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Pour la lecture dans le livre de l’Univers

A l’occasion de la semaine de la lecture, Fadlallah reçoit une délégation représentative de la bibliothèque publique de l’Association « al-Mabarrât ».

Fadlallah appelle à la lecture dans le livre de l’Univers et met en garde contre toute inclination de nos raisons devant toute instance ou référence !

A l’occasion de la semaine de la lecture, célébrée une fois par ans, son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a rendu public un communiqué dont voici le texte :

Lorsque nous nous penchons sur le mouvement ascendant vers l’avenir, tel qu’il s’exprime dans les activités de la Nation en général, ainsi que dans les aspirations de l’Islam, nous trouvons dans les concepts que reflètent les Versets coraniques, que le Coran se propose de construire la raison humaine ouverte vis-à-vis des perspectives de la connaissance, celle de Dieu, de la créature et de l’Univers…C’est grâce au Coran que nous saisissons l’idée selon laquelle Dieu eut donné à la raison la liberté de tout penser. Il n’y a pas devant la raison de zones interdites. Il n’y a pas devant ses aspirations des mondes fermés ou des endroits où elle pourrait être encastrée. Le Coran nous inspire l’insistance à faire intervenir la raison dans toutes les dispositions de l’Univers. La raison est libre, et elle tire sa liberté de Dieu qui lui a appris que son mouvement et ses pensées n’ont pas de limites. Mais l’homme doit porter la responsabilité de ce à quoi il pense. L’homme doit rendre compte à Dieu de l’action de sa raison tout comme il doit le rendre de l’action de son corps. La raison aura à témoigner devant Dieu. Elle aura à répondre à des questions comme : comment a-t-elle cogité ? Quelle méthode a-t-elle adoptée ? Comment a-t-elle tiré ses déductions, et quels sont les résultats auxquels elle a abouti.

La science est l’un des plus grands trésors produits par la raison contemplative ou expérimentale. D’où vient l’importance de la lecture ; de la lecture dans l’Univers. Dieu nous a demandé de lire dans le livre de l’Univers pour que nous puissions comprendre les manifestations universelles, et aboutissions à de nouvelles inventions à travers cette ouverture progressive vis-à-vis des mystères de l’Univers. La lecture consciente nous permet de nous approprier les productions des autres issues de leurs contemplations et de leurs expériences. Il est indispensable pour la lecture d’être consciente, scientifique et critique, car l’expérience menée par les autres peut toujours les conduire à des conclusions déviantes, car les contemplations peuvent, elles aussi, être égarées.

Pour bien lire, nous devons cumuler tout ce que les inventeurs auront inventé. Nous ne devons pas nous figer devant leurs inventions. Nous devons essayer d’aller en avant vers de nouvelles inventions. Nous devons nous ouvrir vis-à-vis des pensées qui nous sont données par les penseurs, et non pas nous figer devant leurs pensées, car il nous faux ouvrir de nouvelles perspectives. Nous devons nous préparer, selon nos moyens, à construire de nouvelles générations qui réfléchiraient d’une façon scientifique et critique et qui ajouteraient du nouveau au legs qui nous est transmis par les autres, pour que nous puissions nous ouvrir vis-à-vis de l’avenir. Nous devons ne pas lire d’une façon naïve, mais d’une façon scientifique qui se propose d’être créative.

Il existe des penseurs qui prétendent qu’après Ibn Rushd (Averroès) et Ibn Khaldoun, les Musulmans se sont arrêtés de produire dans le domaine de la pensée.Nous disons, de notre côté, que le mouvement de la pensée islamique ne s’arrête pas. Il existe, certes, des expériences superficielles, mais il existe aussi des expériences profondes. La Nation a sans cesse donné naissance à des penseurs comme Sadreddin Shîrâzî, Sayyid Muhammad Bâqir as-Sadr et beaucoup d’autres en Egypte, en Iran, et ailleurs. Il faut dire que les expériences de la pensée islamiques sont différentes.

Nous devons nous arrêter de nous incliner avec nos raisons devant toute instance quelque puisse être éminente, ou de nous remettre à toutes direction politique ou religieuse. Nous devons plutôt œuvrer afin de découvrir les points faibles des chefs, et ne pas nous contenter, de scruter les points forts dans leurs personnalités. Nous devons savoir que rien de sacré n’existe face à la critique. Il nous est possible de critiquer les références religieuses, culturelles et politiques les plus éminentes… Dieu a créé l’homme et lui a octroyé la liberté de sa raison, de sa science et de son action. Nous devons ne pas laisser nos raisons s’asservir par personne, et les dirigeants devraient bien accueillir toute critique scientifique, constructive, et ne pas démissionner de leurs responsabilités devant la raison… Nous devons savoir que Dieu seul est à adorer, et qu’Il nous demandera de Lui rendre des comptes pour nos omissions quant à l’exercice de notre liberté. Nous devons lui rendre compte de notre liberté afin que nous soyons récompensés pour nos réussites ou punis pour nos omissions.

Nous étions une Nation qui a lu les livres des autres Nations et qui s’est attachée à enrichir les autres Nations par l’intermédiaire de cette lecture. Notre Nation n’a pas monopolisé les produits de la science qu’elle a inventée. Elle ne s’est pas enfermée afin de ne pas répandre sa science. Il y a des Nations qui ont lu dans notre livre et qui ont inventé en profitant de notre civilisation pour construire leurs civilisations modernes. Mais elles cherchent maintenant à monopoliser le mouvement d’invention scientifique, car elles tiennent à nous réduire à des marchés qui consomment leurs produits, même lorsqu’elles confisquent nos richesses, nos cerveaux et nous inventeurs. Le grand défi qui nous est lancé est dans notre résolution à rejoindre la marche des inventeurs. Ne pas emprunter cette voie signifie que nous continuerons de dégringoler vers les labyrinthes de l’histoire, vers les ténèbres de l’avenir !

Le 20/04/2008 Ap. J. C / 14 rabî’ II 1429 H

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