Biographie > Le parcours d’une vie de don de soi (2) – Les années d’études
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L’Autorité religieuse Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah
Le parcours d’une vie de don de soi (2) – Les années d’études

Dès sa tendre enfance, à l’âge où l’enfant apprend à lire et à écrire, Son Eminence a commencé à fréquenter les kouttabs (écoles coraniques), chez un cheikh qui était presque ignorant de par sa culture. Malgré le peu d’informations qu'il avait concernant la lecture et l’écriture, il n'avait aucunes aptitudes techniques ou cognitives en matière d’éducation. Les écoles, telles que nous les concevons de nos jours, n’étaient pas vraiment fréquentées dans les milieux des oulémas de l’époque dont la mentalité regorgeait d’idées fausses à leur sujet, elles étaient considérées comme un produit occidental et leur fréquentation était très mal vue.

Le jeune homme étudia chez ce cheikh pendant quelque temps, l’enseignement consistait dans l’écriture sur des tablettes, la lecture par répétition et l’apprentissage des leçons par cœur.

Comme beaucoup d’autres enfants, le jeune Mohammad Hussein sentait que l’instituteur favorisait certains élèves, fils de notables. Ensuite, il fut transféré à un deuxième kouttab, plus proche de la maison, son instituteur était un cheikh âgé, boiteux et très sévère, d’après ce que le Sayyed rapportait. Peu de temps après, il a commencé à fréquenter une école religieuse moderne fondée par l’association « Mountada An Nachr ». Il avait dix ans lorsqu’ils ont testé ses connaissances et décidé de le placer en troisième année du cycle primaire, et puisqu’il était un élève brillant il a vite été placé en quatrième année.

Le Sayyed n’a pas pu poursuivre ses études dans cette école moderne qui rassemblait de nombreux étudiants excellents, parmi lesquels, Sayyed Mohammad Baqer As Sadr, devenu par la suite un ami intime du Sayyed Mohammad Hussein. Il a été affecté par sa sortie de l’école. D’après ses dires, les difficultés financières de la famille ne lui permettaient pas de poursuivre ses études.

L’étape importante était son passage aux études religieuses caractérisées par leur richesse et leur diversité, études qui ont contribué de manière significatives à l’élaboration de sa personnalité distinguée dès ses débuts. Sayyed Mohammad Hussein est entré dans la Hawza en 1363 H., il avait alors onze ans, il y a poursuivi ses études jusqu’en 1385 H., c'est-à-dire pendant près de 22 ans.

Son premier instituteur fut son père Sayyed Abdel Raouf (1907-1984 ap. J.C.), un des grands oulémas du Najaf et du Jabal Amel, personnalité connue pour sa sainteté et sa piété. Il a enseigné de nombreux oulémas et hommes de lettres.

Donc, Son Eminence a tout d’abord été l’élève de son père dans l’introduction aux sciences religieuses, il a lu « Al Ajroumiah », le célèbre ouvrage de grammaire, ensuite l’ouvrage de morphologie « Qatr An Nada » et d’autres ouvrages sur le sujet.

Il a mis le turban, qui faisait partie du costume religieux, à douze ans ou à treize ans. Il était d’usage à l’époque que l’étudiant porte le costume religieux assez tôt.

Selon ce que le Sayyed raconte, son oncle, Sayyed Mohammad Saïd lui avait acheté le costume religieux. Il était content et fier de le porter, comme tout jeune homme qui sent qu’il entre dans la vie adulte.

Ensuite, il a poursuivi ses études religieuses, étudiant chez les grands oulémas, tels que Sayyed Khoui, Sayyed Al Hakim et Cheikh Sadra Al Barkoubi en philosophie.

Ainsi Son Eminence vécut dans une ambiance scientifique, caractérisée par un style qui consiste à former l’étudiant à discuter avec son professeur dès le début de ses études de sorte que l’étude ne soit pas une répétition de textes mémorisés mais une perception consciente du contenu. Il est remarquable que certains de ses enseignants lui disaient même de s’efforcer de bien étudier chaque ouvrage afin qu’il soit en mesure d'en discuter le contenu avec l’auteur.

Cet air de liberté permettait à l'étudiant de coopérer avec son professeur, il discutait chaque point qui pouvait être problématique afin de parfaire son étude. En plus de cela, des assemblées se tenaient pour les lectures et révisions. Ces assemblées étaient le creuset scientifique et intellectuel qui ouvrait la voie à l'étudiant studieux, lui permettant d'arriver à une somme de connaissances distinguée. C’est ce que Son Eminence a vécu quand il a commencé à étudier la langue arabe et les sciences qui s'y rattachent, il a abouti à l'un des problèmes discutés dans les principes de la jurisprudence: le discours général quand nous lui donnons un sens particulier, ce sens est-il un sens réel ou un sens figuré ?. Il n'était encore qu'à ses débuts!

Ainsi, les débats scientifiques hebdomadaires permettaient l'approfondissement des pensées et des réflexions. De plus, l'une des traditions de Najaf consistait à ce que l'étudiant qui finissait une leçon la revoyait avec un autre étudiant ou plusieurs et ainsi chaque étudiant présentait une leçon à ses collègues.

Ainsi, l'étudiant apprend à enseigner, il reçoit assez tôt un entraînement dans le domaine et grandit dans un entourage littéraire. En effet, Najaf, étant un lieu important d'apprentissage de sciences religieuses depuis plus de 1000 ans, est également une scène littéraire qui a vu naître de nombreux hommes de lettres et poètes, même les poètes modernes ont été influencés par la ville comme par exemple Badr Chaker As Sayyab parmi d'autres.

Dans cette ambiance riche et dense en discussions scientifiques la personnalité du Sayyed a commencé à mûrir ; son intelligence brillante et son excellente mémoire lui ont permis de surpasser ses collègues en fiqh et en jurisprudence. A cela se sont ajoutées des idées novatrices qui se basaient sur une conscience exacerbée et une présence au cœur des évènements. 

En pratique, cela s'est reflété dans ses fatwas audacieuses qui traitent les problèmes des gens selon les circonstances de l'époque dans laquelle ils vivent. Il a lancé ses fatwas comme des solutions réalistes aux questions et problèmes quotidiens de l'homme.

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