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L’Imitation (le Taqlîd)

Ayatullah Al ‘Uzmâ As-Sayyid M.H Fadlallah

Emprunté à son livre : Fî rihâbi Ahlil-Bayt (a.s) T :1

Le Taqlîd (l’imitation) en matière de dogme.

L’Imitation (le Taqlîd) en matière de foi.

 

Q  : Pourquoi n’est-il pas permis de suivre (un savant) en matière de dogme (fondements de la foi), les gens n’étant pas capables de les distinguer des articles de la loi

R  : Les fondements de le la foi se résument en la croyance en l’existence d’Allah, en Son Unicité, en la prophétie du Messager et en la Résurrection. Ceci constitue la base de la religion et ne peut donc être sujet d’imitation. Sinon des personnes seraient tentées de geler leur pensée et de se contenter de suivre les autres qui pourraient facilement les égarer. Il s’agit en cette matière de réfléchir indépendamment des autres et d’avoir sa propre position authentique et profondément sincère. Pour fonder sa propre pensée, sa croyance et sa foi il est donc nécessaire d’opérer une réflexion personnelle avec la possibilité d’avoir recours aux autres pour aider au raisonnement dans la recherche de la vérité. Mais il y a une différence entre : ‘‘réfléchissez pour moi’’ et ‘‘réfléchissez avec moi’’. Pour avoir sa propre conviction, il est donc possible de chercher de l’aide auprès de ses semblables non pour les imiter mais pour se faire renseigner plus amplement, pour dialoguer et se faire orienter dans le but d’arriver soi-même aux conclusions décisives. Allah –gloire à Lui- veut que nos convictions en matière de foi soient bâties sur l’indépendance de l’esprit et de la pensée qui n’exclut pas la possibilité de s’ouvrir aux idées d’autrui. Pour exercer pleinement et authentiquement son existence personnelle, il faut donc construire soi-même sa propre position en matière de foi. Quant aux articles de la shari‘ah, ce sont des détails au sujet desquels le recours à l’expertise est nécessaire. Ainsi faire appel à ses coreligionnaires spécialisés en la matière et dignes de confiance pour connaître les ramifications de la loi, ne comporte aucun aspect négatif.

La raison qui ne conduit pas à la connaissance

Q : Allah pardonne-t-Il à la raison de ne pas être parvenu à croire en Son existence ?

R : Est-il pensable qu’une raison humaine qui se respecte ne puisse croire en Allah dont l’existence explique celle de l’univers ? Si l’on explore la nature physique de ce dernier, on trouve qu’aucun de ses éléments ne comporte en lui-même la racine qui provoque nécessairement son existence. Ainsi, selon les philosophes, le ‘‘possible’’ se caractérise par le fait que ni son ‘‘être’’ ni son ‘‘non-être’’ n’est nécessaire. Si l’existence et la non-existence des montagnes, des mers, des fleuves, de l’homme et des autres créatures sont égales devant l’être et le néant, qu’est ce qui favorise l’un plutôt que l‘autre ? C’est la puissance divine, la force d’Allah –gloire à Lui.

D’aucuns posent cette question : et Allah, qui L’a créé ? S’est-Il créé lui-même ? Or, s’il n’y avait pas eu de divinité, rien n’aurait pu être. C’est l’existence d’Allah qui justifie celle de l’univers que nous avons sous les yeux, sujette à nos expériences. L’Etre supérieur ne relève pas du possible mais du nécessaire. Son essence comporte en elle-même la nécessité de son Existence. Dans l’hypothèse où cette divinité supposée nécessaire ne l’était pas et qu’il y en avait une autre qui était à l’origine de la création, c’est cette entité qui a agi et n’a pas été agie qui est Allah.

Les êtres intermédiaires supposés être Lui ne le sont pas et cela ne pouvait s’enchaîner à l’infini ; sinon on ne rencontrera jamais le point de départ de la création. Or, celle-ci est là et témoigne de son Auteur. Pourquoi donc des gens doutent-ils de Son Existence –gloire à Lui- ?

Si moi je ne comporte en moi-même la raison de mon existence, cela veut dire que je dépends d’un Créateur. Aucun problème n’aurait pu se poser si je n’avais pas existé. Mais si l’Etre nécessaire ‘Allah’ n’était pas, l’univers ne serait pas.

L’homme doit donc de par l’esprit et la raison dont il est doté discerner l’état des choses après avoir usé de l’étude objective appropriée. Il n’est pas légitime de demander à la raison humaine de céder sans avoir douté et scruté. L’on sait que le doute ‘‘méthodique’’ reste le chemin qu’emprunte l’esprit pour chercher ses réponses. Pour inciter au dialogue, le Coran en use aussi et présente le Prophète (SAW) devant ses interlocuteurs incrédules comme étant lui-même en doute devant le sujet en question « oui, nous comme vous, ou bien suivons la voie droite ou bien nous sommes manifestement égarés » (Coran XXXIV,24).

Ainsi Allah –gloire à Lui- enseigne à Son Messager qui a apporté la Vérité, l’art de dialoguer, qui consiste d’abord à reconnaître à l’autre partie le droit de douter avant de mettre la main sur la vérité vers laquelle doivent converger deux esprits qui doutent positivement, qui se meuvent, méditent et cherchent à se rencontrer s’ils arrivent au même résultat.

Le Coran est la source du dogme.

Q : Le Coran es-il la source du dogme chez les Musulmans comme il est la source de leur législation ? Ou bien cela relève-t-il de l’entendement de tout un chacun ?

R : Le Coran est la source du dogme islamique. C’est une source infaillible parce qu’il s’agit du Livre d’Allah. « Nous avons fait descendre le Rappel (l’Edification, le Livre) et Nous en sommes les Gardiens » (Coran XV, 9).

Le Coran est donc exempt de toute falsification, d’ajout ou de diminution. C’est le « Livre précieux. L’erreur ne s’y glisse de nulle part… » (Coran XLI, 24), à tel point qu’Allah menaça le Prophète (en fait, c’est la Communauté qui est visée à travers lui) dans les versets suivants pour le détourner de toute altération du Coran : « S’il nous avait attribué quelques paroles mensongères, Nous l’aurions pris par la main droite puis Nous lui aurions tranché l’aorte et nul d’ente vous n’aurait été capable de s’y opposer » (Coran LXIX, 44-47).

Si le Livre d’Allah est protégé par Allah lui-même contre toute manipulation, son interprétation a besoin, par contre, d’être prise en charge par ses spécialistes : les ‘‘Détenteurs de l’Ecriture’’ ‘‘Interroger les Détenteurs de l’Ecriture (le Rappel) si vous ne savez pas’’ (Coran XVI,43). Cet autre verset du Coran montre quels sont ces gens qui, dans la Communauté, partent pour clarifier les préceptes de la Religion : « Pourquoi quelques hommes de chaque faction ne s’en iraient-ils pas s’instruire de la Religion afin d’avertir leurs compagnons lorsqu’ils reviendraient parmi eux ?

Peut-être alors, prendraient-ils garde » (Coran IX, 122).

Ces doctes ‘‘fuqahâ‘’’ ne constituent pas une classe à part, qui vit au-dessus des soucis du peuple mais l’élite musulmane détentrice de la culture islamique, imbibée de piété et oeuvrant pour la justice.

La visibilité d’Allah.

Q : Si voir Allah (à l’œil) était impossible, comment la demande de Le voir a-t-elle été adressée par certains prophètes dont Moïse (a.s) dans ce verset coranique : « Mon Seigneur ! Montre-toi à moi pour que je Te voie’’ (Coran VII, 143).

R : L’explication répandue chez les exégètes est que cette demande de voir ne fut pas proférée par Moïse pour lui-même pour une satisfaction personnelle mais pour en faire un argument contre son peuple (qui exigeait la vision directe). Cependant, nous n’écartons pas l’idée selon laquelle Moïse (a.s) demanda réellement pour lui-même cette vision parce qu’il ne s’était pas penché auparavant sur ce détail spécifique qu’il était impossible de voir l’Entité divine dont l’essence est immatérielle. Il est possible alors de penser que même chez un messager d’Allah, les conceptions dogmatiques s’échelonnent et se perfectionnent : Allah seul sait.

La méthode dans l’étude du dogme.

Q : Pouvez-vous nous dire quelle est votre méthode dans la clarification du dogme (majeurs et détails).

R : Le point de départ de la croyance est d’abord la raison. Celle-ci, en ce qui est inhérent à son entendement, peut renseigner l’homme sur l’existence d’Allah, sur Son Unicité, sur le besoin ressenti par l’homme, de la Prophétie de l’Imamat et du Jugement dernier (la Résurrection et le jugement). Quant aux articles du dogme relatifs aux Attributs divins, aux qualités du Prophète et de l’Imam, à leurs identités, aux arguments avancés sur la vie future… il faudra pour les déterminer revenir aux textes coraniques et prophétiques, aux traditions authentiques rapportées des Imams d’Ahlul-Bayt (a.s) en tant que personnes inspirées de ce qui est toujours conforme à l’enseignement du Messager (SAW). Voici (en bref) le fondement de cette étude. Nous prenons ce qui est confirmé comme étant un argument décisif et nous délaissons ce qui ne l’est pas.

Dogme et philosophie.

Q : Quelles sont les sources principales du dogme islamique ? Est-il vrai que la philosophie en est une, sachant que celle-ci, d’origine grecque, fut traduite par les Musulmans des premières époques de l’Islam, et adoptée par eux ?R : Je ne considère pas la

philosophie comme une source fondamentale du dogme islamique. C’est le Coran qui l’est parce qu’il contient les fondements du dogme islamique. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’on refuse de tirer profit des apports de la philosophie dans l’étude de certaines questions dogmatiques qui ont trait à la spéculation ou aux débats susceptibles de réfuter les thèses adverses. Mais la philosophie ne peut constituer un fondement dogmatique. La croyance islamique se meut dans la sphère spirituelle du Coran.

La science, elle, par toutes ses vastes découvertes, est un argument consistant sur l’Unicité d’Allah et sur la foi en Lui. Cette foi qui s’approfondit grâce à la science qui dévoile de plus en plus les secrets de l’univers, de l’homme, des civilisations, des lois naturelles et de l’histoire. La philosophie aussi peut être utile quand on en use pour repousser les suspicions que soulèvent les détracteurs de l’Islam. Mais si l’on cherche à construire ses croyances à travers les enseignements de la philosophie, on risque d’avoir en fin de compte une foi hellénique sous des apparences islamiques purement verbales. Par contre, dans le fond et dans la forme, le Coran est riche et authentique pour quiconque le comprend vraiment.

Les complications dogmatiques

Q : Dans certains livres islamiques, on dit que notre croyance est simple (à comprendre) mais en réalité et à travers les enseignements de certaines écoles islamiques nous trouvons le contraire qu’est-ce que vous en pensez ?

R : Le dogme islamique n’est pas compliqué. La foi en l’Unicité divine se résume ainsi clairement dans cette sourate coranique :

‘‘Dis : Lui, Allah est Un Il n’engendre pas ; Il n’est pas engendré ; nul n’est égal à Lui’’ (Coran CXII, 1-4).

Quel rapport avec la trinité chrétienne (le Père, le Fils et le Saint Esprit) qui enseigne l’Unicité sous forme de trois personnes. En Islam, la croyance est tellement simple que tout un chacun peut en saisir l’essentiel et sans complication.

Connaître Allah.

Où est Allah ?

Q : Allah est-Il dans un lieu déterminé ?

R : Non, Allah n’est pas un corps ou une matière que peut contenir un lieu. C’est Lui Qui créa le temps et l’Espace donc ceux-ci ne peuvent Le contenir. Si cela nous est insaisissable c’est parce que nous, qui dépendons de ce monde, n’avons pas le moyen de connaître ce qui se situe au-delà du temps et de l’Espace. Allah est Absolu mais nous n’avons pas la possibilité de le concevoir d’une manière directe : ‘‘Quiconque Le désigne, Le limite ; la limitation implique le dénombrement. Toute interrogation Lui fixant un lieu pour Le contenir ou le porter, est une négation de son Entité. C’est un Etre incréé, Qui ne surgit pas du néant et Qui est avec toute chose sans comparaison ni assimilation’’. Nahjul-Balâghah de l’Imam ‘Ali (a.s) Sermon : 1 p.7

L’approche humaine de l’Absolu.

Q : Allah –gloire à Lui- est la puissance absolue, la lumière absolue et la science absolue. Mais comment peut-on Le sentir en toute chose ?

R : le poète dit : ‘‘En toute chose Il a un signe qui montre qu’Il est Un.’’

C'est-à-dire qu’on peut connaître Allah d’une manière consciente ou intuitive. Ainsi quand l’homme sent qu’il existe, il sent en même temps l’existence divine, de par cette nature innée qui l’attache continuellement à son Créateur sans recours aucun aux constructions préalables de l’esprit ou de la culture. Il va de soi qu’on peut avoir besoin des éléments culturels pour connaître à fond les attributs divins, pour approfondir son savoir quant à la puissance absolue d’Allah en examinant les merveilles de l’univers, les secrets de la vie humaine, les lois sociales, l’histoire de l’humanité et tous ces biens innombrables accordés par Allah à chacune de Ses créatures en vue de la satisfaction des besoins de sa vie et de son évolution.

Preuves ontologiques.

Q : Si je me trouve dans un pays où les habitants ne croient pas en Allah et que je veux les appeler à croire en Lui en leur prouvant Son existence, comment ferai-je sans recourir aux textes, aux hadîths ?

R : Pour prouver l’existence d’Allah, on n’a pas besoin de hadîth ou de textes religieux. L’esprit, la raison et la science donnent suffisamment de preuve pour y arriver. Le Coran le dit clairement dans ce verset :

‘‘Nous leur montrerons bientôt Nos Signes dans l’Univers et en eux-mêmes jusqu’à ce qu’ils voient clairement que ceci est la Vérité’’. XLI, 53

Le Poète dit aussi :

‘‘C’est étonnant ! Comment désobéir au Seigneur ? Comment l’incrédule peut-il Le nier

Et en toute chose, Il a un signe Qui montre qu’Il est Un’’.

Ainsi, nier l’existence d’Allah c’est nier sa propre raison. Le Coran interpelle tous les esprits en leur posant cette question : ‘‘Est-il possible de douter d’Allah, le Créateur des cieux et de la terre ?’’ XIV,10

Ainsi, l’existence de l’univers signifie nécessairement celle d’Allah gloire à Lui.

Connaître Allah

Q : Il n’est pas donné à l’homme de connaître instinctivement Allah mais il doit, pour y parvenir, faire preuve de réflexion et de spéculation ; mais comment alors comprendre ce verset coranique qui laisse croire que l’homme est porté de par sa fitrah (sa nature innée), à connaître Allah –gloire à Lui ?

‘‘Acquitte-toi des obligations de la Religion en vrai croyant et selon la nature qu’Allah a donnée aux hommes, en les créant’’ XXX, 30

R : Qui dit que la connaissance d’Allah par l’homme est spéculative ? Vouloir connaître Allah par le biais de la philosophie, c’est entrer dans des dédales sans issue. Il serait plus sage d’être plus modeste et aussi perspicace que cette femme à qui on demanda comment elle se prouvait l’existence d’Allah et qui répondit :

‘‘Regardez ce fuseau, si je le remue, il bouge, sinon il s’arrête’’ Est-il sensé lors que ce monde bouge dans un ordre minutieux sans reposer sur une force qui le remue ?!

L’exemple du bédouin croyant mais inculte et ne connaissant que le chameau et le désert, est aussi très significatif : à ceux qui l’interrogèrent sur la preuve de l’existence d’Allah, il répondit : ‘‘La déjection du chameau témoigne de son existence, les traces des pieds témoignent de la marche effectuée. Le ciel et ses constellations, la terre et ses passages ne témoignent-ils pas de l’existence du Bienveillant, du Bien informé ?’’.

Dans un récit rapporté de l’Imam As-çâdiq (a.s), quand un homme lui eut demandé de le guider vers l’existence d’Allah, il répondit : ‘‘as-tu déjà été en mer ; le bateau a chaviré ou sombré et toi tu t’es accroché à une planche sans entrevoir d’embarcation pour te sauver, ni de terre ferme pour y passer ! Absolument rien ! Ton cœur est-il resté quand même attaché à quelque chose ? –oui, naturellement, répondit l’homme. – Eh bien, ce quelque chose (au-dessus de tout) c’est Allah’’.

Inconsciemment peut-être, tu sais qu’Il existe tant que ton cœur vibre à Son Nom et aspire à Lui.

Dans ce sens, un poète dit :

‘‘Ils disent que certains ont cru grâce à une preuve ! Que rapporte une foi provenant des preuves ?

Ma foi ne dépend pas de mon intelligence

Elle est hautement plus haute !

C’est par la sensibilité que les gens perçoivent la religion

Moi aussi je lâche mes preuves et je me contente de mon épreuve

O côte « lointaine de la mer où je me suis noyé !

Il faut qu’il y ait une deuxième côte dans l’horizon !’’

La foi en Allah

Q : Nous croyons en Allah et par notre fitrah et par notre raison, conformément au legs des prophètes. Cette foi en Lui relève-t-elle de la conception ou de l’admission ?

R : Si notre foi est le produit de notre fitrah et de notre sensibilité elle est admission et reconnaissance de Sa Vérité. Cette épreuve spirituelle et sentimentale procure le plus haut degré de la conviction ; non s’il s’agit seulement d’une suite d’idées perçues par la raison sans considération aucune de cet état affectif et volitif.

Connaître Allah à travers la connaissance de Ses créatures.

Q: Comment est-ce possible de connaître Allah par ce moyen alors que Ses créatures sont innombrables ?

R : Il n’est pas nécessaire de connaître toutes les créatures d’Allah ; Il suffit de se connaître soi-même pour connaître son Créateur ou de se pencher par l’esprit sur certaines de Ses créatures qui montrent à travers les merveilles de leur création la Majesté et la Grandeur d’Allah, le Créateur.

La méditation sur l’Entité divine.

Q : dans un noble hadîth il est dit : ‘‘Méditez sur la création d’Allah et non sur Son Entité’’. Or, la pensée peut parfois s’affranchir et se poser un tas de questions sur l’Entité divine et plusieurs idées se font jour à ce sujet. Comment peut-on alors les contenir ?

R : Nous devons mettre notre pensée à l’épreuve et nous demander quels sont les moyens dont nous disposons pour concevoir l’Entité divine. Allah n’est-il pas l’Etre Absolu et Infini ? Le seul moyen que nous avons est celui qu’Il nous a fait connaître à savoir par exemple l’inspiration que procure l’exploration des merveilles de Sa Création qui comporte des signes qui mènent à Lui. Il est certes le Créateur, l’Unique, l’Inventeur et l’Omnipotent. Nous devons donc à ce sujet nous pencher sur ce qui est possible et y limiter l’effort de notre pensée.

L’argument d’Allah à l’encontre des Primitifs.

Q : Il y a encore des peuplades qui mènent une vie primitive et que la forme la plus simple de la civilisation n’a pas encore atteintes. Quel argument divin y a-t-il à l’encontre des peuplades qui vivent ainsi en Amazonie par exemple ou en Afrique ?

R : Si le Message ne leur était pas parvenu et qu’ils n’ont aucun moyen d’investigation ou de connaissance, Allah ne leur tiendra rigueur qu’en proportion des capacités intellectuelles dont elles sont dotées. « Nous n’avons jamais puni un peuple avant de lui avoir envoyé un Prophète » XVII, 15

L’envoi d’un prophète signifie par extension la possibilité de faire des recherches, la rencontre avec le Message divin par un moyen ou par un autre.

Le sort des savants qui ont rendu service à l’humanité

Q : Quel est le sort des savants incroyants qui ont rendu de grands services à l’humanité (invention technique ou découverte scientifique) ? Ont-ils le même sort que les savants croyants ?

R : Sachons d’abord que l’essentiel est la foi qui reste chez l’homme la base de son savoir. La valeur de l’acte dépend également de la foi qui le sous-tend. C’est pour cette raison qu’Allah gloire à Lui conjugua la foi et l’acte du bien qu’on fait. Pour ce qui est de la question posée, on ne saurait prédire la sentence divine à ce sujet. Seul Allah connaît les motivations et les mobiles des gens. On peut néanmoins remarquer que ces savants incroyants n’avaient sûrement pas agi pour Allah mais pour eux-mêmes. Dans ce cas, ils n’ont aucun droit à réclamer à l’égard d’Allah.

Il y a certes des doctes musulmans qui disent qu’Allah -gloire à Lui- récompense l’homme qui fait du bien et rend service à ses semblables même si son geste n’était pas destiné à Allah. C’est en tout cas ce qui apparaît de certains écrits du Sayyid Al yazdî, auteur d’ ‘Al Urwâh Al Wuthqâ’.

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