Archieve > Interviews > Interview – magazine "Chou'oune Arabi'a Moassira" Le7/2/1430 H – Le 2/2/2009
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L'arabisme a donné à l'Islam du dynamisme de son mouvement
Et l'Islam lui a donné de ses caractéristiques culturelles

Introduction:

Son Eminence, l'Autorité religieuse, sayyed Muhammad Hussein Fadlallah est l'une des autorités religieuses chiites les plus illustres, l'un des plus célèbres juriconsultes qui ont enrichi la pensée et la juriprudence islamiques avec des dizaines d'œuvres, leçons et discours.

 Dans ce dialogue, mené par le magasine "Chou'oun Arabiah Mou'assirah" _  Affaires Arabes Contemporaines _, son Eminence As-Sayyed Mohammad Houssein Fadloullah aborde la question des défits affrontés par les pensées islamiques; de même, il critique, analyse et évalue le mouvement politique islamique dans le monde arabe et musulman. Aussi, il expose sa conception des attitudes des Grands Pouvoirs vis-à-vis les crises et les affaires dans la région, en particulier, l'affaire palestinienne.

Le texte de l'interview

L'actualité des courants et mouvements islamiques

Q:   On remarque que la montée du courant islamique depuis les années 70, fut une réaction plutôt qu'une action; de même, on trouve des pays arabes où l'Islam occupe une position avancée, qui ont été marqués de "terrorisme" après les événements du 11 septembre. Comment évaluez-vous cette situation et ces aspects signifiants?

R: Cette question renferme beaucoup de réalisme. D'ailleurs, depuis le siècle passé, la naissance des mouvements islamiques fut une réaction au colonialisme culturel et politique occidental. En effet, l'apprivoisement du monde islamique aux intérêts du trajet culturel occidental, était l'objectif du colonialisme, et ce fut l'origine des mouvements révolutionnaires et réformistes islamiques. D'ici, les divergences entre ces mouvements se sont ramifiées, considérant que les backgrounds politiques internationaux gouvernent le désaccord entre un pays musulman et un autre. On dit même que certains pays se considèrent comme des représentants pour un axe ou pour un autre.

 Pour cela, nous pouvons dire que l'un des points de faiblesse qui dictent que ces mouvements sont définis comme étant des réactions et non des actions. A cet égard, nous constatons que les mouvements islamiques, ou la majorité d'entre eux, n'ont pu achever la formulation de leur identité dans l'analyse des termes de la réalité où ils peuvent trouver la solution à leurs problèmes ni, ils ont cherché une conception des nouvelles causes vitales que le monde islamique doit discuter et résoudre.

Le projet civilisé de l'Islam

Q: Vue cette situation de déficience ou de réaction, l'Islam est-il capable de formuler un projet civilisé pour le monde islamique, renfermant les législations et les visions nécessaires qui seront en harmonie avec les exigences de l'époque?

R: Je crois que l'Islam est capable de formuler un projet civilisé parce que son expérience dans l'histoire a pu formuler un tel projet là où elle existait. En effet, si nous examinons l'expérience Abbassite ou en Andalousie, nous constatons qu'elle avait ouvert de larges horizons dans le domaine des connaissances et enrichi le lexique humanitaire. De même, nous devons savoir que l'Islam était la constitution ou la loi qui gouvernait les Musulmans pendant  un mille ans. Et si certains parlent d'une sorte d'arriération islamique, il ne faut pas oublier que toutes les civilisations éprouvent de pareilles situations.

Q: Alors, où réside le problème?

R: Le problème de l'Islam ne réside pas dans sa capacité d'établir ce projet  mais plutôt dans le conflit international qui domine avec toutes ses forces le monde islamique afin de l'empêcher de se mouvoir et d'agir; surtout que nous avons réalisé que l'occident considère l'Islam comme son premier ennemi après l'effondrement de l'Union Soviétique. D'ailleurs, l'occident essaie, à tous les niveaux, d'empêcher l'Islam d'établir un projet civilisé ouvert, et les penseurs islamiques affrontent une vraie bataille avec cette attaque occidentale. En outre, les forces de l'ignorance et de l'arriération jouent un rôle au service de cette attaque.

Q: Si l'Islam, en général, ne possède pas le contrôle sur les facteurs décisifs dans la situation actuelle, comment peut-on alors implémenter le projet civilisé qu'il nous présente?

R: Nous devons constamment, observer les circonstances qui peuvent nous permettre de l'implémenter et, si la situation actuelle ne le permet pas, il n'est pas nécessaire que le cas soit le même dans le futur. La stagnation tue. Nous coexistons avec le faux, or, nous ne reconnaissons pas sa légitimité.

Q: Pensez-vous que nous sommes en conflit de civilisation avec l'occident?

R: D'après les fondements de la civilisation, oui. En effet,  l'occident découle d'une civilisation  matérialiste, pendant que l'Islam dérive de l'être humain et de Dieu (G).

Q: L'occident est-il athéiste?  Et comment évaluez-vous cette assertion du conflit de civilisations?

R:  L'occident n'est pas athéiste, mais il ne consacre pas une place pour Dieu dans sa vie. Tandis que l'Islam de sa part, considère que c'est l'homme qui fait l'histoire mais selon les lois divines. Ainsi, il faut signaler que l'occident ne constitue pas une seule civilisation, et l'Islam ne représente pas toute la civilisation de l'orient. Aussi, les interprétations des lois (Ijtih?d?t) dans l'Islam sont variées comme les interprétations dans la civilisation occidentale. Pour cela, nous préférons employer le terme "dialogue" (Hiw?r) plutôt que "conflit" (Sir?') entre les civilisations. D'ailleurs, le dialogue suggère un dialogue entre des directions intellectuelles de part et d'autre; en effet, on ne peut pas parler de civilisations qui se combattent mais plutôt des idéologies contre d'autres.

Q: Comment évaluez-vous les mouvements fondamentalistes islamiques tel que "T?lib?n" et le mouvement fondamentaliste en Algérie?

R: De prime abord, nous devons analyser les backgrounds de ces mouvements qui paraissent découler d'un point de départ commun: l'arriération dans l'interprétation de l'Islam en assumant que la violence est le moyen unique, et l'absence d'une estimation réaliste de la capacité qu'ils possèdent. Aussi, il est nécessaire d'analyser les aspects politiques troublés qui sont présents et qui créent une ambiance négative. A titre d'exemple, l'Afganistan; un pays pauvre gouverné par l'analphabétisme et l'ignorance qui a été dirigé par gouvernements arriérés. Ensuite, l'Union Soviétique y intervint faisant entrer la région dans le conflit international. Alors, le monde entier se mêla en Afganistan où les Intelligences Américaines ainsi que certains Arabes, y jouèrent un rôle inhabituel pour rallier le monde islamique contre l'Union Soviétique. Pour cette raison, fut née l'organiation "El Qaida" comme résultat de l'enthousiasme islamique dans la question du Jihad et des situations d'arriération dans la compréhension de la religion. En ce qui regarde le mouvement islamique en Algérie, il est alors différent et compliqué puisqu'il est relié au conflit américain-français. Quant aux massacres qui y ont eu lieu, la majorité d'entre elles ne sont pas commises par le mouvement islamique.

Q: Au Liban, et dans certains autres pays et régions, on trouve un important schisme religieux et sectaire. Comment l'analysez-vous?

R: Cette division est dûe à un héritage de complications et d'accumulations historiques. En plus, certaines politiques intérieures et extérieures ont participé à démonter la force que possède l'Islam et à fragmenter les éléments de liaisons de la matrice qui assemble les Musulmans dans leurs intérêts et leurs acheminements principaux.

De retour à l'élément historique, nous trouvons que les Sunnites se sont répartis sur des sectes (Madh?hib, ou écoles de loi islamique) qui dépassent les quatre, de même, pour les Chiites qui se sont dispersés dans différentes jurisprudences. Ainsi, d'une part, les accumulations historiques, et d'une autre, les complications intérieures ont créé dans la société arabe, donc islamique, cet extrémisme qui se manifeste dans le refus de l'autre, ou ce sectarisme à travers lequel les Musulmans s'accusent entre eux d'incroyance ou d'égarement. En plus, cet affaire ne se manifete pas uniquement entre Sunnites et Chiites, mais aussi à certaines époques de l'histoire, nous avons remarqué que les Chafi'is accusaient les Hanafis à l'instar de ce qui arrive actuellement dans l'affaire chiite-sunnite. Et pour la question sunnite-chiite, elle résulte en partie de cette accumulation historique et en une autre de différents conflits politiques de natures variées.

L'attitude de l'Islam envers les Juifs

Q: Vous avez déjà parlé (antérieurement) des juifs dans le premier état musulman et dans des époques similaires. Quelle est votre opinion en ce qui concerne les Juifs d'Israël de nos jours? Et comment l'approche islamique envers eux doit-elle être caractérisée?

R: Chez les Juifs, nous trouvons deux courants.

Le premier se représente par les masses populaires qui s'assemblent autour des Rabbins… Ce courant dit que les Arabes, et possiblement les Musulmans, sont des insectes et des vipères; c'est ce courant qui a transformé le judaïsme en une entité fanatique sioniste qui essaie d'attirer la pensée juive vers ce qu'ils considèrent leur droit historique en Palestine et que les Juifs sont le Peuple Elu et les meilleurs.

 Le second courant se représente par les croyants qui s'ouvrent sur Dieu et les valeurs religieuses selon leurs représentations; ce sont des minorités qui ne s'appliquent pas à l'entité actuelle d'Israël. Par contre, certains d'entre eux trouvent que la situation israélite présente constitue le début de la fin des Juifs au monde. J'aimerais signaler ici que dans le passé, et depuis que les Arabes étaient en Andalousie, nous avons longuement vécu avec les Juifs, en les protégeant et les intégrant dans la vie économique arabo-islamique.

 Je me rappelle bien, lorsque j’étais étudiant en Irak que les samedis, lors du "Souk El- shurjah", l'un des plus grands marchés du pays, l'économie nationale irakienne et celle de Bagdad se paralysaient partiellement parce que les Juifs là-bas, contrôllaient l'économie. De même, on avait recours à cette population dans le domaine médical ainsi que dans de nombreux autres.

Ainsi, nous remarquons que les colonies d'émigrés juifs dans le monde islamique avaient une présence distinguée sans qu'il y ait des problèmes entre les Musulmans et eux. En même temps ils souffraient de l'oppression dans les pays occidentaux qui les accusaient du meurtre de Jésus Christ.

Q: Quelle est votre réponse aux Sionistes qui prétendent que les Musulmans ont persécuté les Juifs dans les ères modernes et contemporaines, et qui les regardaient avec hostilité?

R: Les Musulmans n'ont pas en tout offensé les Juifs pour leur identité religieuse. Tandis que pour Israël, c'est une affaire complètement différente; cette entité usurpatrice représente le judaïsme extrémiste, fanatique, arrogant et raciste dirigé par le Sionisme international.

Q: Certains répartissent les Juifs d'Israël dans deux groupes : "Extrémistes" et "modérés".

R: Si certains parlent de l'existence d'extrémistes et de modérés, tous les recensements et les études invalident cette assertion, et nous permet d'affirmer que tous les Juifs sont fanatiques, extrémistes et racistes. En efffet, c'est le taux de fanatisme qui diffère; on trouve des 100% fanatiques, des 60%, et d'autres à 50 ou 40% extrémistes et fanatiques envers les Arabes et les Palestiniens en particulier. Tous ces pourcentages affirment la présence du fanatisme juif en Palestine mais de degrès variables.

Le judaïsme, entre la religion et le fanatisme

Q: Ne trouvez-vous pas que cette question possède un côté politique et stratégique qu'il faut prendre en considération?

R: La question israélite est politique par définition. Les Juifs parlent d' "El-Qaida", d'extrémistes ou de terroristes bien qu'ils possèdent les mêmes caractères, avec une différence que "El-Qaida", dans son affrontement avec l'occident prend la religion comme point de départ à cause de la dominance de l'occident sur l'économie du monde islamique, ses richesses et ses intérêts stratégiques. Par la suite, notre affaire avec Israël n'est pas l'affaire des Juifs avec les Musulmans mais celle d'un peuple raciste qui a transformé la religion en une sorte de nationalisme raciste clos qui déteste les autres peuples.

Cette mentalité juive s'est rencontrée avec la mentalité occidentale contre l'Islam. A cet égard, nous ne pouvons pas considérer la Déclaration de Balfour annoncée par les Britanniques, mandataires sur Palestine sous les directives de la Société des Nations, comme une affaire politique, mais d'autant plus, c'est un complexe britannique historique qui s'est manifesté dans la colonisation britannique des pays arabes et musulmans afin de les humilier.

Quant à la France qui s'est alliée à la Bretagne dans son support des Juifs et d'Israël, elle a suivi la même direction avec quelques différences dans les attitudes, en particulier, celle du Président De Gaulle en 1967, lorsqu'il a déclaré que ce sont les Juifs qui ont commencé la guerre et non pas les Arabes.

J'ajoute aussi que la France, dans ses engagements et sa politique n'a pas pris la laïcisme comme point de départ, mais elle a agi d'après une attitude religieuse; en fait, elle était plus proche à la catholicité qu'au laïcisme, en signalant aussi le complexe historique français contre l'Islam et les Arabes parce qu'ils ont occupé une partie de la France à une certaine époque du passé. Ainsi' l'occident, y inclus les Britanniques, les Français et les Américains jouent un rôle soutenant l'Israël et les Juifs. D'où la dominance juive sur les articulations de la politique américaine, et la coïncidence des intérêts communs dans l'offense contre les Arabes et les Musulmans.

 Parmi les indications les plus claires, nous mentionnons l'encouragement juif de la direction américaine menée par les néoconservateurs, à impliquer les Etats-Unis dans une succession de guerres destructives dans la région arabe  et musulmane, tel que l'Irak et l'Afganistan.

Q: Où se trouve Palestine sur le plan du conflit? Et quelle est la nature politique et stratégique de cet affrontement entre les Arabes et les Musulmans d'un côté, et l'Amérique et les Juifs d'un autre côté?

R: L'affaire entre l'Israël et nous n'est pas restrainte à l'affrontation de cette entité raciste en Palestine, mais, en bref, la bataille des pouvoirs arrogants internationaux contre les faibles opprimés Arabes.

Q: Pouvez-vous préciser qui sont ces pouvoirs arrogants internationaux?

R: C’est l'Amérique et l'Union Européenne.      

La globalisation américaine:

Q: L'Islam pourrait – il jouer un rôle dans la confrontation de la globalisation selon la conception américaine de ce terme? Si ou, lequel? 

R: L'Amérique ne porte pas dans son sein aucune idéologie de globalisation; Mais, il y supplée par un mode de vie qui rejoint un désir de puissance, par lesquels, il tente de tenir le contrôle des ressources du monde, - spécialement le tiers monde. Par conséquent, L'Amérique cherche à changer la mentalité générale des peuples afin qu'elle s'accorde avec ce mode de vie, et qu'elle s'ouvre sur les termes de la vie américaine, considérés comme le portail à traverser pour réaliser les intérêts américains, surtout dans le domaine de la consommation.

Toutefois, Les Etats – Unis n'interviennent pas dans les croyances des peuples, mais il se peut qu'ils protégent, dans certains cas, l'arriération religieuse tant qu'elle ne frôle pas leurs intérêts. Et si, cette barbarie religieuse y touche, alors, L'Amérique s'engagera à une opération de dénaturation pour représenter la religion selon ses propres intérêts à travers les intellectuels concernés les servir. Et à la lumière de ceci, L'Islam demeure réticent et réservé face à la globalisation américaine, surtout que tous ces termes établissent le support d'une hégémonie au niveau de la politique, de l'économie et de la sécurité.

- La civilisation occidentale et la religion chrétienne:

Q: Considérez – vous la civilisation occidentale, spécialement l'américaine, une civilisation chrétienne? 

R: Je ne vois pas la civilisation occidentale comme chrétienne, car le christianisme a découlé de l'interprétation, de Dieu et des valeurs spirituelles où l'occultisme se mêlent aux sens, de sorte que cette religion ouvre une fenêtre sur l'occultisme et ne considère pas l'être humain, une créature matérielle, mais un amalgame du spirituel (al-ruhi) et du matériel; tandis que, la  civilisation occidentale en Amérique s'avère absolument matérielle. Elle omet Dieu du mouvement de la civilisation humaine. Ainsi donc, je crois que la civilisation occidentale s'approche beaucoup plus du paganisme que du christianisme où le païen se révèle là, moderne. Or, pour plus d'éclaircissement, la religion chrétienne ne dresse pas des lois et des principes légaux (al-Charia) pour la vie de l'être humain. Et peut – être, c'est la raison qui relie la civilisation chrétienne au laïcisme…

La positionnement de L'Islam face à l'occupation:

Q: Certains de ceux qui prétendent L'islam, coopèrent avec des forces d'occupation étrangères, surtout en Iraq, en Afghanistan et dans d'autres pays? Qu'en diriez-vous?

R: Cette affaire ne prend pas son essor à partir de la ligne islamique. Et Dieu dit: "Et ne vous penchez pas vers les injustes: Sinon le feu vous atteindrait". (Hûd: 113); comme, on lit pour L'Imam Ja'afar El Sadiq (PSL): "Dieu a légué au croyant la charge de toutes ses affaires, à l'exception d'être servile". Alors, en lisant ces importants textes de base ainsi que d'autres, et qui confirment la liberté de l'être humain, on les adopte complètement. En outre, L'Imam Ali (PSL) disait ces propos: "Ne sois pas l'esclave d'un autre alors que Dieu t'a créé libre". Aussi, Omar ben El Khattâb disait: "Quand vous avez asservi les peuples, et leurs mères les ont accouchés, libres".

Ainsi, la question de la liberté et de la dignité représente le fondement de la pensée islamique; Et Dieu (G) a dit: "Annonce aux hypocrites qu'il y a pour eux un châtiment douloureux. Ceux qui prennent pour alliés des mécréants au lieu des croyants est – ce la puissance qu'ils recherchent auprès d'eux? (En vérité)  la puissance appartient entièrement à Allah". (An-Nis?:138–139 / Les femmes 138-139).

Donc, Dieu blâme ceux qui considèrent les mécréants leur protecteurs… Ces mécréants qui représentent tous les arrogants oppresseurs que nous confrontons, non pas pour leur appartenance religieuse, mais pour leur attitude. Et Dieu (G) en parlant des juifs, Il en a parlé à propos de leur attitude, non d'après leur religion. Il (G) dit: ("Tu trouveras certainement que les juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants." (Alors qu'Il (G) a parlé de la valeur humaine dont se distinguent les chrétiens, en disant: ("Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent: "Nous sommes chrétiens." C'est qu'il y a parmi eux des prêtres et des moines et qu'ils ne s'enflent pas d'orgueil". (Al-Maidah:80; La Table servie:82).

Bref, ceux mentionnés dans la question n'ont pris de L'Islam que son nom sans s'imprégner de la culture islamique dans sa profondeur et son étendue.

- L'Islam dans les médias:

Q: Les mass – médias présentent deux visions contradictoires de L'Islam: Soit une image stéréotypée et traditionnelle, soit une autre négative encadrée d'une monture terroriste ou par ce qui lui ressemble; Que diriez – vous à ce propos?

R: En étudiant ce phénomène, nous constatons une tendance à toujours attribuer à la totalité, la considération négative, à travers les particularités mineures.

Par exemple, les médias ont soulevé la question du voile de la femme (Al Hijab). Or, "Al Hijab" ne constitue pas la base de L'Islam en entier; La base en est la chasteté. A ce stade, certaines femmes voilées pourraient y déroger alors que d'autres, qui sont non – voilées, pourraient en être plus chastes… par conséquent, cette affaire se relie au côté éthique, à l'engagement religieux et à ce qui s'y joint de valeurs et de foi islamiques.

Aussi, je dans sans le cadre de la question à ceux qui parlent de cette façon, que la différence entre ceux qui rejettent le voile de la tête et du corps, et vous, se révèle une pièce de vêtements. Pourquoi exigez – vous le voile de la poitrine de la femme?

Pourquoi imposez – vous à l'homme et à la femme de couvrir leurs organes sexuels? N'est – il pas du à leur relation avec la sexualité? A ce niveau, les islamistes voient aussi que le dévoilement des cheveux présente une part de séduction. Et toujours dans ce domaine, je demande: La sexualité n'est – elle pas l'une des questions en relation avec le côté éthique de la société, ou non?

Quant au discours islamique général, il adopte une position claire contre l'arrogance mondiale (Al istikbar al-alami), contre Israël et contre tous les gouverneurs qui oppriment leurs peuples, sans aucun droit. Ce sont donc, les points stratégiques de L'Islam qui affirme la nécessité de la justice parmi les gens, à tel niveau que le Coran a considéré que toutes les missions des prophète, parmi lesquelles aussi, celle du Prophètes, Mouhammad (PSL) gravitent autour de l'axe de justice: "Nous avons effectivement envoyé Nos Messagers avec des preuves évidentes, et fait descendre avec eux le livre et la balance". (AL-Hadid:25/Le fer:25); Ce qui signifie que le principe majeur de toutes les religions célestes n'est que la justice. Et celui qui ne juge pas justement, n'a pas de religion.

Là, nous signalons que la justice ne se limite pas aux musulmans et on a cité dans certains textes religieux islamiques chiites: "Dieu a envoyé à un prophète au royaume de l'un des tyrans, Il lui a dit: Je t'ai utilisé (je t'ai laissé au pouvoir) afin que tu empêches les voix des opprimés de me parvenir; C'est que je ne négligerai pas leur douleur même s'ils sont des mécréants".

En outre, Le Coran relate: "O les Croyants! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l'ordonne, fût – ce contre vous-mêmes. (AN-Nis?:135; Les femmes: 135). Pour tout cela, je dis que le discours islamique consciencieux – sans me parler de celui des déviants et des arriérés - s'avère la base et le fondement; C'est le discours regorgeant de science, de culture et de clairvoyance, non celui au service de quelconque média.

Q: La région arabo – islamique endure à cette époque, une dispersion de forces, une aggravation du sectarisme ainsi qu'une dégradation du discours nationaliste comme facteur effectif, en similitude avec une retraite de la plupart des mouvements islamiques dans des sphères sectaires closes. Cette situation n'exige – t – elle pas de collaborer les efforts des laïques, des islamistes ainsi que de ceux des autres secteurs politiques arabes, dans une initiative unifiée?  

R: quand l'affaire devient celle d'une confrontation de L'Amérique, voulant établir son empire dans la région arabo – Islamique en usant de tyrannie, de réquisition des ressources des peuples et d'exploitation des démunis (al – mustad'afin), tout en transformant Israël à un agent de police dans la région, et en exploitant les gouverneurs dictateurs des arabes et des musulmans… Quand donc, l'affaire devient tellement compliquée et difficile, nous adhérons à tout mouvement de lutte contre les forces de l'arrogance mondiale…

Oui, nous sommes avec tous ceux qui réclament la liberté et l'indépendance, ceux qui affrontent l'exploitation et la domination étrangères, même s'ils ne sont pas des musulmans. Comme nous nous rencontrons en une attitude commune à l'égard des affaires humaines afin de réaliser la justice, à laquelle appelle L'Islam. Alors, même si nous n'arrivons pas à appliquer L'Islam, nous devons brandir le slogan de la justice. Et nous les chiites, nous croyons à L'Imam El Mehdi (Que Dieu précipite son apparition) qui apparaîtra à la fin du temps pour remplir la terre de justice et d'équité. Ainsi, sa mission d'Imam sera de changer le monde au profit de la justice. En conséquence, notre orientation de la base populaire islamique sera: Si nous pensons à la justice au niveau du monde en entier, nous devons soutenir toutes les positions d'équité partout dans ce monde.

- L'autorité religieuse chiite entre la diversité et l'universalisation:

Q: A – t – on résolu la question de la marja'iah chiite?

R: La résolution de cette question ne s'est pas définitivement déterminée, vu que certaines autorités religieuses chiites (marja'iah chiite) résultent de décisions officielles ainsi que du jeu politique.

Q: Où en est un tel cas?

R: Au Liban par exemple, nous trouvons que "Le conseil islamique chiite" (al-Majlis al Shi'I al – al?) forme une sorte d'ornement pour les chiites, comme c'est le cas dans les autres sectes, sans qu'il ait de présence réelle au niveau de la population. Ainsi, Ce conseil subit les séquelles politiques de la situation chiite, plutôt qu'il ne se relie à la condition de la population chiite. Et ceci, tout le monde le connaît.

Q: Que diriez – vous à propos des différends autour de la marjiiah – chiite universelle?

R: En ce qui concerne la marjiiah chiite au niveau du monde, l'historie chiite a continué selon la diversité des "marjiiahs" donnant des fetwas, ou religieuses, car il n'y a pas de marjiiah politique au sens absolu du terme. Vu que les chiites sont entrés tardivement à l'arène politique, la marjiiah chiite est demeurée religieuse et cutlurelle. Pour ces raisons, la diversité des "marjiiah" reste variable où alors nous trouvons plusieurs autorités religieuses (marja'a) pour les "fetwas" dans le monde chiite. Et peut – être, la  force de cette "marjiiah" réside, malgré tous les inconvénients engendrés par la multiplicité, dans le fait qu'aucun état, y compris l'unique état chiite dans le monde, ne pourrait imposer au monde chiite une autorité religieuse (marja'a).

Q: Parlez – vous de L'Iran?

R: Qui; même en Iran, il y a plus d'un "marja'a", D'ailleurs, L'Iran n'a pas pu abolir les marjiiahs qui se trouvent à l'extérieur de son territoire. Et peut être, ces marjiiahs auraient pénétré en Iran et auraient pu y bien étendre leur influence. C'est pourquoi, je crois qu'un tel système de libre marjiiah, où l'autorité religieuse se base sur l'opinion du peuple à son égard, - sans l'intervention d'aucun contrôle officiel – serait la meilleure, au moins du point de vue culturel, pour orienter le mouvement des fetwas dans plusieurs directions; Ce qui serait aussi opportun pour le développement des "ijtihad" (érudition).  

Q: Entre la marjiiah de "Qom" et celle de "al-Najaf" où êtes – vous?

R: Je suis diplômé de "al-Najaf", et la marjiiah chiite s'y est créée en premier, puis à Qom en second. Néanmoins, mon expérience et ma position dans la marjiiah ont contribué à étendre mon influence religieuse à la plupart des régions chiites dans le monde.

Q: Même en Iran?

R: Même en Iran, à un degré limité. En outre, j'ai une présence en Iraq, au Golf, en Europe, en Amérique et dans la plupart de régions d'émigration. Toutefois, cette question se relie à la mentalité chiite qui s'ouvre sur la position du marja'a, et qui trouve nécessaire que le marja'a lui – même, soit conscient des problèmes de l'époque et des ses nouveautés, de sorte qu'il pourrait répondre à toutes les questions et les points d'interrogation qui tournent dans la tête des jeunes générations.

Et certains voient peut – être, que l'élément classique impose la confiance. Bref, il est naturel que cette diversité engendre des conflits, car le climat de la marjiiah n'est guère un climat d'anges.

Q: Pourriez – vous déterminer au lecteur, votre vision de la marjiiah de "al-Najaf"?

R: La marjiiah de "al-Najaf" possède une histoire qu'on ne trouve aucunement dans le monde, même à Qom, parce que cette histoire remonte à plus de Onze siècles à travers cette dimension scientifique et jurisprudentielle qui embrasse les grands symboles de la jurisprudence islamique chiite. De même, la position de "al-Najaf" lui accorderait une certaine ouverture sur l'authenticité de "L'Ijitihad", vu sa liaison avec Le Coran et "La Sunnat" en ce qu'ils exigent de culture en langue et conscience arabes…

D'ailleurs, on connaît que l'historie ne cesse de tirer le présent, par une majorité de ses éléments, aux profondeurs.

Le 02/02/2009 Ap. J. C / 7/2/1430 H

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