abattait sur le Liban, il a essayé tant bien que mal de préserver une position neutre, à égale distance des belligérants de l’époque. Il s’est basé sur le Coran ainsi que sur des récits prophétiques pour encourager le dialogue et mettre fin aux tueries, aux bains de sang et aux obus qui endeuillaient les familles libanaises. Sayyed Fadlallah n’a jamais accordé une importance pour le présent. Pour lui, la construction d’un meilleur avenir passait obligatoirement par le dialogue national. En 1982, le Beyrouth était la deuxième capitale qu’occupait l’entité sioniste. En réponse, le défunt a opté pour un avis tranchant qui consistait à encourager la Résistance et le pouvoir non pas l’agression. Le but étant de s’affirmer sur la scène et en tant qu’acteur puissant, capable de vaincre la volonté de l’agresseur tout en refusant de céder à ses ordres. Il a donc dans cette perspective participé au financement de la Résistance. Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah a aussitôt compris les malheurs du pays. Il a régulièrement tenté de réorienter les dissidents vers le bon chemin afin mettre fin aux discordes politico-confessionnelles. Les dialogues interminables entre les sourds, ne servaient selon lui à rien. Il fallait trouver une issue obligatoire, basée sur une réelle entente nationale. Au milieu des années 90, il est devenu officiellement une source d’imitation. Cette affaire lui a valu la montée spectaculaire d’une opposition radicale. Certains courants chiites se sont ouvertement opposés à sa nomination en tant que source d’imitation. La raison résidait dans son refus de céder à un héritage culturel dépassé. Sayyed Fadlallah a promu une nouvelle vision du monde et de la vie en se basant essentiellement sur les textes coraniques. Il n’est pas allé puiser son idéologie ailleurs. Il ne s’est pas imprégné des mouvements liberticides occidentaux. Le Coran était sa source principale de jurisprudence. L’Ayatollah prônait une idéologie progressiste de l’être humain et du monde. Cette idéologie nécessitait la modernisation de la pensée islamique accompagnatrice du développement du quotidien. Il a aussitôt compris qu’un meilleur avenir passait obligatoirement par l’adoption d’un modèle de pensée mobile non pas figée dans le passé. Autrement, l’Homme n’aura pas sa place dans un monde en constante évolution. De passage à la guerre des 33 jours, durant lesquels Israël a versé sa haine sur le Liban, la grande Autorité Religiuese était parmi les premiers à comprendre les buts non déclarés des politiques mises en places par certaines grandes puissances. Cette guerre qui a valu des pertes colossales pour le Liban, consistait à concrétiser le projet du nouveau Moyen-Orient, non pas l’éradication de la Résistance uniquement. Sayyed Fadlallah a compris la nature du complot visant à effriter la région. Cet homme a prêché les valeurs humaines. C’est lui qui a un jour dit : « Nous ne combattons pas l’ennemi, mais nous combattons son animosité ». Il a glorifié l’être humain en lui octroyant une place privilégiée dans sa pensée. Malgré plusieurs tentatives d’attentats, qui ciblaient son cortège et son lieu de résidence, en 1985 notamment, il a appelé au dialogue et a consacré un amour inconditionnel au Tout-Puissant.

Même après sa mort, Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah reste désormais une personnalité emblématique, source de pleines polémiques. Une personnalité complexe, à laquelle s’intéresseraient même les générations à venir. La nouvelle génération doit bénéficier d’une interprétation moderne de la religion

-Nous assistons à la montée spectaculaire des centres religieux décrétant des fatwas (avis religieux) souvent problématiques. La multiplication de ces centres n’est-elle pas une source de désorientation des musulmans dans le sens où elle contribue à leur désinformation plutôt qu’à les guider vers le bon chemin ?

-L’Ayatollah Fadlallah est trans-générationnel. Son rapport aux gens ne s’est jamais limité à sa personne. Il a par contre mis en place une règle se basant essentiellement sur le décret d’un avis religieux qui naît d’une nécessité sociale et compréhensible par les fidèles. Cette base n’a jamais incarné une matière solide ou juridique solide. Elle reflète un besoin approuvé par la société. Les générations qui ont fréquenté son éminence sont des générations éduquées, cultivées. Elles ont toutes compris l’idéologie de base de ce dignitaire religieux. Ces générations sont assez équipées. Elles transporteront sûrement leur savoir-faire pour les générations à venir. En tant que source d’imitation, Sayyed Fadlallah a dérangé de par son ouverture d’esprit les sources d’imitation traditionnelles qui refusent de s’adapter aux exigences du 21ème siècle.

Au milieu des années 90, il est devenu officiellement une source d’imitation.

Sayyed Fadlallah expliquait souvent que la fatwa émane du contexte social, embrasse l’ère scientifique et se base sur la religion. Elle est le fruit de ces facteurs. Elle n’incarne surtout pas une source de jurisprudence qui s’applique à la société sans qu’elle ne soit justifiée. Sayyed Fadlallah, paix à son âme, a aussitôt compris que la nouvelle génération, adepte de la modernisation et du développement doit bénéficier d’une démocratisation et d’une interprétation moderne de la religion. Il ne s’est jamais débarrassé du Coran. Le livre saint reste sa principale source dans laquelle il puise ses connaissances religieuses. Ce grand réformateur n’a jamais eu peur des retombées du changement sur la société. Il est l’adepte et le défenseur d’un Islam en adéquation avec le présent. Il a contribué au développement de l’idéologie islamique et humaine. J’appelle les élites culturelles et religieuses à s’inspirer de cette expérience réformatrice. Toute tentative de résistance qui redoute les compétences de la grande Autorité Religieuse contribuera à mettre en place une société figée reniant les tendances réformistes. Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah n’a par contre accordé aucune importance au nombre de fidèles qui le considéraient comme une source d’imitation. Pour lui, le travail intellectuel, religieux et social primait sur les décomptes et la course vers le rassemblement des gens autour de sa personne. L’homme doit conserver sa marge de manœuvre et de pensée libre même si, religieusement, il est l’apprenti des hommes religieux. Il doit être en mesure de disposer de sa conscience. Ces idées sont véhiculées par le Coran. Le rôle de l’Autorité Religieuse est donc d’interpréter le Coran et de comprendre la conjoncture sociale. La compréhension des passages coraniques nécessite donc une compréhension de la réalité environnante. Le religieux ne doit pas se déconnecter de la réalité et de l’actualité quand il s’agit d’interpréter la religion ou de décréter un avis religieux. Il favorisera autrement l’émergence d’une fatwa inadéquate relevant d’un siècle antécédent. Mais la disparité des points de vue et tout à fait normale. Nous ne nous opposons à aucune instance qui a des points de vue différents de ceux décrétés par Sayyed Fadlallah. Son école et son idéologie n’ont pas abouti à leur fin dès le début. Chose tout à fait normale. Les gens ont besoin de temps pour adopter une quelconque pensée réformatrice. Une fois intériorisé, le changement se sentira concrètement. Cette expérience reflète exactement le vécu de feu Ayatollah Fadlallah qui, dès le début, a prôné la réforme et l’esprit progressiste.

« L’Islam interdit à l’homme d’exercer une quelconque violence sur la femme, qu’elle soit verbale en la privant de ses droits légaux » : des propos émis par Son Eminence Sayyed Fadlallah, à l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes. La grande Autorité Religieuse a alors émis une fatwa avant-gardiste selon laquelle «  la femme dispose d’un plein droit de répondre à la violence physique de l’homme contre elle par une même violence, dans le cadre de l’autodéfense ». Le dignitaire a de même octroyé à la femme le droit de résister à tout genre de violence qui puisse être exercé à son égard, qu’elle soit physique, sociale, psychologique ou pédagogique.

- Un an après son décès, qui pensez-vous sera-t-il en mesure d’assurer la relève ?

- Parler d’une idéologie, d’un mode de pensée, d’une expérience riche en innovation revient à parler d’un chemin ininterrompu. Nous appartenons à cette école qui a vu le jour avec l’événement du premier prophète prêchant les valeurs humaines et divines. Cette lignée prophétique nécessite des renforts dans le sens où certaines personnalités contribuent à l’enrichir. Notre but, ne se limite donc pas à apporter une plus-value à la religion ou à l’humanité. L’idéologie du feu Ayatollah Fadlallah n’appartient aucunement à la famille, non plus à un parti politique donné ou à une quelconque organisation. Elle sera à la disposition des générations à venir qui se serviraient des connaissances de son éminence. Ce sont donc les générations qui l’ont côtoyé et celles qui vont venir qui prendront en charge la continuation et la concrétisation de ses pensées. Toute personne pouvant comprendre les stratégies, les modalités de mobilisation et d’adaptation et promouvant une culture de cœxistence et d’ouverture sera en mesure de poursuivre le chemin. Si aujourd’hui, même les plus réfractaires à l’idéologie de la grande Autorité Religieuse se contentaient de réviser leurs positions et leurs points de vue, ils de rendraient compte de l’importance de l’idéologie qu’il a véhiculée pour le bien-être de l’Homme. La pensée de cet homme promeut avant tout l’évolution vers un meilleur avenir.

Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah a contribué à garantir plus de liberté à la femme. Il a eu recours aux textes coraniques. Il ne s’est absolument pas inspiré des textes civils. Son idéologie qui prône la défense des droits de la femme est le fruit d’une étude approfondie de l’Islam et des textes coraniques. Cette fatwa avant-gardiste lui a valu des affrontements avec des autorités religieuses et sociales qui refusaient d’accorder à la femme ses droits les plus élémentaires. Malgré l’opposition qui a essayé de museler tant bien que mal sa décision, il a affiché un déterminisme dans sa position. Il n’a jamais lâché l’affaire. L’injustice sociale n’est pas une caractéristique de l’Islam. Elle est par contre une tendance dans le monde arabe, en étroite relation avec la culture de cette région. L’Occident a tendance à assimiler la violence faite aux femmes à l’Islam. Cette position est le fruit brut d’une incompréhension de cette religion qui interdit catégoriquement l’atteinte à la dignité de l’Homme. Par cette fatwa, la grande Autorité Religieuse défie les tabous et assure un divorce entre un héritage culturel souvent anarchique et les valeurs universelles de l’Islam. Son esprit critique, sa diplomatie et la paix qu’il dégageait, ont contribué à l’éradication de plusieurs problèmes qui guettaient la société libanaise. Le monde arabe a certainement perdu une personnalité exceptionnelle.

L’Occident a tendance à assimiler la violence faite aux femmes à l’Islam

Depuis son arrivée au Liban, son éminence s’est engagé dans une course contre la montre pour promouvoir une culture se basant essentiellement sur le dialogue entre les différentes familles religieuses. Il a par contre incité les chrétiens d’Orient à ne jamais se déraciner car ils sont une composante essentielle de cette région. La civilisation musulmane n’a jamais incité à la haine ni au rejet de l’autre. Elle appelle par contre au vivre-ensemble. Mais malheureusement, certaines puissances sur l’échiquier international sèment la zizanie dans la région et alimentent la haine.

Il a incité les chrétiens d’Orient à ne jamais se déraciner car ils sont une composante essentielle de cette région.

Ces puissances, et dans le but de concrétiser leur stratégie, misent sur les minorités religieuses qui sont instrumentalisées d’une façon hypocrite. Les chrétiens ne doivent surtout pas céder à cette politique de terreur. Ils doivent par contre briser le mur de l’effroi, responsable de leur drame. Les groupuscules fondamentalistes et rigoristes favorisent de par leur naïveté et leurs positions extrémistes la concrétisation du projet occidental impérialiste. On doit défendre la présence militaire de cette communauté en Orient. Chrétiens et musulmans payent le prix lourd des attaques terroristes perpétrées dans le monde arabe. Toutes les catégories religieuses rejettent ce mode de pensée médiévale qui menace la stabilité de la région. Nous revendiquons notre droit à la liberté et à disposer de nos richesses naturelles. Nous ne sommes pas les fils d’aujourd’hui : la rationalité et la neutralité protégeront le Liban. Avant le déclenchement de la guerre civile, les Libanais vivaient en harmonie au point où le sentiment communautariste n’existait pas. Mais en 1975, les puissances étrangères ont instrumentalisé ce sentiment dans le but de mettre fin à la cause palestinienne. Le Liban était et est toujours une scène sur laquelle les autres font leur guerre. Les Libanais doivent être conscients de la dangerosité de cette stratégie. Ils frôleraient sinon le degré de la naïveté. Nombreux sont les facteurs qui peuvent avoir des répercussions au Liban. Pour les contrer, on doit s’immuniser dans le sens où on doit mettre en place des contrats sociaux et des valeurs protectrices.

-Qu’avez-vous vraiment perdu avec la mort de votre père ?

-J’ai perdu l’espoir, la tendresse. Durant les moments les plus durs, ceux de la guerre notamment, nos sentiments et nos réactions dépendaient intimement de ceux du père. Il suffisait de regarder son visage pour comprendre les évolutions de la crise. Même durant les guerres et les opérations militaires, on ne s’éloignait pas de lui. Il est la source de confort et d’accalmie. Sa vie était souvent exposée aux dangers et aux périls. Il a été menacé à plusieurs reprises. Malgré tout, nous bénéficions d’une tendresse remarquable. J’ai perdu le vrai ami avec lequel je partageais les moindres détails personnels qui relevaient souvent des préoccupations enfantines par rapport à ceux de mon père. Il m’a entouré des plus beaux sentiments et d’un amour paternel exceptionnel. J’ai aussi perdu un éducateur et une grande personnalité caractérisée par son ouverture d’esprit. Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah, l’Homme, le père, le beau futur n’est plus. Son passage à l’Au-delà est assez dur. J’arrive difficilement à m’habituer à son décès. Il est désormais présent dans a conscience, dans mon cœur et dans mes sentiments. Son âme  hante ma vie. Je suis en plein désert.

Le 20/10/2011 Ap. J. C / 23 Dhul-Qi’da 1432 H

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